13 janvier 2013
ACCOLADE ENTRE L’ORIENT ET … (SUITE) (PAUL VI)
Le Pape, l'Église d'Occident, et Athénagoras, l'Église d'Orient, se sont embrassés. Justitia et Pax osculatae sunt !
Cette rencontre exceptionnelle a eu lieu au soir du dimanche 5 janvier sur le mont des Oliviers, à la délégation apostolique; elle s'est renouvelée le lundi 6 janvier au patriarcat gréco orthodoxe, où Paul VI était allé rendre sa visite à Athénagoras.
Toutes les polémiques accumulées en neuf siècles se sont dissoutes à la chaleur de cette accolade, malgré les distinctions de caractère théologique et disciplinaire, qui seront bientôt examinées avec un soin minutieux, au cours du dialogue déjà approuvé, tant par l'Église que par la Conférence panorthodoxe de Rhodes.
Athénagoras arriva à la délégation apostolique vers 21h 30 et fut aussitôt introduit dans la salle d'audience, au rez-de-chaussée. Deux fauteuils identiques étaient préparés, sur le même plan, deux fauteuils recouverts de damas rouge. Au bout de quelques minutes le Pape entra et se dirigea les bras tendus, vers le Patriarche. Ce fut une accolade chaleureuse et spontanée. En neuf cents ans de séparation entre chrétiens orthodoxes et chrétiens catholiques, des milliards d'hommes ont apparu et disparu sur la terre, des milliers de guerres ont été combattues, la civilisation s'est transformée et la face de la terre a littéralement changé; les individus et les peuples, grâce aux nouveaux moyens de communication se sont rapprochés : seuls les chrétiens restaient lointains, froidement envieux les uns des autres, en une attitude circonspecte et polémique, parfois même âpre et combative. « On, avait fait plus, en ces cinq dernières années, pour l'unité des chrétiens, qu'on avait fait en cinq siècles » affirmait récemment un prélat qui a de graves responsabilités en ce domaine. Et il ajoutait qu'à la lumière et à la chaleur de ce baiser entre Paul VI et Athénagoras, il parvenait à comprendre une phrase que lui avait dite, quelques semaines plus tôt, un archevêque orthodoxe : « Ce qui nous sépare, ce n'est que neuf siècles de séparation. » Ce n'était pas là un mot suggéré par une courtoisie vide, mais une expression qui renfermait la vérité et reflétait la situation, essentiellement psychologique, à laquelle la séparation est en grande partie liée. « D'abord se connaître, ensuite dialoguer, » disait le pape Jean, qui avait deviné, avec une merveilleuse promptitude, la nécessité de renouer l'unité chrétienne. La première condition s'est réalisée dans la double accolade et dans le baiser de paix échangés entre le Pape et Athénagoras. Et cela est arrivé d'une façon enthousiasmante, supérieure à toute attente. Après ce geste d'affection, Paul VI et le Patriarche conversèrent, sans témoins, pendant vingt-cinq minutes. Ils parlèrent en français. Il n'est évidemment pas possible de savoir ce qu'ils se sont dit, mais on peut supposer qu'ils ont parlé longuement du pape Jean, avec lequel Athénagoras avait entretenu, par lettres et par personnes interposées, des relations amicales et à qui il avait l'habitude d'envoyer des cadeaux à l'occasion des fêtes de Pâques.
Le Souverain Pontife et le Patriarche étaient assis a quelques centimètre l’un de l’autre, fraternellement. Le Pape avait voulu donner la droite à son hôte illustre, et cette délicatesse allait bien au delà de la courtoisie, revêtait une signification de bien plus vaste portée: e Souverain Pontife entendait manifester ainsi, non seulement son respect envers le Patriarche, mais aussi un sentiment d'égalité. Athénagoras s'adressait au Pape en lui disant « Saint Père », et Paul VI, à son tour, l'appelait « Sainteté ».
Après l'entretien privé, les personnalités furent admises, et Athénagoras adressa au Pape un discours en grec. Le P. Duprey, sous-secrétaire pour les églises orientales du Secrétariat pour l'union des chrétiens, traduisit en français. Le Patriarche dit, entre autre, qu'il désirait ardemment et priait pour que survînt la rencontre dans le Calice, c'est-à-dire dans la célébration des mystères fondamentaux du christianisme. Et le Pape, lui offrant un splendide calice qu'il avait avec lui, lui répondit que c'était là le symbole de ce désir si élevé.
Personne ne pourra plus oublier ce qui se passa ensuite : le Pape commença le Pater noster en latin, scandé par sa suite, tandis qu'Athénagoras le récitait en grec, avec sa suite de métropolites, d'archevêques et d'archimandrites. Paul VI accompagna le Patriarche jusqu'au seuil, et ce fut, de nouveau, le baiser et la double accolade.
Le lendemain, lundi 6 janvier, quelques heures avant de repartir pour Rome, Paul VI se rendit au siège du Patriarcat orthodoxe, sur le Mont des Oliviers à Jérusalem, pour rendre sa visite à Athénagoras. Le Patriarche l'accueillit dans le jardin de la villa, où ils échangèrent à nouveau le baiser de la paix. A l'intérieur, il fit part au Pape de sa joie et de son émotion et Paul VI manifesta les mêmes sentiments, rappelant qu'Athénagoras avait désiré cette rencontre, depuis le temps de Jean XXIII. Il ajouta que, de part et d'autre, les chemins qui conduisent à l'union des chrétiens peuvent être longs et semés de difficultés, mais qu'ils convergent l'un vers l'autre et, en définitive, rejoignent les sources de l'Évangile.
Un communiqué officiel, sur la rencontre entre Paul VI et le patriarche Athénagoras, déclare qu'elle ne peut être considérée que comme « un geste fraternel, inspiré par la charité du Christ et, qu'après tant de siècles de silence, les deux Pèlerins se sont rencontrés dans le désir de réaliser la volonté du Seigneur et de proclamer l'antique vérité de son Évangile, confiée à l'Église. » La séparation des deux Églises, si l'on excepte l'infructueuse tentative d'union du Concile de Florence (1439), dure depuis plus de neuf siècles, et ne pourra être effacée d'un seul coup.
Mais un extraordinaire pas en avant a déjà été réalisé, avec cet entretien entre les « deux Saintetés », qui aura des effets positifs, à une échéance pas forcément lointaine. L'allusion à la rencontre dans le calice et l'offre d'un calice, constituent probablement, une indication très valable, et non fortuite, sur la possibilité d'une communication in sacris, c'est-à-dire d'une reconnaissance réciproque : déjà les sacrements, le sacerdoce et la hiérarchie des orthodoxes sont pleinement reconnus par l'Église catholique, en ce qu'ils maintiennent la forme et la nature originales, comme avant la séparation des deux Églises. Et même après la séparation, jusqu'au dix-huitième siècle, les prêtres catholiques pouvaient célébrer dans des églises orthodoxes. La communication in sacris pourrait être la première pierre, sur laquelle on construira, grâce à des contacts théologiques qui, du côté catholique, ne conduiront à aucun compromis en matière doctrinale « le patrimoine n'est pas à nous, il est au Christ; nous n'en sommes que les gardiens, les maîtres, les interprètes. »
Mais il n'en est pas moins évident que, malgré les difficultés, la route de l'unité est désormais dans la réalité du temps.
Une journée aussi mémorable, une rencontre aussi prometteuse pour l'union du christianisme, ne pouvaient finir que sur un épisode d'une touchante délicatesse, qui incarne parfaitement la sensibilité et la charité de Paul VI.
Le Pape, déjà terriblement fatigué par son voyage, venait de rentrer à la délégation, après l'entrevue avec le patriarche Athénagoras, quand le délégué, Mgr Lino Zanini, s'approcha; il lui dit qu'un enfant paralytique de cinq ans, un petit arabe, avait exprimé le désir de rencontrer le Pape, de lui parler. Il n'avait pu, comme les autres, le saluer, le voir, et l'acclamer dans les rues de Jérusalem et il osait, timidement mais en confiance, demander cette audience exceptionnelle. Il était déjà tard, plus de 23 heures, mais la famille avait conduit le petit infirme à la délégation. Il s'appelle Samir Najjar et déjà, dans sa très courte vie, il a connu la douleur, la souffrance la tristesse de ne pas être comme les autres enfants.
Paul VI le fit aussitôt amener près de lui. Quand Samir arriva dans les bras de ses parents, il le regarda et lui sourit; le sourire du Pape voulait certainement cacher son angoisse de se trouver devant un petit paralysé. Il s'approcha, tendant les bras, se pencha vers lui et s'agenouilla, pour se mettre au même niveau, en un geste d'une humilité si spontanée qu'il arracha des larmes aux quelques personnes présentes. Le Pape et l'enfant conversèrent longuement, en un langage fait de regards, de gestes et de caresses plutôt que de paroles. Autour d'eux régnait un silence absolu, mais chacun pensait à Jésus qui si souvent avait dit : « Laissez venir à moi les petits enfants » et aux pages de l'Évangile qui racontent ses contacts avec les infirmes. Puis le Pape l'embrassa, l'éleva dans ses bras, et le rendit à ses parents, émus et troublés, les congédiant avec une bénédiction paternelle, non sans avoir chargé son secrétaire de leur remettre une importante somme d'argent.
A suivre…
Extrait du volume : PAUL VI
G. SCANTAMBURLO
Édition; Maison Mame (1964)
14 janvier 2013
RETOUR A LA SOURCE… PAUL VI suite et FIN
Lorsque Paul VI arriva à la Grotte de la Nativité, dans la Basilique qui l'enferme comme en un écrin, le soleil était déjà haut; les arcs de triomphe, les drapeaux, les manifestes multicolores et les élégants vêtements de fête de cette foule orientale, si généreuse dans l'enthousiasme et si passionnée dans ses manifestations, suscitaient une joyeuse atmosphère.
Bethléem est à environ huit cents mètres au-dessus du niveau de la mer et, en hiver, il y fait très froid. On comprend la neige autour de la crèche, les feux sur les routes, les gens enveloppés de manteaux. Bethléem signifie Ville du Père et constitue, sans aucun doute, la halte la plus touchante en Terre Sainte.
Voici, selon la tradition, la Grotte de la Nativité; c'est un rectangle long d'un peu plus de douze mètres et large de trois et demi. On peut voir devant l'autel une étoile d'argent, portant l'inscription Hic de Virgine Maria Jésus Christus natus est. La crypte est éclairée par cinquante-trois lampes, dont dix-neuf appartiennent aux catholiques latins. Jusqu'à un passé très récent, les chrétiens se disputaient la propriété de la grotte et des manifestations regrettables avaient lieu, pour une lampe ou un tapis à ajouter ou à retirer. Il semble maintenant que la paix fraternelle soit revenue et qu'elle doive s'affirmer, après la rencontre du Pape avec Athénagoras, Benedictos et l'arménien Derderian.
L'histoire de cette journée, la dernière passée par le Pape en Terre Sainte, est très rapide. Après avoir célébré la Messe, il prononça un discours programme à l'intention de l'Église catholique, des frères séparés et du monde entier : « Nous avons trois simples mots à dire, un au Christ, un à l'Église, le troisième au monde. »
Après avoir invité l'Église à vivre sa « profonde et visible unité », le Saint Père s'est adressé aux autres chrétiens : « Il est désormais clair pour tous que l'on ne peut éluder le problème de l'unité : cette volonté du Christ apparaît dans toute son urgence à nos esprits ; elle nous oblige à faire, avec sagesse et amour, ce qui est possible que pour tous les chrétiens puissent jouir du bienfait souverain et du souverain honneur de l'unité de l'Église. Nous devons pourtant, même en cette occasion unique, dire qu'un tel résultat ne peut être obtenu au détriment de la vérité et de la foi. Nous ne pouvons manquer de cohérence envers ce patrimoine du Christ; il ne nous appartient pas, il est à lui; Nous n'en sommes que les gardiens, les enseignants, les interprètes. Mais Nous répéterons encore que nous sommes disposés à considérer toute possibilité raisonnable, pour aplanir les chemins de la compréhension, de la révérence, de la charité, vers une future rencontre, que Dieu veuille proche, avec nos frères chrétiens, encore séparés de nous. La porte de la bergerie est ouverte. L'attente de tous est loyale et cordiale. Le désir est fort et patient. La place disponible est vaste et commode. Nous nous abstiendrons de demander des actes qui ne soient pas libres et convaincus. »
En ce qui concerne le monde, le Pape, après avoir précisé que, par le terme monde, il entendait désigner : « Tous ceux qui regardent le christianisme du dehors, qu'ils lui soient étrangers ou qu'ils se sentent tels, » a poursuivi en disant : « Nous ne demandons que la liberté de professer et d'offrir à qui l'accueille librement cette religion... Nous désirons agir pour le bien du monde. Pour son intérêt, pour son salut. Nous pensons qu'il a besoin du salut que Nous lui offrons... Nous considérons le monde avec une immense sympathie. Que l'on sache comment le Christ, qui vit encore aujourd'hui dans son Église, s'annonce au monde à partir de cet endroit, de ce berceau qui marque son arrivée sur cette terre. »
Enfin, le Pape a adressé un salut particulièrement respectueux à ceux qui professent le monothéisme et, comme nous, rendent leur culte religieux au seul vrai Dieu, souverain et vivant, le Dieu d'Abraham...
Ce salut s'adressait évidemment, aux juifs et aux musulmans, qui reconnaissent en Abraham la souche principale, le prophète du seul vrai Dieu. C'est un salut qui a touché, depuis cette terre justement partagée entre juifs, chrétiens et musulmans, plus d'un demi milliard d'hommes.
Paul VI, après son mémorable discours de la Grotte, d'où le christianisme tira ses origines, alla en visite chez le Patriarche arméno grégorien, rendit la sienne à Benedictos Ier, pour un dernier remerciement, et, de retour à la délégation apostolique, reçut les chefs des communautés chrétiennes locales, syrienne, éthiopienne, anglicane et luthérienne, et le grand muphti musulman.
Avant de quitter Jérusalem pour rejoindre Ammam et prendre l'avion pour Rome, Paul VI a voulu envoyer 240 messages de paix et de vœux chrétiens aux églises et associations chrétiennes représentées au Concile, aux Chefs d'États et aux organisations internationales, sans aucune exclusion géographique, politique ou idéologique, confirmant ainsi une nouvelle fois les intentions d'unité et de paix de son pèlerinage et son but généreusement œcuménique.
On ne peut nier que le pèlerinage de Paul VI en Terre Sainte ait eu des résonances supérieures à toute attente, tant dans les lieux visités que dans la chrétienté et le monde tout entier. Le Souverain Pontife lui-même affirmait, dans sa première audience après son retour, le jeudi 9 janvier : « Jamais le rapport entre Jérusalem et Rome n'est apparu plus direct et plus lié au sort spirituel de l'Église catholique et de sa mission parmi les hommes... Avec un étonnement et une joie immenses, Nous Nous sommes sentis entourés d'un enthousiasme si général, en tous lieux et en tous moments de Notre voyage, que Nous devons attribuer de tels effets à des causes supérieures aux causes normales; des motifs nouveaux, étrangers, supérieurs ont véritablement influé sur l'heureux succès de Notre voyage ; il a été le coup de charrue qui a retourné un terrain endurci et inerte; il a soulevé la conscience de pensées et de desseins divins, ensevelis, mais non éteints par une expérience historique séculaire, qui semble, maintenant s'ouvrir à des voix prophétiques. »
Il serait facile de rapporter ici les commentaires de personnalités ou les échos de presse qui, bien que provenant des milieux les plus disparates et les plus éloignés, se rejoignent pour souligner l'importance historique de l'événement. Mais les silences et les voix hostiles n'ont pas manqué non plus. Le monde protestant a peu commenté la rencontre de Paul VI et d'Athénagoras, à laquelle il ne se sentait pas directement intéressé. Sur le pèlerinage en général, il a considéré comme positif le retour aux sources de l'Église catholique, mais a critiqué un certain apparat de grandeur extérieure et certaines paroles du Pape sur le culte de la Vierge et sur l'unité considérée comme un retour à la bergerie unique. Parmi les Églises orthodoxes mêmes, l'intérêt de l'Église russe pour l'événement s'est révélé plutôt limité; l'Église grecque a manifesté, par des discours, des articles et même des prières, sa désapprobation envers une rencontre considérée comme une manœuvre papiste et une menace contre l'orthodoxie. Cette attitude, en grande partie prévue, n'a pourtant pas été partagée de tous. Nous avons vu des théologiens laïcs d'Athènes et de Thessalonique accompagner le patriarche de Constantinople, ce que fit également le métropolite Kallinikos.
Les milieux gouvernementaux grecs se sont montrés favorables à la rencontre, ainsi que plusieurs journaux laïcs, et même certains membres de la hiérarchie, comme le métropolite de Corfou. Un vif échange d'opinions a eu lieu au cours d'une réunion du Saint Synode, pendant laquelle le primat Chrisostomos aurait déclaré : « Je m'oppose non seulement à l'union des Églises, mais encore à un simple contait avec les catholiques. »
Ces réactions, qui n'ont pas fini d'être repensées, ne diminuent en aucune manière l'importance œcuménique de l'événement de Jérusalem. Il a fait clairement apparaître à quel point l'Église catholique et l'Église orthodoxe se sentent proches, sur la base de la même foi, de la participation aux mêmes sacrements, du lien de la même hiérarchie épiscopale; et cela a permis, d'une façon relativement simple, et sans qu'existent de précédents rapports structurés, une rencontre à un niveau élevé, dans un climat de pure fraternité, après des siècles d'éloignement et d'ignorance réciproques.
Évidemment il ne s'est pas agi d'union et toutes les grandes difficultés subsistent. Mais nous sommes devant un nouveau, peut-être l'un des principaux jusqu'à présent, signe des temps : un coup de charrue qui a retourné le terrain durci du passé; une prémisse de l'union totale, encore lointaine, mais plus proche, qui reste le grand but de l'avenir, comme l'a dit le Pape.
Au fond, ce qui donne sa valeur à l'événement, c'est qu'il semble destiné à ne pas rester un épisode isolé, mais à être le début d'un chemin nouveau. Paul VI et Athénagoras, en se quittant, se sont dits « Au revoir ».
« Ce qui m'a profondément frappé, a déclaré Athénagoras, après avoir parlé de la bonté, de la culture, de la sagesse et surtout de l'humilité de Paul VI, c'est que le Saint Père a complètement oublié le triste passé, et a permis à une ère nouvelle de s'ouvrir. » Dans cette ère nouvelle, Paul VT et Athénagoras se sentent pleinement engagés : on a pu en avoir plusieurs preuves tout récemment. Athénagoras a communiqué aux Églises orthodoxes l'expérience de ses entrevues avec Paul VI; il a maintenu les contacts avec Rome, où sont venus, le 16 janvier, deux métropolites orthodoxes, Athénagoras de Thiatira et Maximos de Laodicée; il a parlé à nouveau d'une rencontre au sommet de tous les chefs des Églises.
Paul VI, à son tour, a rappelé la rencontre à plusieurs reprises, dans des discours, des audiences ou dans ses écrits; il a adressé, le 15 janvier, une lettre à tous les évêques, leur demandant de promouvoir la célébration de l'octavaire de l'unité; il a dit aux fidèles réunis sur la place Saint-Pierre, le 19 février, qu'il voulait étendre « son désir de pacification universelle aux grandes familles chrétiennes séparées : anglicans, protestants, vieux catholiques, et ainsi de suite. »
Le coup de charrue a maintenant été donné et le sillon a été ouvert, vers l'union. On pourra dire, demain, que ce pèlerinage a été la préface du cinquième Évangile, l'Évangile de Unum sint et de la paix fraternelle.
Fin de la série
Extrait du volume : PAUL VI
G. SCANTAMBURLO
Édition; Maison Mame (1964)