Dieu vous a laissé libre, il va respecter votre choix…
Ta foi t'a sauvée. Le bon Maître félicite l'hémorroïsse de sa foi ; il a récompensé cette vertu partout où il l'a rencontrée ; ainsi dans le paralytique, la Madeleine, et d'autres. Parfois il a ajouté, après avoir sur ce point rendu témoignage à ceux qu'il avait guéris dans leurs corps ou dans leurs âmes. « Va en paix ». D'où nous inférons que cette foi est génératrice : Du Salut, et de la Paix.
Le Salut. — Le Maître a proclamé très haut la puissance de la foi pour obtenir une intervention extraordinaire et miraculeuse de Dieu. En avoir gros comme un grain de sénevé rendrait capable de dire à une montagne de se précipiter dans la mer et elle s'y précipiterait.
La vie des saints, de ceux même qui sont tout proches de nous, un Curé d'Ars, un Père Chevrier, une Thérèse de l'Enfant-Jésus, illustre d'impressionnante façon cette affirmation du Seigneur. Croire vraiment en Dieu et avoir une confiance illimitée en sa bonté, c'est lui offrir un hommage de justice et d'amour qui le touche et l'incline la bienveillance.
L'enseignement apostolique est constant sur ce point. Parce que « la foi coopérait aux œuvres d'Abraham » disait saint Jacques (2, 22), il fut justifié. Aussi, faut-il entendre qu'elle a un pouvoir salutaire pour l'âme autant que pour le corps. C'est la foi de la femme malade qui l'a sauvée ; c'est la foi de Madeleine qui l'a purifiée et sanctifiée. Au dire de saint Jean, la foi est la racine de la charité, ainsi elle facilite l'observation des préceptes : « Ses commandements ne sont pas pénibles, parce que tout ce qui est né de Dieu, remporte la victoire sur le monde ; et la victoire qui a vaincu le monde c'est notre foi » (1 Jean., 5, 34).
Ayons bien la foi et vivons-en bien : « Mon juste vit de la foi » (Rom., 10, 38). Un véritable homme de foi se distingue parmi les autres. Plus solides seront ses œuvres, plus conquérant son apostolat, plus profonde son action, plus durables ses entreprises : « Les saints par la foi ont conquis des royaumes » (Hebb., 10, 33).
O Jésus, suis-je cet homme de foi que votre Cœur désire ? Il faut que je le sois. Aussi je vous en conjure : « Augmentez ma foi » (Luc, 17, 5). Je vous le demanderai tous les jours.
La Paix. — Irremplaçable trésor, la paix ne peut s'acquérir sans la foi, ni pour le présent, ni pour l'avenir, ni pour l'intérieur, ni pour l'extérieur. Les événements, nos préoccupations fatales, nos travaux, nos épreuves nous agitent et nous troublent. Elles nous enlèvent toute quiétude et diminuent ainsi notre puissance d'action, parce que nous sommes privés de la pleine possession de nos moyens.
Nous montrant Dieu avec nous, la foi nous pacifie : « Dieu est au milieu d'elle, elle ne sera pas ébranlée » Psaume, 45, 6). Que nous importent les gens et les choses, si Dieu est là.
Notre âme peut être inquiétée, angoissée de bien des manières : la conscience n'est pas tranquille, la vie morale est douloureuse, l'intelligence est anxieuse. Tout se calme avec la vision de Dieu, sur qui effectivement l'on s'appuie les yeux fermés. Ce Dieu très bon et miséricordieux est toujours prêt à absoudre celui dont le repentir est sincère ; il permet la souffrance du cœur, pour élever et sanctifier, ménageant d'ineffables consolations aux généreux ; il ne trompe pas, et donnera sûrement la lumière en temps opportun.
Devant les problèmes éternels, surtout nous sommes tourmentés. Insondables, ils ont une telle importance, qu'on a peine à les envisager avec tranquillité. Saint Paul nous est, à ce sujet, un exemple encourageant. Autant qu'un autre il pouvait être hésitant sur son avenir éternel : et cependant, il le voit venir en paix, et pour cette raison : « j'ai gardé la foi ». A cause de cela seulement, il est rassuré sur ce demain mystérieux « Il ne me reste plus qu'à recevoir la couronne de justice que me donnera en ce jour-là le Seigneur, le juste Juge » (2 Tim., 4, 7, 8).
O Jésus, je puis et je dois moi aussi, donner à mon existence, à ma vie, à ma mort, la tranquillité la plus grande. Je le ferai, appuyé sur ma foi en votre amour: « Nous avons cru en l'amour que Dieu a pour nous » (1 Jean., 4, 16).
Extrait de : STELLA MATITUNA Méditations quotidiennes Monseigneur A. GONON.
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