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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 08:16

     Jésus est venu sauver tous les hommes, pour tous il souffrira. Navrante est la prophétie d'Isaïe : « J'ai été seul à fouler au pressoir et parmi les peuples personne n'a été avec moi. » (Isaie, 63, 3).

     Du monde entier personne n'est pour lui. Devant tous, par tous, il est humilié ; qu'il s'agisse des petits, des grands, des indifférents, des ennemis, des amis.

 

1° Les petits.

      C'est ce peuple, celui qui l'a acclamé il y a quelques jours, celui qui fut par lui comblé de bienfaits, celui qui l'a vu inépuisablement bon, celui dont il faisait partie, puisqu'il était « ouvrier et fils d'ouvrier. » (Matt., 13, 55). Le voici ce peuple, rassemblé devant le balcon où Pilate amène Jésus et Barrabas, « qui était prisonnier avec les séditieux ses complices pour un meurtre qu'ils avaient commis. » (Marc. 15, 7).

      A vous de choisir : « Voulez-vous que je vous délivre le roi des Juifs ? » (Marc., 15, 9) et nous entendons, en frémissant, l'ignoble clameur : Enlevez-le, Crucifiez-le ! Le pauvre Jésus, honteux et tremblant courbe les épaules sous les vociférations de son peuple.

     Il a vu, tout au long des siècles, des foules subornées par leurs meneurs impies, le blasphémer, le poursuivre haineusement !

 

2° Les grands.

     Lui, le Maître souverain, paraît au tribunal des hommes. Tous les empires viennent de lui, et Pilate le juge. Les prêtres sont consacrés en son nom, et les princes des prêtres le citent à leur barre, l'accusant, lui Dieu, de blasphème, d'insulte contre le Temple.

     Il est le Roi des anges, la pureté des vierges, et on l'amène pour subir ses moqueries devant le sanguinaire et incestueux Hérode.

     Il a vu, tout au long des siècles, les législateurs sacrilèges, les puissants du monde persécuteurs, le mensonge, la calomnie essayer de le salir et de le vilipender en son Église, en ses prêtres, en ses religieux. « Or, Jésus se taisait. » (Matt., 26, 63). Comme il est humilié !

 

3° Les indifférents.

     A Jérusalem, pour les fêtes de Pâques, on ne connaît plus le nombre des étrangers, tant il est grand. La plupart ont entendu des cris, peut-être vu passer le cortège qui accompagnait le condamné, nul n'a réagi ; spectacle comme un autre, personne ne s'attendrit ; les brutes qui conduisent la victime doivent forcer Simon de Cyrène à l'aider quelque temps à porter sa croix.

     Il a vu, tout au long des siècles, la foule des baptisés, même de ceux qui ont fait leur communion solennelle et pour qui il n'est plus rien, à peine un souvenir, un nom !

 

4° Les ennemis.

     Jusque-là il les avait tenus en respect, sous la domination de la puissance qui émanait de lui ; nul n'avait osé le toucher ; quand ils voulaient le jeter en bas du rocher, il était passé tranquillement au milieu d'eux. Maintenant, c'est l'heure des ténèbres ; il a comme abdiqué.

     Aussi, ils s'en donnent à cœur joie : insultes, railleries, coups terribles, crachats immondes, les plus bas-fonds de l'enfer sont déchaînés et il sombre sous leurs débordements exaspérés.

     Humble, « semblable à l'agneau qu'on mène à la tuerie et à la brebis muette devant ceux qui la tondent. » (Isaïe, 53, 7). Il a vu, tout au long des siècles, les profanations sacrilèges et brutales.

 

5° Les amis.  

     C'est là le plus dur, car enfin : « Ce n'est pas un ennemi qui m'outrage ; je le supporterais. Mais toi, tu étais un autre moi-Même, mon confident et mon ami. Nous vivions ensemble dans une douce intimité. », (Ps., 54, 13). C'est Judas ! admis durant trois ans à son intimité. Un autre ami, Pierre, le malheureux qui, parce qu'une fille de service a ri de lui, jure qu'il ne le connaît pas. D'autres amis, les apôtres qui, « l'abandonnent et s'enfuient tous. » (Matt., 16, 56) Rien ne lui manque, il aura bien touché le fond de l'humiliation devant les hommes.

     O Jésus, je suis de « vos amis »; je dois, je veux, vous glorifier en moi, autour de moi; vous défendre, vous consoler. Je ne le puis, sans m'efforcer d'avoir un cœur comme le vôtre, doux, humble et adorable, je vous demande ardemment cette grâce. Amen.

 

Extrait des MEDITATIONS QUOTIDIENNES Stella Matutina. (1947)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

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