AVIS DU SAUVEUR JÉSUS, aux âmes désireuses de leur sanctification…
Je vous ai déjà accordé bien des grâces, mes enfants, je veux en ajouter de nouvelles en vous éclairant davantage sur vos devoirs et en vous donnant des avis sur les principaux moyens que vous devez prendre pour vous sanctifier. Aujourd'hui je vais vous parler des dispositions avec lesquelles vous devez commencer chaque journée.
Comprenez bien, mes enfants, que chaque jour que je vous donne est comme une nouvelle création. Je ne vous devais pas le jour nouveau que vous voyez luire; mais dès que je vous l'accorde, vous devez l'employer tout entier à ma gloire et à votre sanctification. C'est à moi, et à moi seul, que ce jour appartient ; je ne fais que vous le prêter à la condition que vous m'en consacrerez tous les instants. Tâchez donc d'abord de bien le commencer ; pensez à votre réveil, que vous êtes ma créature, l'œuvre de mes mains, et, ce qui est plus précieux encore et plus consolant pour vous, mes enfants de prédilections.
Pendant votre sommeil je veillais sur vous ; je vous regardais avec tendresse ; j'attendais votre réveil avec un amour infiniment plus vif que n'est celui qui fait battre le cœur d'une jeune mère, lorsque près du berceau de son fils unique, elle attend, le matin, son premier regard et son premier sourire.
Donnez-moi donc aussi, le premier sourire de votre cœur; il me sera bien plus agréable que la splendeur des astres du matin, qui me louent cependant à leur manière, parce qu'ils figurent par leur éclat le joyeux concert des enfants de Dieu (Job, 38,7.). Montrez-vous joyeuse de vous retrouver avec moi après avoir été pendant de si longues heures privée de m'avoir à la pensée. Faites comme un enfant qui revoit son père après une absence, et qui se montre ingénieux à lui témoigner sa tendresse.
Prenez vos vêtements avec la pensée que cinq personnes ont continuellement les yeux sur vous : les trois personnes de la divine et éternelle Trinité, ma sainte et auguste Mère et votre Ange gardien. Pensez après cela que vous pouvez encore employer la journée de trois manières : en m'offensant, en me servant avec tiédeur et lâcheté, en me servant avec amour et générosité.
M'offenser ! Pouvez-vous même hésiter à cette pensée ? M'offenser ! Moi qui suis votre créateur, votre père, votre meilleur et votre plus fidèle ami, le seul qui vous restera quand tous les autres vous auront abandonnée.
Offenser votre Sauveur qui vous nourrit de sa chair et qui vient en vous avec un, amour qui surpasse tous les amours ! Non, vous ne ferez pas cela: vous allez vous engager, au contraire, à ne pas commettre pendant ce nouveau jour que vous donne ma miséricorde la plus légère faute PLEINEMENT VOLONTAIRE.
Vous savez combien est immense le nombre de ceux qui m'offensent ; si j'étais le plus grand ennemi de mes créatures, il semble qu'elles ne pourraient pas mettre plus d'acharnement à me faire la guerre; mais au milieu de cet océan de crimes qui submerge le monde, combien doivent s'estimer heureuses les âmes que je protège d'une manière toute spéciale pour les préserver de cette submersion : or, mon enfant, vous êtes du nombre de ces âmes privilégiées ; voudriez-vous renoncer à cette faveur et vous unir malgré moi à ceux qui me haïssent ? N'avez-vous pas commis assez de fautes par le passé, et n'est-il pas temps de marcher dans la voie de l'innocence, au moins de l'innocence réparée ?
Me servir avec tiédeur et lâcheté ! N'est-ce pas ce que vous avez fait bien souvent ? O mon enfant! Rentrez en vous même, et considérez mieux que vous ne l'avez fait jusqu'ici, combien la tiédeur à mon service est de nature à me blesser et à m'inspirer ce dégoût dont parle de ma part, dans l'Apocalypse, mon disciple bien-aimé. Est-ce que moi je vous aime avec tiédeur ? Est-ce que je vous accorde mes grâces avec indifférence ? Et vous, ingrate créature, vous vous êtes montrée dédaigneuse à l'égard de cet amour immense dont, en quelque sorte, je ne suis pas le maître. Est-ce que, à cette pensée, vous ne sentez pas les larmes vous venir aux yeux, le remords vous oppresser, la confusion vous accabler ? Vous avez manqué de cœur pour le Jésus de votre première communion !
Vous n'avez donc qu'un parti à prendre, c'est de me servir avec amour et générosité, aujourd'hui et tous les jours de votre vie. D'ailleurs avez-vous jamais trouvé la paix en agissant autrement ? Vous avez besoin de ma grâce, il est vrai, mais demandez et vous recevrez. J'ai l'ait cette promesse dans mon Évangile et j'y suis toujours fidèle. De votre côté, travaillez courageusement à vous faire violence pour surmonter tous les penchants de votre nature opposés à ma grâce.
PRATIQUE : Renouveler souvent la résolution de ne commettra aucune faute pleinement volontaire.
Ce texte est inspiré de : Le Formulaire de prière. Abbé Richaudeau. (1873)
Elogofioupiou.over-blog.com