« Solennité des solennités », c'est la fête par excellence de la vie. Notre participation aux mystères de la mort et de la sépulture a préparé nos âmes à bénéficier de celui de la Résurrection. Là, c'était la voie purgative, ici commence la voie illuminative.
1° Raisons de communier à la grâce de Pâques.
On ne meurt pas pour mourir, mais pour revivre. Saint Paul nous en avertit : « Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous aussi nous marchions dans une vie nouvelle. » (Rom., 6, 4).
Trois motifs nous imposent cette vie nouvelle.
a) Le principe de notre vie intérieure, c'est l'âme du Christ, « le Christ est en vous ». Or, cette âme, en son état présent et définitif, est « une âme de ressuscité ». Effectivement, qu'il s'agisse de communion sacramentelle, de communion spirituelle, c'est, selon le mot de M. Olier, au « Christ de gloire » que nous communions, et ce Christ nous inocule un germe de résurrection : « un gage de la gloire future nous est donné. »
b) La vie présente prépare la vie future. En celle-ci, on vit la résurrection : « Je crois la résurrection de la chair ». La préparation doit s'en ressentir, « notre conversation est dans le ciel. » (Phil., 3, 20).
c) La vie pleine, c'est la vérité pleine : « la vérité et la vie ». Si la mort introduit dans cette vérité, la résurrection l'affirme ; qu'il s'agisse du corps, qu'il s'agisse de l'esprit, du cœur des personnes, des événements, elle prononce le dernier mot de Dieu et fait triompher son éternelle vérité.
C'est, donc à une vie toujours plus haute que celle d'ici-bas, que nous devons tendre. Nous avons, pour cela, à transposer toute notre activité morale sur un plan supérieur et transcendant : « Marchons dans une vie nouvelle. » (Rom., 6, 4).
O Jésus, vous sortez du tombeau vainqueur de la mort ; entraînez-moi dans votre mouvement victorieux. Que je sorte de mes misères, triomphant du démon, fort de votre force.
2° Mode de cette communion.
La résurrection a opéré dans le Christ de remarquables changements.
Il n'est plus comme auparavant, constamment avec les siens ; on ne l'y voit que par intermittence, et seulement pour entretenir ses apôtres des secrets de l'éternité.
Il semble au-dessus des exigences naturelles ; s'il mange et boit c'est dans le but d'affermir la foi à la réalité de son corps ; bien que transformé, il n'est pas un fantôme.
Il a une attitude toute céleste ; il ne permet pas à Marie-Madeleine de le toucher.
Tels sont les grands traits à reproduire pour participer à la vie ressuscitée. « Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d'en-haut où le Christ demeure assis à la droite de Dieu ; affectionnez-vous aux choses d'en-haut et non à celles de la terre. » (Col., 3, 1).
Sous l'influence de la grâce de la résurrection, l'âme met plus de divin en sa vie, elle s'élève au-dessus des obscurités d'en-bas vers la lumière des sommets. Elle ne paraît dans le monde que dans la mesure requise pour ne pas se singulariser, ou pour y faire du bien ; elle ne prend des créatures que ce qui est nécessaire à son existence.
Comme par instinct ses pensées vont vers Dieu. Elle n'est pas à l'abri de l'épreuve des ténèbres, mais elle n'hésite plus dans ses convictions raisonnées, ne fléchit plus dans ses actes de libre volonté. A tout ce qui n'est pas Jésus, elle dit avec une quiétude triomphante : « C'est fait, vous ne me pouvez plus rien : ne me touchez pas. » (Jean., 20, 17).
O Jésus, cette attitude est évidemment celle qui doit me caractériser. Quelque délicate qu'elle soit, je vous conjure de m'aider à l'acquérir. Elle sera ma joie et ma force.
Extrait des MEDITATIONS QUOTIDIENNES Stella Matutina. (1947)
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