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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

15 novembre 2018 4 15 /11 /novembre /2018 08:27

Pourquoi Dieu n’exauce pas mes prières…

N'est-il pas vrai, que, bien souvent, vous faites vos prières comme si vous vouliez simplement accomplir une tâche ou vous-délivrer d'une obliga­tion ? Votre bouche récite des formules, mais votre cœur est-il toujours en rapport avec moi ? Mon apôtre saint Jacques a dit : « Vous demandez et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal; » c'est là le secret du l'inefficacité d'un grand nombre de prières. Écoutez-donc, ce que je-vais vous dire pour vous enseigner la manière de bien prier.

Quatre conditions rendront infaillible le succès d'une demande que vous ferez à Dieu :

Lui accorder d'abord vous-même ce qu'il vous demande ; penser à lui en priant ; penser à vous-même et à votre néant ; penser aux choses que vous de­mandez et les désirer, ou aux sentiments que vous exprimez et les avoir.

 

Accordez vous-même à Dieu ce qu'il vous demande.

 

Si un enfant disait à son père : Je sais bien que vous vous plaignez de ma conduite, et je reconnais que j'ai des torts envers vous; mais il m'en coûterait pour agir autrement, et je ne suis nullement disposé à faire le sacrifice auquel pourtant vous avez un droit légitime : ne m'en parlez donc plus ; malgré cela je vous prie d'être pour moi un père bon et généreux, de m'accorder même plus que vous ne me devez, quoique je persiste à vous refuser ce que je vous dois. Est-ce qu'un tel langage ne devrait pas être regardé comme une outrageante dérision ?

Maintenant, jetez les yeux sur vous-même et voyez si je n'ai pas à me plaindre de vous. Voyez si vous n'avez pas à vous reprocher de la vanité, certain esprit de critique à l'égard de per­sonnes que vous n'aimez pas, de la jalousie, de la sensualité, de l'indévotion...?

Souvent je vous donne une lumière pour apercevoir ces défauts qui bles­sent mon cœur embrasé d'amour pour vous; mais vous détournez les yeux. Chaque matin je vous dis : « Mon enfant, faites-moi plaisir; combattez vos défauts; mais vous ne tenez pas compte de mes désirs. Ce­pendant vous me demandez des grâces ; est-il juste que je vous les accorde sans réserve ? Soyez con­vaincue que si vous ne me refusiez rien vous seriez tout-puissant sur mon cœur. Lors donc que je ne vous ai pas exaucée, ne vous contentez pas de re­doubler de ferveur et de continuer à prier, exami­nez si vous n'avez pas encore quelque faiblesse qui me déplaît. Je n'exige pas une perfection absolue, mais de la bonne volonté et des efforts véritables pour réussir.

 

Penser à Dieu,

l'avoir présent par la foi, s'adresser véritablement à lui.

 

Voyez ce que faisaient les malades et les affligés qui me demandaient des grâces pendant ma vie mortelle; comme ils me té­moignaient leur respect et le désir d'attirer mon attention ! Ils ne récitaient pas de vagues formules avec un esprit distrait; leurs paroles, leur attitude, leurs gestes   exprimaient   vivement combien  ils avaient à cœur d'exciter ma miséricorde à leur égard. Le lépreux vient à moi; il se prosterne en adoration à mes pieds, et, me montrant son hor­rible maladie, il me dit avec attendrissement : Sei­gneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir. L'aveugle de Jéricho sachant que je passe auprès de lui s'écrie : Jésus, fils de David, ayez pitié de moi. Lorsqu'on veut le faire taire et qu'il craint que je ne l'aie pas entendu, il crie plus fort : Jésus, fils de David, ayez pitié du Moi. Ainsi, vous, quand vous priez, parlez-moi comme si j'étais visible à vos yeux corporels ; adressez-vous à moi comme à votre bien-aimé descendu  du ciel pour  écouter votre prière.

 

Il faut penser à soi-même, à son néant et s'humilier.

 

Voyez la femme Chananéenne, qui de­mande la guérison de sa fille, le Centurion qui sol­licite celle de son serviteur, voyez surtout le Publicain; il se tient le plus loin possible du sanctuaire, il n'ose lever les yeux et il se regarde comme un pécheur indigne des regards de Dieu : et c'est pour cela que le ciel tout entier le considère avec intérêt et avec amour. Apprenez par ces exemples à éviter  une illusion à laquelle vous n'échappez pas toujours. Lorsque vous avez de la ferveur sensible, que vous éprouvez une certaine ardeur pour le bien, vous priez volontiers, et les bons sentiments dont vous vous voyez pénétrée vous inspirent une ferme confiance que votre prière sera exaucée ; mais dans les moments de sécheresse, si surtout ayant commis quelque faute grave vous sentez votre misère et votre impuissance pour le bien, vous vous laissez aller à la défiance et au découragement. Or, mon enfant, vous êtes victime d'une dangereuse illusion dans l'une et dans l'autre circonstance. Dans le premier cas vous avez confiance parce que vous vous croyez bon ; votre confiance est donc appuyée sur vos mérites prétendus : aussi dès que la ferveur sen­sible s'évanouit, la confiance disparaît également, quoique ma miséricorde soit toujours infinie.

Dans le second cas vous avez tort de vous décourager : c'est le bon moment pour avoir une confiance vraiment surnaturelle, une confiance qui s'appuie sur ma seule bonté. Il faudrait me dire alors : Mon Dieu, je me jette entre les bras de votre miséricorde, c'est en elle seule que je mets ma con­fiance ; et je me regarde comme assurée d'être exaucée, précisément parce que je vois avec la plus grande clarté possible que je ne mérite pas de l'être.

 

Il faut penser aux choses qu'on demande et les désirer,

ou aux sentiments qu'on exprime et les avoir.

 

Quand on me demande la guérison d'une maladie grave, la grâce d'échapper à une mort im­minente, ou même à la perte de quelque bien tem­porel, on est vivement préoccupé du but de sa prière et on a un ardent désir de l'obtenir ; mais il n'en est pas toujours de même quand il s'agit de faveurs purement spirituelles et des intérêts de ma gloire. Quand vous récitez le Pater, pensez-vous toujours aux grâces qui y sont demandées ? Avez-vous un vif désir que mon nom soit béni et sanctifié, que je règne sur tous les cœurs, que ma vo­lonté soit faite par toutes les créatures raison­nables ? Quand vous demandez à ma Mère de prier pour vous maintenant et à l'heure de la mort, cette prière est-elle toujours intérieure ? Prenez garde de vous laisser aller à une routine qui ferait que votre cœur ne prierait pas.

De même quand vous prononcez des actes de foi, d'espérance, de charité, de remerciement, etc., faites en sorte que ces divers sentiments soient ac­tuellement dans votre âme, de manière qu'ils fas­sent parler votre bouche.

Remarquez encore qu'il y a des faveurs que vous ne devez désirer que conditionnellement et pour le cas où elles ne seront pas nuisibles à votre sancti­fication. Si, étant malade, vous me  disiez : Mon Dieu, donnez-moi la santé ; je la désire à tout prix et quand bien même elle serait cause de ma damna­tion ou d'une diminution de piété dans mon âme, votre prière m'offenserait au lieu de me toucher. Ce que vous avez de mieux à faire en pareil cas, c'est d'imiter la prière que j'ai adressée à mon Père, au Jardin des Oliviers  et de me dire : Mon Dieu, s'il est possible que ma guérison ne nuise pas à mon âme,  guérissez-moi;   mais que votre volonté soit faite et non la mienne.

Vous voyez maintenant, mon enfant, quelle est la véritable manière de bien prier.

PRATIQUE: Appliquez-vous à ne rien refuser à Dieu, pour être toute-puissante sur son cœur.

Ce texte est inspiré de : Le Formulaire de prière. Abbé Richaudeau. (1873)

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