«LE PETIT LIVRE»
PENSE À TES FINS DERNIÈRES
DOM LÉONCE CREN1ER
SAINT-BENOÎT-DU-LAC
1952
Nihil obstat:
Chan. A. Larouche, ptre, censeur,
Sherbrooke, 28 novembre 1952.
Imprimatur:
Georges CABANA,
Archevêque de Sherbrooke.
Sherbrooke, 29 novembre 1952.
Gravez ces paroles
de Dieu
dans votre cœur.
« Ah ! toi aussi, dit Jésus dans l'Évangile, si tu savais
en ce jour qui t'est encore donné ce qui pourrait t'apporter la paix. »
(Évangile du 9e dimanche après la Pentecôte)
Jésus a dit :
Le ciel et la terre passeront,
mais mes paroles,
ne passeront point.
Introduction
Demande de Guy, 5 ans après sa mort…
Voici le résumé de cette histoire vécu. En 1979, je travaillais pour une entreprise spécialisée en vérification comptable. Mon patron s’appelait Guy Renaud.
Un bon matin, il me fit venir dans son bureau pour me remettre un dossier client, sur lequel il voulait que je travaille. Comme, je venais de découvrir ce que je vais appeler dans la suite de l’histoire « Le petit livre ». Je pris le dossier du client et je lui ai demandé s’il voulait lire, « Le petit livre » que lui remis. Il le feuilleta rapidement et me le remis. En souriant il me dit : Je ne prendrai pas « Le petit livre », mais toi tu vas prendre mon dossier. Je lui ai répondu en reprenant « Le petit livre », qu’il était mon patron et qu’il me payait pour travailler ses dossiers.
Vous pensez surement que c’est la fin de la petite histoire. Non elle n’est pas finie ce n’était que l’introduction, le meilleur est à venir pour ceux qui auront la patience de la lire jusqu’au bout.
CINQ ans après la mort de Guy, survenu en 2013, j’ai rêvé à lui et il voulait avoir le petit livre. Comme j’ai distribué beaucoup de petits livres dans ma vie, je ne me souvenais pas spécialement de celui qu’il voulait. En racontant mon rêve à mon épouse, elle me rappela que le petit livre c’était : Pense à tes fins dernières.
Que faire pour lui, par quels moyens pourrais-je l’aider ?
Au début des années 1980, ce genre de rêve m’était déjà arrivé et pour aider le demandant, j’ai fait célébrer quelques véritables messes en latin, aussi appelé Messe de St-Pie V. Le résultat ne se fit pas tarder.
Au cours de l’année 2018, j’ai fait célébrer quelques saintes messes dite de St-Pie V, en latin, cela va de soi.
Note importante :
Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est que le saint sacrifice de la messe, voici ce que c’est : A chaque fois qu’un prêtre offre le saint sacrifice sur un autel, il renouvelle d’une manière non sanglante, le saint sacrifice que Jésus a fait de sa vie sur la Croix. Par ce sacrement, Jésus descend sur l’autel et deviens présent dans les saintes hosties. C’est pourquoi nous ne devons pas recevoir ce pain sacré dans nos mains, mais sur la langue et de la main du prêtre.
Après avoir fait célébrer des messes pour mon ami Guy, j’étais en attente de sa réaction.
Peut-être un mois après, j’ai rêvé de nouveau à lui. Voici la suite et la fin du rêve :
Il était avec son épouse, il avait perdu beaucoup de poids, il me semblait être plus jeune. J’ai demandé à son épouse, s’il y avait dans notre ville, deux personnes qui s’appelait Guy R…, en insistant sur le fait, que celui que je connaissais, était décédé il y a quelques années et que j’étais même allé au salon funéraire. G.G.
Voici, le Petit Livre que M. Guy Renaud a refusé de lire de son vivant et qu’il m’a demandé, 5 ans après sa mort, dans un rêve matinal. G.G.
Que les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
AMEN
LA MORT
Il viendra comme un voleur pendant la nuit.
(1 Thes., V. 2)
Qu'est-ce que la mort ?
C'est la séparation de l'âme d'avec le corps.
Par conséquent, l'arrachement à tous les biens de ce monde, à tous les plaisirs corporels.
A quoi bon nous attacher à ce qui passe, à ce qu'il va falloir lâcher dans si peu de temps ?
Sur la terre, quelques vivants, au nombre desquels nous sommes pour le moment.
Sous la terre, des millions de milliards de morts, au nombre desquels nous allons être bientôt.
Certitude de la mort.
Dieu nous la rappelle sans cesse. L'Église nous l'affirme le jour des Cendres en nous disant: Souviens-toi que tu es poussière et que tu vas retourner en poussière.
Chaque seconde qui passe est un pas vers ce terme.
Chaque battement de notre cœur; chaque oscillation du balancier de l'horloge nous rapproche du moment fixé par Dieu de toute éternité.
Ce sera telle année, tel mois, tel jour, telle heure que Dieu connaît...
Incertitude du moment.
Nous pouvons faire des conjectures raisonnables, d'après notre âge, notre état de santé, notre genre de vie. Seulement, Notre-Seigneur nous a affirmé que c'était inutile: « Veillez et priez, car vous ne savez ni le jour ni l'heure).
Ceux qui ne l'attendent pas seront surpris; mais heureux celui qui vit dans l'attente de cette bienheureuse rencontre: « Heureux le serviteur que son Maître trouvera veillant ! »
Proximité.
Quand même nous vivrions cent ans, ce sera comme un songe rapide, comme un nuage qui passe.
Un fait d'expérience: plus on avance en âge, plus le temps semble précipiter sa course.
Préparons notre mort nous-mêmes.
Il n'est pas sage de compter sur les autres. Après quelques prières et quelques larmes plus ou moins sincères, bien vite, ce sera l'oubli.
La vie continuera sans nous; le soleil brillera, chacun vaquera à ses affaires.
Heureux ceux qui se seront préparés, qui seront prêts. « Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés ! » (Charles Péguy.)
Horreur de la mort.
Cauchemar des incroyants, dont elle empoisonne la vie, elle reste pour la plupart des chrétiens
Toutefois, elle apparaît à ceux qui vivent de la foi comme un terme heureux. Pour ces fidèles, l'horreur de la mort a été enlevée par Jésus-Christ. Il leur a mérité cette grâce par son agonie.
Tous les chrétiens devraient envisager la mort avec joie, comme le voyageur qui contemple de loin le port vers lequel il se dirige.
C'est la porte de l'éternité, la porte du ciel, pour les bons serviteurs de Dieu.
C'est la réception de la récompense.
C'est le paiement du salaire gagné dans cette journée de travail qu'est la vie terrestre.
Ici-bas, nous sommes dans la nuit de la foi: nous ne voyons pas Dieu, ni le monde invisible auquel nous croyons. La mort sera la grande révélation, la grande rencontre où nous tomberons entre les bras, sur le Cœur de notre Père céleste.
Pour le juste, c'est la fin de toute crainte, de toute tentation, de toute souffrance.
Mais quelle pitié d'entendre dire à la mort de quelqu'un dont il y a tout lieu de craindre la damnation: « Il est bien heureux; il ne souffre plus! »
Au contraire, la mort est le commencement de la souffrance éternelle pour un grand nombre, dit Notre-Seigneur.
Quand et comment nous préparer ?
Il faut le faire tout de suite, car demain ne nous appartient pas.
Serons-nous encore vivants ce soir ?
Seul, l'instant présent est à nous. Le passé ne nous appartient plus. Et la minute qui vient nous trouvera-t-elle vivants ?
N'attendons pas le dernier moment, car nous dit Jésus: « Beaucoup chercheront à entrer (au ciel) et ne pourront pas. » (S. Luc, XIII, 24.)
Bienheureux le serviteur que son Maître trouvera veillant !
Si nous ne sommes pas prêts aujourd'hui, comment le serons-nous demain ?
Quelle folie d'attendre la dernière maladie !
Si une petite fièvre, un léger mal de tête nous empêchent de prier, comment pouvons-nous espérer prier et nous préparer au dernier moment, quand toutes nos forces seront parties ?
La meilleure préparation, c'est une bonne vie. On meurt comme on a vécu.
Il y en a qui se convertissent au moment de la mort; mais ce sont en général des gens de bonne volonté, qui péchaient surtout par ignorance.
Ce ne sont pas des âmes qui ont calculé, et remis leur conversion au dernier moment, afin de jouir des plaisirs défendus de ce monde.
Vivre saintement pour mourir saintement.
Nous serons récompensés selon nos œuvres. Donc, préparons notre mort par la pratique des bonnes œuvres.
Voici l’erreur lamentable des personnes qui se rassurent en disant:
« Je n'ai jamais fait de mal à personne ».
Cela ne suffit pas; il faut faire du bien.
Que ces gens écoutent leur condamnation de la bouche de Notre-Seigneur lui-même:
« Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, il s'assiéra sur le trône de sa gloire. Et toutes les nations étant rassemblées devant lui, il séparera les uns d'avec les autres comme le pasteur sépare les brebis d'avec les boucs. Et il mettra les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche...
S'adressant ensuite à ceux qui seront à sa gauche, il dira: « Retirez-vous de moi, maudits; allez au feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges.
Car j'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à manger; j'ai eu soif, et vous ne m'avez pas donné à boire; j'étais étranger, et vous ne m'avez pas recueilli; nu, et vous ne m'avez pas vêtu; malade ou en prison, et vous ne m'avez pas visité.
Alors eux aussi lui diront: « Seigneur, quand est-ce que nous vous avons vu : avoir faim ou soif, ou être étranger, ou nu, ou malade ou en prison, et ne vous avons-nous pas assisté ? »
Et il leur répondra: En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne l'avez pas fait.
Et ceux-ci s'en iront à l'éternel supplice, et les justes à la vie éternelle. »
(S. Mat. XXV, 31)
On voit par-là que les bonnes œuvres sont nécessaires au salut, et le même enseignement nous est donné par la parabole du mauvais riche, qui va en enfer pour n'avoir pas secouru le pauvre Lazare.
Remarquons toutefois que ce qui compte aux yeux du Seigneur, dans nos bonnes œuvres, c'est la charité, l'amour que nous y mettons. S'il est important de secourir les corps, il est encore bien plus important de réchauffer les cœurs.
Une aumône donnée comme on jette un os à un chien ne mérite rien pour le ciel. « Au soir de cette vie, nous dit S. Jean de la Croix, on vous interrogera sur l'amour. »
Du reste, c'est l'enseignement des Saints Livres.
Préparons-nous par des prières spéciales. Faisons attention à celle que nous adressons si souvent à la Sainte Vierge: Priez pour nous… à l'heure de notre mort.
La mort sera particulièrement douce à ceux qui auront eu l'habitude d'assister les mourants et de prier pour eux.
Chaque jour, il meurt environ deux cent mille personnes. Prions pour elles avec ferveur plusieurs fois par jour. Toutes ces âmes que nous aurons aidées, le sauront, dans la lumière de Dieu, et nous aideront quand notre tour sera venu.
Prions spécialement la Sainte Vierge, S. Joseph, S. Michel, S. Benoît, protecteurs des mourants.
Il y a aussi des grâces spéciales, au dernier moment, pour ceux qui méditent souvent sur la passion et la mort de Notre-Seigneur.
Enfin, désirons voir Dieu. Que ce désir, qui est un acte d'amour parfait, aille en grandissant dans notre âme, et celle-ci sera, à la fin, comme un beau fruit mûr, qui se détachera et tombera pour ainsi dire tout seul dans la main du Seigneur.
Méditons plutôt sur le ciel que sur la mort: c'est bien plus utile.
Rappelons-nous, enfin, la parole de Notre-Seigneur: « En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. » (S. Jean, VIII. 51)
C'est absolument vrai, non seulement en ce sens que les âmes fidèles ne connaîtront pas la vraie mort, qui est l'enfer; mais aussi parce que, pour les âmes saintes, l'horreur de la mort disparaît, au moins au dernier moment; elles ne la voient pas; elles semblent ne voir que Dieu et le ciel.
Et quel réconfort dans ces paroles de Jésus à Marthe: « Je suis la Résurrection et la Vie: celui qui croit en moi, fût-il mort; vivra; et quiconque vit et croit en moi, ne mourra point pour toujours. » (S. Jean, XI, 25).
A suivre avec le Jugement particulier
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LE JUGEMENT PARTICULIER
Un livre écrit sera apporté, Dans lequel tout est contenu.
(Séquence des morts)
Toutes les choses du monde étant évanouies à nos yeux, avant même que notre corps soit froid, notre âme sera jugée.
Pour Dieu tout est présent. Il n'y a pour lui ni passé ni avenir.
Il voit et verra éternellement tout ce que nous avons fait: nos pensées, paroles et actions les plus secrètes.
L'âme verra tout cela aussi, dans la lumière de Dieu, aussitôt qu'elle sera séparée du corps, et d'elle-même se précipitera vers le lieu de l'expiation, de la purification ou de la récompense.
O la terreur de cette pensée:
Tout ce que nous avons fait est présent au regard de Dieu !
Toute notre vie est devant lui comme les plateaux d'une balance.
Il y a le plateau du bien et le plateau du mal.
Le jugement consistera
simplement à constater
quel est le plus lourd des deux plateaux.
La messe des morts exprime l'angoisse de l'âme à cette pensée:
Que dirai-je alors, misérable que je suis ?
« Quel patron invoquerai-je ?
« Puisque c'est à peine si le juste sera en sécurité ?
Une seule chose à faire, comme l’ont fait les Saints:
mettre dans « le plateau du bien » tout ce que nous pourrons.
Sainte Marie-Madeleine, S. Augustin et tous les pécheurs convertis ont fait cela. Le mal qu'ils ont commis est devant Dieu, éternellement, dans un des plateaux de la balance; mais l'autre plateau, lourd de pénitence, de bonnes œuvre, d'amour de Dieu et du prochain, proclame leur pardon et leur sainteté.
Préparons-nous au jugement.
Une âme préparée à la mort est par le fait même préparée au jugement: aussi ajouterons-nous peu de chose à ce que nous avons dit sur la préparation à la mort.
Un point d'importance capitale est de nous juger et de nous condamner nous-mêmes, du fond du cœur, comme le publicain de l'Évangile, et nous serons justifiés comme lui.
Rappelons-nous également ce principe, qui présidera à notre jugement. Dieu se servira pour nous de la mesure même dont nous nous serons servis pour les autres; « Ne jugez point, et vous ne serez point jugés; ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés; remettez, et il vous sera remis. Donnez, et il vous sera donné; on versera dans votre sein une bonne mesure, pressée, secouée et débordante, car on se servira, pour vous rendre, de la même mesure avec laquelle vous aurez mesuré. » (S. Luc, VI, 37-38).
Tout l'Évangile est plein de la même doctrine.
Confiance, confiance ! nous dit-on.
Oui, mais à condition que nous nous jugions et condamnions nous-mêmes; à condition que nous soyons indulgents et bons pour les autres, d'une bonté active et efficace; à condition que nous fassions de notre mieux.
Degrés de rigueur du jugement.
Plus nous aurons reçu de Dieu, plus nous aurons de compte à lui rendre.
Par conséquent, ce sont les puissants qui seront jugés le plus sévèrement, ceux qui auront reçu le plus d'autorité, le plus de lumière, le plus de richesses, le plus de secours de toutes sortes.
Ainsi, le Seigneur demandera un compte plus rigoureux aux rois, aux gouvernants, aux gens instruits, aux riches.
C'est la parole de Dieu.
Écoutons ce qu'elle nous dit
au livre de la Sagesse:
« Prêtez l'oreille, vous qui dominez sur une multitude,
« Qui êtes fiers de commander à une foule de peuples,
« Sachez que la force vous a été donnée par le Seigneur,
« Et la puissance par le Très-Haut,
« Qui examinera vos œuvres et sondera vos pensées.
« Parce que, étant ministres de sa royauté,
« Vous n'avez pas gouverné équitablement,
« Ni observé la loi de la justice,
« Ni marché selon la volonté de Dieu;
« Terrible et soudain il fendra sur vous,
« Car un jugement sévère s'exerce sur ceux qui commandent.
« Aux petits, on pardonne par pitié;
« Mais les puissants seront puissamment châtiés.
« Le Souverain de tous ne reculera devant personne.
« Il ne s'arrêtera par respect devant aucune grandeur...)
(Sagesse, VI, 2-7).
Cette pensée du jugement est terrible; mais que de paroles divines l'adoucissent, et réconfortent les âmes de bonne volonté !
Il n'y a aucune menace pour ces âmes; mais seulement des promesses:
Heureux les pauvres en esprit, ceux qui sont doux, ceux qui pleurent, ceux qui ont faim et soif de la justice, ceux qui ont le cœur pur, ceux qui souffrent persécution pour la justice !
Heureux les miséricordieux et les pacifiques ! A tous ceux-là, les récompenses célestes sont promises.
Heureux ceux qui pardonnent aux autres, car leur Père céleste leur pardonnera aussi. (S. Mat., VI, 14).
Heureux ceux qui perdent leur vie pour le Christ, car ils se sauveront.
(S. Mat., X, 39).
(Exemples, les martyrs, les personnes consacrées à Dieu,
les chrétiens qui vivent selon l'Évangile)
Heureux les humbles, car ils seront grands dans le ciel.
(S. Mat. XVII, 4).
Enfin, l'Évangile est plein de promesses radieuses pour ceux qui veulent prendre les moyens de salut indiqués par Jésus-Christ, de sorte qu'il n'y a aucune raison, pour que ces âmes de bonne volonté, de craindre le jugement de Dieu. Comme le dit l'apôtre S. Paul: « Il n'y a aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ et qui ne marche plus selon la chair. » (Rom., VIII,1).
A suivre LE PURGATOIRE
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