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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 11:26

L'ENFER

 

« Retirez-vous de moi, maudits,

allez au feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges...

Et ceux-ci s'en iront à l'éternel supplice. »

(S. Mat., XXV, 41-46)

 

Qu'est-ce que l'enfer ?

Le Catéchisme nous répond:

C'est un lieu de supplice, où ceux qui sont morts en état de péché mortel

sont prives de la vue de Dieu pour toujours,

et souffrent des tourments épouvantables et éternels.

 

C'est l'accumulation de tous les maux, de même que le ciel est la possession de tous les biens.

 

C'est un dogme de foi. Par conséquent, on ne peut le nier sans péché mortel.

L'enfer est une des choses dont Notre-Seigneur parle Je plus dans l'Évangile. Il y revient continuellement et avec la plus grande énergie. Tout son effort est tendu vers ce but: nous arracher à l'enfer, Il nous dit comment nous pouvons l'éviter, et nous montre que cela dépend pratiquement de nous. Nous n'avons qu'à prendre les moyens qui nous sont indiqués.

 

Ce qui est de foi au sujet de l'enfer:

a) il existe,

b) il est éternel.

c) les damnés y souffrent éternellement,

d) le feu de l'enfer est un feu réel (bien qu'on ignore sa nature).

 

 La Sacrée Pénitencerie, par un décret du 30 avril 1890, défend de donner l'absolution à tout pénitent qui s'obstinerait à affirmer que les feux de l'enfer ne sont qu'une comparaison pour désigner les peines intenses des démons et cis damnés.

 

La raison elle-même exige l'éternité de l'enfer.

 

a)       Le ciel est un héritage qui nous est offert et que nous pouvons refuser. Or, quand on refuse un héritage, c'est pour toujours.

On peut refuser de deux manières: soit directement, soit en refusant d'accomplir les conditions posées. Pratiquement, cela revient au même.

 

b)       Les damnés sont fixés dans le mal et dans l'aversion de Dieu au moment de leur mort, comme les élus sont fixés dans le bien et l'amour de Dieu. Tous les enseignements de Jésus sur les fins dernières nous montrent qu'après la mort, il n'est plus temps de se repentir.

Les démons, comme les damnés, sont donc ennemis de Dieu à jamais. S'ils pouvaient un jour sortir de l'enfer, ils braveraient Dieu et triompheraient de lui, ce qui est inadmissible.

 

Peine de la privation de Dieu.

 

C'est la principale peine de l'enfer. Elle consiste dans la séparation d'avec Dieu. Pour la comprendre un peu, il faut se souvenir que nous sommes créés pour connaître Dieu et l'aimer, et uniquement pour cela. Étant créés pour cela, nous ne pouvons trouver de bonheur qu'en cela.

 

S'il nous semble, sur la terre, que l'homme peut très bien se passer de Dieu, c'est que les choses d'ici-bas, pouvant nous procurer un bonheur passager, nous font illusion, nous occupent, et peuvent même nous empêcher totalement de souffrir de l'absence de Dieu. C'est précisément là l'immense malheur des riches et de ceux que l'on appelle les « heureux de ce monde ».

 

La tendance foncière de l'homme vers la possession de Dieu peut s'assouvir, d'une certaine façon dans le plaisir, dans l'amour humain, la possession de l'argent ou du pouvoir, la satisfaction des passions.

 

Comme ces millions de pauvres gens qui trompent leur faim avec des pommes de terre ou d'autres aliments qui les rassasient sans les nourrir !

 

Ainsi, l'homme peut tromper, avec des choses créées qui sont, en réalité, autant d'idoles, sa faim de Dieu.

 

Mais après la mort, plus rien pour tromper cette faim, si l'on est en enfer.

Entre l'homme, dépouillé de tout, seul avec cette tendance de tout son être vers le seul Bonheur, entre l'homme, dis-je, et son Dieu, ce sera comme un mur d'airain, à jamais infranchissable. Ce Dieu dont le désir le dévore, il ne le verra jamais. Cette absence, cet exil, cette séparation, dureront toujours.

 

Malheur éternel pour l'intelligence.

 

Faite pour être comblée par la connaissance de Dieu et de toutes choses, elle sera plongée dans une éternelle ignorance.

 

Elle connaîtra néanmoins tout ce qui peut l'affliger.

 

Elle connaîtra Dieu comme le Souverain Bien qu'elle a perdu pour toujours, comme son bonheur dont elle n'aura pas voulu, comme la Beauté infinie qu'elle ne verra jamais, l'Amour infini dont elle s'est détournée, la Miséricorde qu'elle a repoussée, la Justice infinie qui ne fléchira jamais.

 

Elle comprendra tout ce qu'elle a perdu, et tout ce qu'elle aura à souffrir éternellement.

Malheur éternel pour la volonté.

Rien ne pourra plus la distraire de sa tendance foncière vers Dieu: et comme tout amour déçu se change en haine, elle aura pour Dieu la haine la plus furieuse, la plus totale, mais aussi la plus impuissante, éternellement.

 

Malheur éternel pour la mémoire.

 

C'est probablement là ce que Notre-Seigneur appelle « le ver qui ne meurt point » et qui dévore les damnés.

 

L'âme verra toutes ses fautes, dans toute leur laideur, et tout ce qui peut la faire souffrir.

 

Elle se rappellera toutes les miséricordes divines, toutes les grâces, toutes les bontés de Dieu.

 

Elle verra que le Seigneur l'a poursuivie avec la plus attentive tendresse, et qu'elle l'a repoussé librement.

 

Malheur éternel pour la sensibilité.

 

Elle n'aura pour aliment que la souffrance et l'horreur, et sera punie par où elle a péché.

Malheur éternel pour le corps.

 

Ressuscité à la fin du monde, avec ses infirmités et ses difformités, il sera tourmenté par le feu. Il ne s'agit évidemment pas d'un feu semblable à celui que nous connaissons, d'un feu qui peut s'éteindre et qui a besoin de combustible. Notre-Seigneur l'appelle « le feu qui ne s'éteint pas ».

 

Les appétits corporels des damnés seront déchaînés, mais désormais impossibles à assouvir.

 

Rien que la haine, la souffrance et le désespoir, au milieu des damnés et des démons, et cela pour toujours.

 

C'est la parole de Dieu, il est la Vérité même; il ne peut ni tromper ni nous tromper. Sa parole demeure éternellement et s'accomplira, Jésus nous l'affirme, à la lettre.

Se damne qui veut.

Mais qui veut se damner ?

Ceux qui ne prennent pas les moyens pour se sauver.

 

Quels moyen ?

 

Ceux que Notre-Seigneur nous indique clairement dans l'Évangile. Nous les avons vus dans le chapitre du ciel.

 

Mais encore, qui se damne ?

 

 Parcourons l'Évangile, infaillible parole de Dieu.

 

Comme nous l'avons vu au chapitre de la mort, seront damnés ceux qui ne donnent pas à manger et à boire à leur prochain dans le besoin, ne recueillent pas les étrangers, ne vêtent pas ceux qui sont nus, ne visitent pas les malades et les prisonniers. (S. Mat., XXV, 31-46).

 

Seront damnés ceux qui mènent joyeuse vie pendant que les pauvres meurent de misère, comme on le voit par la parabole du mauvais riche. (S. Luc, XVI, 19-23).

 

Remarquons dans cette parabole la réponse d'Abraham au mauvais riche qui brûlait en enfer; « Mon fils, souviens-toi que tu as reçu des biens pendant ta vie, et Lazare des maux. »

 

Parole terrible, qui devrait épouvanter ceux que l'an appelle « les heureux de ce monde ». Les Pères et les Docteurs de l'Église sont unanimes pour affirmer qu'une vie de plaisir est d'ordinaire un signe de damnation.

 

Du reste, il serait difficile d'aller plus loin

dans cette affirmation que l'apôtre S. Jacques:

 

 « A vous, maintenant, riches ! Pleurez, éclatez en sanglots à la vue des misères qui vont fondre sur vous. Vos richesses sont pourries et vos vêtements sont mangés des vers. Votre or et votre argent se sont rouillés, et leur rouille rendra témoignage contre vous, et comme un feu dévorera vos chairs. Vous avez thésaurisé dans les derniers jours ! Voici qu'il crie contre vous, le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont fauché vos champs, et les cris des moissonneurs sont parvenus aux oreilles du Seigneur des armées. Vous avez vécu sur la terre dans les délices et les festins; vous avez été comme la victime qui se repaît le jour où l'on doit l'égorger. » (Épitre V, 1-5l.

 

Par ces paroles: Votre or et votre argent se sont rouillés, et leur rouille rendra témoignage contre vous, l'apôtre S. Jacques veut signifier l'accumulation, l'entassement inutile de l'argent, qu'il eût fallu faire circuler, employer à de bonnes œuvres.

Voici maintenant pour les impurs, qui remplissent la terre et vont prétendant qu'ils ne font de mal à personne, et que Dieu « ne fait pas attention à ces choses-là ».

 

Voici ce que leur dit l'apôtre S. Pierre :

 

« Le Seigneur sait délivrer de l'épreuve les hommes pieux, et réserver les méchants pour être punis au jour du jugement, mais surtout ceux qui s'abandonnent aux impures convoitises de la chair., semblables à des animaux stupides destinés par leur nature à être pris et à périr, ils se répandent en injures contre ce qu'ils ignorent, et ils périront aussi par leur propre corruption; ce sera le salaire de leur iniquité. Leur félicité est de passer chaque jour dans les délices; ils ne sont que tache et que honte, ils se font un plaisir de vous tromper, en faisant bonne chère avec vous. Ils ont les yeux pleins de la femme adultère, insatiables de péché, ils prennent à leurs amorces les âmes inconstantes; ils ont le cœur exercé à la cupidité; ce sont des enfants de malédiction. Ils ont quitté le droit chemin, et se sont égarés en suivant la voie de Balaam, fils de Bosor, qui aima le salaire de l'iniquité ... Car si ceux qui, par la connaissance de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, s'étaient retirés de la corruption du monde, se laissent vaincre en s'y engageant de nouveau, leur dernier état devient pire que le premier. En effet, mieux valait pour eux n'avoir pas connu la voie de la justice, que de retourner en arrière, après l'avoir connue, en abandonnant la loi sainte qui leur avait été enseignée. Il leur est arrivé ce que dit un proverbe avec beaucoup de vérité: « Le chien est retourné à son propre vomissement » et: « La truie lavée s'est vautrée dans le bourbier. » (II S. Pierre, II, 9-22).

 

Seront damnés ceux qui n'aiment pas leur prochain:

 

« Celui qui n'aime pas demeure dans la mort. Quiconque ha it son frère est un meurtrier, et vous savez qu'aucun meurtrier n'a la vie éternelle demeurant en lui. » (S. Jean, III, 14-15).

 

Dans l'Apocalypse, le même apôtre énumère différentes sortes de péchés qui conduisent en enfer:

 

« Pour les lâches, les incrédules, les abominables les meurtriers, les impudiques, les magiciens, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part est dans l'étang ardent de soufre et de feu: c'est la seconde mort. » (Apoc., XXI, 8).

 

Et un peu plus loin, après avoir parlé des splendeurs du ciel et rapporté les paroles de l'ange qui l'instruit, il ajoute: « Dehors les chiens, les magiciens, les impudiques, les idolâtres, et quiconque aime le mensonge et s'y adonne ». (Apoc., XXII; 15).

 

L'apôtre S. Paul dit aussi: « Les affections de la chair, c'est la mort... Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ». Et il parle ici de la damnation.

 

Seront damnés ceux qui repoussent la parole de Dieu, car Notre-Seigneur dit à ses apôtres: « Si l'on refuse de vous recevoir et d'écouter votre parole, sortez de cette maison ou de cette ville en secouant la poussière de vos pieds. Je voie dis, en vérité, il y aura moins de rigueur, au jour du jugement, pour la terre de Sodome et de Gomorrhe que pour cette ville. » (S. Mat., X, 14-15).

 

On peut ajouter ici les malédictions de Notre-Seigneur rapportées par S. Luc (VI, 24-25).

 

« Malheur à vous, riches, car vous avez eu votre consolation!

 

« Malheur à vous, qui êtes rassasiés, car vous aurez faim !

 

« Malheur à vous, qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et dans les larmes. »

 

Seront damnés aussi probablement, les hypocrites, car Notre-Seigneur les a en horreur et leur réserve ses plus terribles malédictions.

 

De même que, dans le Sermon sur la Montagne, il nous apprend à tout faire pour Dieu seul, de même, dans ses invectives aux hypocrites, il maudit ceux qui font toutes leurs actions pour être vus des hommes, qui recherchent les honneurs et les premières places, qui font semblant de prier, semblant d'être meilleurs Que les autres, et font consister la sainteté dans des pratiques de leur invention. (S. Mat., XXIII, 1-36).

 

Dans ces lignes sur l'enfer, plusieurs textes sont particulièrement menaçants pour les riches. Leur salut est certainement très difficile. Notre-Seigneur lui-même le dit: « Je vous le dis en vérité, difficilement un riche entrera dans le royaume des cieux. Je vous le dis encore une fois, il est plus aisé qu'un chameau passe par le trou d'une aiguille, qu'il ne l'est à un riche d'entrer dans le royaume des cieux. » (S. Mat., XIX, 23-24).

 

Certains commentateurs ont trouvé d'ingénieuses explications peur affaiblir cette parole; mais ce sont des gens qui se moquent de leurs lecteurs. Ce sont eux que Notre-Seigneur appelle « aveugles, conducteurs d'aveugles ».

 

Mais s'il faut garder à la parole de Dieu toute sa force, il ne faut pas néanmoins y voir, pour les riches, une impossibilité de salut qui n'existe pas et qui est démentie par les faits.

 

Dans l'Évangile même, nous voyons de bons riches: Zachée, Joseph d'Arimathie, les saintes femmes qui suivaient Notre-Seigneur et l'assistaient de leurs biens.

 

Par la suite, bon nombre de riches ont été canonisés.

 

Il reste néanmoins que la pensée de l'enfer, redoutable et utile à tous, est particulièrement nécessaire aux riches et à ceux qui détiennent l'autorité. S. Benoît, dans sa Règle, ne donne pas d'autre contrepoids à l'autorité de l'Abbé, que cette pensée.

 

Le même Saint veut aussi que ses moines aient peur de l'enfer. Et combien il a raison ! L'expérience montre que dans certaines tentations, cette peur est la dernière planche de salut. On sait qu'elle fut son influence décisive dans la vie religieuse de sainte Thérèse d'Avila.

 

De plus en plus aujourd'hui, on rencontre des imbéciles qui vous disent avec un sourire niais: L'enfer ! Personne n'en est jamais revenu pour nous dire s'il existait.

 

Que répondre ?

 

Rien: la meilleure réponse aux niaiseries, c'est le silence.

 

Ces fous, dont le nombre est infini, nous dit la Sainte Écriture, se damneront ou se sauveront comme les autres. Il leur sera demandé, comme à tous, de soumettre leur intelligence à la parole de Dieu, d'admettre, sans les comprendre, toutes les affirmations divines, l'objet de la foi étant précisément tout ce qu'il y a d'obscur et d'incompréhensible dans ces enseignements de Dieu aux hommes.

 

Du reste la parole de Jésus est formelle et vigoureuse: « Celui qui ne croira pas sera condamné ». (S. Marc, XVI, 16).

 

Nota. — On consultera avec profit le « Dictionnaire Apologétique de la foi catholique », au mot ENFER.

 

 

LE JUGEMENT DERNIER

 

Il viendra avec gloire.

Juger les vivants et les morts. (Credo)

 

Le jugement particulier s'accomplit entre l'âme et Dieu; mais cela ne suffit pas: il faut que tous les jugements particuliers soient manifestés au grand jour, devant tous les hommes, afin que la justice de Dieu et sa miséricorde éclatent à tous les yeux.

 

Notre-Seigneur nous dit dans l'Évangile: Il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni rien de secret qui ne doive être connu. (S. Mat., X, 26).

 

D'autre part, il faut que les corps ressuscitent pour prendre part à la récompense ou à la peine des âmes, comme ils ont pris part à leurs bonnes et à leurs mauvaises actions. Du reste, l'homme n'est pas complet sans son corps, et par suite, ni son bonheur ni son malheur ne peuvent être complets sans la résurrection des corps.

 

Les difficultés que l'on soulève contre ce dogme ne sont pas sérieuses. Il est évident que la résurrection sera un miracle de la puissance divine, mais ce miracle n'offre pour Dieu aucune difficulté. Quand même des millions de corps auraient été réduits en cendre et dispersés à tous les vents, la toute-puissance de Dieu n'aura aucune difficulté à les reconstituer en un clin d'œil.

 

Au fond, c'est le même miracle, en plus petit, qui se produit, lorsqu’à Lourdes, les chairs d'un visage rongé par le cancer se reconstituent instantanément.

Jésus viendra lui-même. Il nous le dit solennellement: « Lorsque le fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, il s'assiéra sur le trône de sa gloire, et toutes les nations étant rassemblées devant lui, il séparera les uns d'avec les autres, comme le pasteur sépare les brebis d'avec les boucs... (S. Mat., XXV, 31-32).

 

S. Luc mentionne la nuée:

 

Alors on verra le Fils de l'homme venant dans une nuée avec une grande puissance et une grande gloire. (S. Luc, XXI, 27).

 

C'est également ce que les anges annoncent aux apôtres lorsque ceux-ci, le jour de l'Ascension, regardent leur Maître disparaître dans un nuage:

 

« Ce Jésus qui, du milieu de vous, a été enlevé au ciel, en viendra de la même manière que vous l'avez vu monter. » (Act. I, 11).

 

Notre-Seigneur prédit aussi sa venue à la fin du monde, lorsque le grand prêtre l'interroge: « Vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel. » (S. Mat., XXVI, 64).

 

Cette venue de Notre-Seigneur sera accompagnée de la résurrection des morts:

 

« L'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de l'homme. Et ils en sortiront, ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie; ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de condamnation. » (S. Jean, V, 28-29).

 

S. Paul ajoute des détails intéressants: « Au signal donné, à la voix de l'archange, au son de la trompette divine. le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront d'abord. Puis, nous, qui vivons, qui sommes restés, nous serons emportés avec eux sur les nuées à la rencontre du Seigneur dans les airs et ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur. » (I Cor. IV, 16-17).

 

S. Thomas d'Aquin dit que cette trompette sera simplement la voix du Christ, la voix de l'Homme-Dieu qui a, par conséquent, la puissance de se faire entendre de tous les morts et d'opérer ce qu'elle commande. C'est la voix de Celui devant qui tous doivent comparaître.

Les corps des morts seront retournés aux éléments; mais les éléments entendent la voix du Christ (tempête apaisée, etc.)

 

Les ministres du jugement dernier seront les anges: « Le Fils de Dieu enverra ses anges, et ils enlèveront de son royaume tous les scandales, et ceux qui commettent l'iniquité, et ils les jetteront dans la fournaise ardente: c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. » (S. Mat., XIII, 41-42).

 

Qui jugera avec le Christ ?

 

Tous jugeront en ce sens que tous pourront comparer les bons et les méchants. « Les hommes de Ninive se lèveront, au jour du jugement, avec cette génération, et la condamneront, parce qu'ils ont fait pénitence, à la prédication de Jonas: et il y a ici plus que Jonas. » (S. Luc, XI, 32)

 

Tous les élus jugeront en ce sens qu'ils consentiront et applaudiront aux jugements de Dieu: « Ils jugeront les nations et domineront sur les peuples. » (Sagesse, III, 8).

 

Comme assesseurs du Juge principal, les parfaits seuls jugeront. (S. XIX, 28).

 

Ils seront aussi des modèles parfaits d'après lesquels les autres seront examinés par comparaison. Ils seront comme des miroirs dans lesquels les autres liront leur sentence. (Richard de St-Victor).

 

Signes qui, vraisemblablement, précèderont la fin du monde, d'après les Saintes Écritures.

 

a)       Prédication de l'Évangile dans le monde entier. Mais il n'est pas dit que la fin du monde viendra tout de suite après. Il n'est pas dit non plus dans quelle mesure l'Évangile doit être prêché.

 

b)       Conversion des Juifs en masse (Rom. XI). Ce sera un miracle de la grâce divine, et par conséquent quelque chose de subit. Du reste, il n'est pas dit que les Juifs se convertiront absolument tous.

 

c)       Apostasie universelle.

« Que personne ne vous égare d'aucune manière (au sujet de la fin du monde) car auparavant viendra l'apostasie. » (II, Thes., II, 3).

 

« Quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? (S. Luc, XVIII, 8).

 

« Un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine; mais ils se donneront une foule de docteurs, suivant leurs convoitises et avides de ce qui peut chatouiller leurs oreilles, ils les fermeront à la vérité pour les ouvrir à des fables. » (II Tim., IV, 3).

 

d)      L'Antéchrist sera ouvertement manifesté.

« Que personne ne vous égare d'aucune manière; car auparavant viendra l'apostasie, et se manifestera l'homme de péché, le fils de la perdition, l'adversaire qui s'élève contre tout ce qui est appelé Dieu. (II Thes., II, 3-4).

 

 « Et alors se découvrira l'impie, que le Seigneur Jésus exterminera par le souffle de sa bouche, et anéantira par l'éclat de son avènement. Dans son apparition, cet impie sera, par la puissance de Satan, accompagné de toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, avec toutes les séductions de l'iniquité, pour ceux qui se perdent, parce qu'ils n'ont pas ouvert leur cœur à l'amour de la vérité qui les eût sauvés. » (II, Thes. II, 8-10).

 

Cet antéchrist, dont l'Apocalypse parle aussi en termes symboliques, sera soit un homme (une espèce d'Hitler ou de Staline), soit une puissance politique, ou une collectivité; en un mot, une puissance ennemie du Christ

 

e)    Obscurcissement du soleil, de la lune et des étoiles, et, sur la terre, l'angoisse des nations. (S. Mat., XXIV, S. Marc, XIII, S. Luc, XXI).

 

f)      Le monde brûlera et sera renouvelé.

 

Cela résulte de l'ensemble des prophéties divines, dont la plus claire est celle de S. Pierre:

 

« Cependant, le jour du Seigneur viendra comme un voleur; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre sera consumée avec les ouvrages qu'elle renferme.

 

« Puis donc que toutes ces choses sont destinées à se dissoudre, quelles ne doivent pas être la sainteté de votre conduite et votre piété, attendant et hâtant l'avènement du jour de Dieu, auquel les cieux enflammés se dissoudront, et les éléments embrasés se fondront ? »

(II S. Pierre, III, 10-12).

 

g)     Le Christ, précédé du signe de la Croix, viendra au bruit des trompettes; les morts ressusciteront, les bons seront séparés des mauvais.

 

Enfin, ce sera le jugement, la sentence, et la rétribution.

 

Il est impossible (et défendu par le Concile de Latran, session l1e) de prédire le temps PRECIS de la fin du monde, ou de l'Antéchrist ou des maux d'avant la fin, mais on peut les prévoir approximativement.

 

Tous les signes énumérés ci-dessus sont précisément donnés aux fidèles pour cela. « Lorsque vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l'homme est proche. (S. Mat., XXI. 33).

 

Les amis de Dieu seront suffisamment prévenus et préparés: les autres ne le seront pas. Ils se moqueront même des prophètes, disant: « Où est la promesse de son avènement ? Car depuis que nos pères sont morts, tout continue à subsister comme depuis le commencement de la création. » (II S. Pierre, III, 4).

 

Notre-Seigneur lui-même dit qu'ils seront surpris: « Tels furent les jours de Noé, tel sera l'avènement du Fils de l'homme. Car dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs filles, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche; et ils ne surent rien, jusqu'à ce que le déluge survînt, qui les emporta tous; ainsi en sera-t-il à l'avènement du Fils de l'homme. » (S.-Mat., XXIV, 37-38).

 

Non seulement l'ensemble des hommes n'attendra pas la fin du monde, mais ils la croiront bien éloignée quand elle se produira: « Le jour du Seigneur vient comme un voleur pendant la nuit. Quand les hommes diront: Paix et sécurité ! »

 

« C'est alors qu'une ruine soudaine fondra sur eux comme la douleur sur la femme qui doit enfanter, et ils n'y échapperont point. Mais vous, frères, vous n'êtes pas dans les ténèbres, pour que ce jour vous surprenne comme un voleur. » (I Thes, V, 2-4).

 

Aussi, quelle terreur quand viendra la fin! Notre-Seigneur la décrit en quelques mots aux femmes de Jérusalem qui le suivaient sur le chemin du Calvaire: « Alors les hommes commenceront à dire aux montagnes: Tombez sur nous; et aux collines: Couvrez-nous. » (S. Luc, xxiv, 30).

 

« Il y aura alors une si grande détresse, qu'il n'y en a point eu de semblable depuis le commencement du monde jusqu'ici, et qu'il n'y en aura jamais. » (S. Mat., XXIV, 21)

 

Les nations seront dans l'angoisse et la consternation, au bruit de la mer et des flots, les hommes sécheront de frayeur dans l'attente de ce qui doit arriver à la terre entière; car les puissances des cieux seront ébranlées. »

(S. Luc, XXI, 25-26).

 

« Alors apparaîtra dans le ciel le signe du Fils de l'homme, et toutes les tribus de la terre se frapperont la poitrine, et elles verront le Fils de l'homme venant sur les nuées du ciel, avec une grande puissance et une grande majesté. » (S. Mat., XXIV, 30).

 

Ce sont là les paroles de Dieu même. Elles suffisent. Écoutons cette voix de l'Amour infini qui nous avertit clairement et fortement afin de nous sauver.

 

 

FIN

 

 

(Extrait du Bulletin de S. Benoît)

 

Édition SPÉCIAL du  14 janvier 2021

Gérald Guay.

Elogofioupiou.over-blog.com

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