Vers l'année 1887, un grand criminel du nom de Pranzini, fut condamné à mort pour des meurtres épouvantables. Son impénitence, faisait redouter pour lui, la damnation éternelle.
Émue par les mauvaises dispositions de ce bandit, une fillette de quatorze ans implore Dieu, pour la conversion du coupable.
Elle n'ignore pas, en effet, qu'une union très intime règne entre les âmes des baptisés. Elle offre donc de tout son cœur ses prières, mais surtout les mérites infinis de Notre-Seigneur, et les trésors de la sainte Église, pour obtenir la faveur désirée ; et elle attend avec confiance.
Le lendemain de l'exécution, elle ouvre le journal, LA CROIX; que vit-elle ? « Pranzini, sans confession, sans absolution, était monté sur l'échafaud et déjà, les bourreaux l'entraînaient vers la fatale bascule, quand, remué tout à coup, par une inspiration subite, il se retourne, et saisit le crucifix, que lui présentait le prêtre, et baise par trois fois, les plaies sacrées ! ... »
Cette conversion imprévue est la première conquête, de la petite fille des Buissonnets, Thérèse Martin, que nous appelons aujourd'hui sainte Thérèse de l'Enfant Jésus.
Toute jeune, elle a donc compris la splendide réalité de la communion des saints ; elle en vit. Elle sait aussi que, dans la grande famille qu'est l'Église, chaque âme, a un rôle spécial à remplir.
Elle écrit : « Jésus, a daigné m'instruire de ce mystère. Il a mis devant mes yeux, le livre de la nature et j'ai compris que, toutes les fleurs créées par lui sont belles, que l'éclat de la rose, et la blancheur du lis, n'enlèvent pas le parfum de la petite violette, n'ôtent rien de la simplicité ravissante de la pâquerette.
J'ai compris que, si toutes les petites fleurs voulaient être des roses, la nature perdrait sa parure printanière, les champs ne seraient plus émaillés de fleurettes.
« Ainsi en est-il, dans le monde des âmes, ce jardin vivant du Seigneur. Plus les âmes, (les fleurs) sont heureuses de faire sa volonté, plus elles sont parfaites. »
Donc, accomplir aussi bien que possible, la tâche que Dieu a confiée à chaque âme dans son Église, c'est le moyen très simple, et très sûr, que choisit la sainte de Lisieux, pour atteindre la perfection et, collaborer à la sanctification et au bonheur des âmes.
Elle dit à Dieu : « Je n'ai pas d'autre moyen, pour vous prouver mon amour, que de jeter des fleurs, c'est-à-dire, de ne laisser échapper, aucun petit sacrifice, aucun regard, aucune parole et de profiter des moindres actions, et de les faire par amour.
« Je veux souffrir par amour et même jouir par amour ; ainsi je jetterai encore plus de fleurs. Je n'en rencontrerai pas une, sans l'effeuiller pour vous, et puis je chanterai, je chanterai toujours, même s'il faut cueillir mes roses, au milieu des épines ; et mon chant sera d'autant plus mélodieux que ces épines seront plus longues et plus piquantes.
« Mais à quoi, mon Jésus, vous serviront mes fleurs et mes chants ? Ah! Je le sais très bien, cette pluie embaumée, ces pétales fragiles et qui sembles de nulle valeur, ces chants d'amour d'un cœur si petit, vous charmeront quand même. Oui, ces petits riens vous feront plaisir : Ils feront sourire l'Église triomphante qui, voulant jouer avec son petit enfant, recueillera ces roses effeuillées, et en les faisant passer par vos mains divines, pour les revêtir d'une valeur infinie, les jettera sur l'Église souffrante, afin d'en éteindre les flammes, et sur l'Église militante afin de lui donner la précieuse victoire. »
La victoire de l'Église militante, Thérèse veut l'assurer pour autant que cela dépend d'elle. Mais son âme d'apôtre, ne pouvait concevoir, que sa mission conquérante s'achèverait le jour de sa mort. Sur terre, elle avait souvent joui du secours des saints. Elle entendait bien, une fois unie à l'Église triomphante, collaborer plus efficacement encore au succès de l'Église militante :
Elle disait peu de temps avant de mourir : « Je sens, que ma mission va commencer, ma mission de faire aimer le bon Dieu comme je l'aime. Je veux passer mon éternité à faire du bien sur la terre. »
Après ma mort, disait-elle encore, « Je ferai tomber une pluie de roses ! »
Elle a tenu sa promesse ; sa simplicité et sa bonté ont conquis tous les cœurs. Elle ne voulut être sur terre, qu'une petite fleur, et elle le fut en perfection. Du ciel, où elle garde sa fraîcheur printanière, elle fait pleuvoir des grâces, comme une pluie de roses.
Aussi les catholiques anglais, se plaisent-ils, à l'appeler, tout bonnement : « la petite fleur ».
Inspiré de : Jésus-Christ, Lumière du Monde. Catéchisme Québécois des années 1955.
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