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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 20:26


 
 

Le saint sacrifice de la messe procure les plus grands biens aux fidèles qui y assistent ; mais c'est à une condition cependant : on doit l'entendre religieusement. Comment Dieu pourrait-il écouter ceux de ses serviteurs ou de ses servantes, qui, à l'église, ne s'écoutent pas eux-mêmes, et ne savent pas ce qu'ils disent en priant ?

 

Comment pourrait-il penser à eux pour les exaucer et les bénir, lors­qu'ils ne pensent point à lui, mais qu'ils occupent leur imagi­nation de mille objets étrangers ? Comment surtout pourrait-il parler à leur cœur, lorsqu'au lieu de s'entretenir avec lui, ils se distraient volontairement et n'ont pas honte de distraire les autres ?

 

 Il faut donc, de toute nécessité, assister à la messe reli­gieusement, ou, comme l'explique le catéchisme, avec respect, attention et dévotion. Le respect est dû à l'infinie Majesté de Dieu, à la sainteté du temple et, encore plus, à la sainteté du Sacrifice qui est offert. L'attention est la première qualité de toute prière ; nous ne pouvons élever notre esprit et notre cœur vers Dieu sans être actuellement occupées de ce que nous faisons, et fidèles à repousser les distractions qui se pré­sentent. La dévotion enfin est ce sentiment pieux, affectueux, qui attire sur nous les regards du Seigneur et donne à nos prières une nouvelle efficacité. Ce sentiment ne doit-il pas naître spontanément dans un cœur chrétien en présence des merveilles qui s'accomplissent pendant la célébration des saints mystères ?

 

Saint Jean Chrysostome se plaignait avec une tristesse amère des irrévérences que commettent tant de personnes en assistant au Sacrifice de la messe. « Ne savez-vous pas, leur disait-il, que vous vous trouvez dans la société des anges et qu'ils adorent le Seigneur présent sur l'autel, tandis que vous vous livrez à la dissipation ? Comment pourrez-vous apaiser la justice divine, si vous venez la provoquer jusque dans le sanctuaire ? »

 

Un roi du Japon, nouvellement converti, condamna à mort un de ses pages pour avoir manqué de respect dans le lieu saint. A ceux qui lui demandaient sa grâce, il répondit ces remarquables paroles : Quoi donc ! On fait subir des châti­ments exemplaires aux hommes qui s'oublient devant les rois, et on épargnerait ceux qui outragent dans son temple le Créateur et le Roi des rois !... »

 

Si, parmi les personnes qui liront ces pages sur le respect qu'exigé l'auguste Sacrifice, il y en avait quelqu'une dont la conscience ne fût pas à l'abri de tout reproche, nous lui dirions : Considérez donc combien votre légèreté est odieu­se et condamnable ! C'est d'abord un outrage à la divinité de Jésus-Christ : Quel est le roi qui souffrirait qu'un de ses sujets se livrât à des badinages en sa présence ? Ne serait-ce point un crime de lèse-majesté ? Or Dieu, qui est présent dans le Tabernacle, est votre roi, votre maître, votre souve­rain Seigneur ; il est aussi votre père et votre bienfaiteur. Une telle conduite est donc injurieuse à son égard.

 

C'est, en outre, un scandale. Vous êtes tenue de donner, le bon exemple, de ne rien faire qui puisse exercer sur le pro­chain une influence pernicieuse. Et n'est-ce pas au contraire un fort mauvais exemple que de se dissiper à l'église ? Eh bien, rappelez-vous les châtiments dont Jésus-Christ a me­nacé les scandaleux. Par votre manque de respect, par vos

 conversations surtout, vous diminuez la foi des personnes qui sont présentes ; vous les exposez à avoir moins d'hor­reur de ce péché et à se permettre à leur tour de s'accorder certaines libertés à l'église ; vous devenez donc l'auxiliaire du démon pour entraîner les âmes à offenser Dieu. Jugez de la malice d'une telle faute.

 

C'est encore un désordre qui nuit au bon esprit et à la piété. Les personnes qui viennent à la messe viennent pour prier ; or peut-on prier lorsqu'on est témoin d'un tel sans-gêne et distrait par ses voisins. Pour prier, il faut être dans le calme et le recueillement.

 

Pour garder toujours pendant la sainte messe le recueille­ment et la piété qu'elle exige, rentrez en vous-même chaque fois que vous franchissez le seuil de l'église, pensez à la pré­sence de Dieu et proposez-vous de vous comporter comme vous le feriez en entrant dans le palais d'un prince. Puis, accom­plissez posément et chrétiennement les actes religieux qui sont d'usage ; rendez-vous à votre place et commencez aussitôt à prier, sans regarder à droite et à gauche pour voir les per­sonnes qui arrivent ou celles qui vous entourent. La curiosité dans l'église est un manque de respect. La tenue, en outre, doit être sévère ; jamais de postures négligées ou inconve­nantes, comme par exemple, d'allonger les jambes ou de se renverser sur sa chaise comme on le fait dans un cabaret.

 

Un point important, c'est de ne jamais manquer d'apporter un livre avec soi, afin de s'occuper saintement par la lecture et la prière. A défaut de livre, on médite ou l'on récite, soit le chapelet, soit d'autres formules.

 

On lit dans la Vie du duc de Montlosier, gouverneur du Dauphin et l'un des personnages les plus distingués de la cour de Louis XIV, qu'il assistait tous les jours au Saint Sacrifice, avec une attention et une modestie dont les âmes les plus mondaines se sentaient impressionnées. Nous l'a­vons vu, rapportent les historiens, indigné de ces murmures importuns qui interrompent parfois les oraisons des fidèles et troublent dans la maison de Dieu le silence des saints mys­tères, se lever avec précipitation et, faisant l'office des an­ciens diacres, ordonner à ces mauvais chrétiens de fléchir le genou et de se taire devant le Saint des saints, qui, pour être caché aux sens, n'en est pas moins redoutable. Personne n'a­dora Dieu dans un anéantissement plus parfait. »

 

N'oubliez pas que Dieu est notre suprême Créateur et Bienfaiteur, notre secours, notre refuge ; mais il ne nous viendra en aide que si nous assistons avec de saintes dispo­sitions à l'auguste Sacrifice de nos autels. Ah ! Puissiez-vous par votre respect, par votre dévotion au pied du saint Ta­bernacle, mériter de trouver constamment en lui les secours dont vous avez besoin, la consolation du cœur, l'abri contre les traits du démon !

 

FÊTE DU JOUR: Saint Pierre Claver, confesseur.

Ordonné prêtre à la Nouvelle Grenade, Pierre Claver fut envoyé par ses supérieurs à Carthagène, le principal mar­ché d'esclaves des Indes Occidentales, et s'y consacra par un voeu au salut de ces ignorantes et malheureuses créatures. Le saint religieux dépensa plus de quarante années de sa vie à cette œuvre admirable, s'appelant lui-même « l'esclave des esclaves. » Pierre était leur apôtre, leur père, leur méde­cin, leur ami. Il les nourrissait et les soignait dans leurs rebu­tantes maladies, souvent même il baisait leurs plaies les plus hideuses. Son manteau, toujours au service des misérables nègres couverts d'ulcères infects, répandait un parfum d'une suavité céleste. Quelque accablé qu'il fût, Pierre oubliait toutes ses fatigues et la joie brillait dans son regard lorsqu'on signalait quelque nouveau navire d'esclaves ; il montait aus­sitôt à bord, leur portant les consolations et les secours de l'âme et du corps. Accusé faussement de réitérer le baptême, le généreux apôtre dut un instant interrompre son œuvre. Il se soumit s ans murmure, jusqu'à ce que son innocence fut reconnue, et cette épreuve attira sur ses travaux une si abon­dante bénédiction qu'avant d'aller recevoir sa récompense au ciel en 1654, Pierre eut la consolation de voir baptiser qua­rante mille nègres.

 

Lectures méditées  18 décembres 1933

 

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