Témoignage d’une âme du purgatoire
110e APPARITION
Sainte Catherine fut très puissante devant Dieu. Elle en eut beaucoup de grâces pour les vivants et les morts. Elle eut aussi beaucoup de révélations sur les âmes du purgatoire. Un jour, étant à prier dans la basilique de Saint-Pierre, à Rome, elle vit venir à elle une femme étrangère, vêtue d’une robe blanche, un voile blanc sur la tête et un manteau noir. Cette femme s’approcha de la sainte, la salua et l’exhorta à prier pour une âme, sa compatriote. Catherine demanda le nom de cette défunte. “ C’est, répondit la femme, une Suédoise, comme vous. Son nom est Gida, femme de votre frère, qui demande que vous intercédiez pour elle.”
Catherine pria l’étrangère de l’accompagner chez sa mère sainte Brigitte, pour lui annoncer elle-même la mort de sa bru. Il ne m’est pas permis, dit-elle, de faire cette visite ; je n’ai été envoyée qu’à vous. Vous n’avez point à douter de ce que je vous annonce : un envoyé de Suède, qui vous apporte la couronne d’or que la défunte vous a léguée par testament, afin que vous intercédiez pour elle auprès de Dieu vous confirmera cette nouvelle.”
Puis cette dame disparut. Catherine, surprise de cette disparition subite, demanda aux autres personnes, qui se trouvaient dans l’église, si elles avaient vu où elle était allée. Toutes répondirent qu’elles avaient entendu parler, mais n’avaient rien vu.
Catherine se rendit en toute hâte vers sa mère, à qui elle fit part de cette nouvelle et des circonstances extraordinaires dans lesquelles elle lui était parvenue.
Brigitte, souriant avec douceur, répondit que la nouvelle était certaine, que le Sauveur avait daigné la lui faire connaître, à elle-même, pendant sa prière ; que cette mort avait été chrétienne et consolante ; et que l’étrangère, qui lui avait parlé dans la basilique, était la défunte elle-même, à qui Dieu avait permis de venir solliciter leurs prières. Elle ajoute qu’en reconnaissance de la couronne d’or, souvenir envoyé de si loin, elles devaient, l'une et l'autre, faire tout ce qu'elles pourraient pour cette chère défunte.
Le courrier envoyé ne tarda pas à arriver à Rome. C’était Ingewald, officier du prince Charles, fils de sainte Brigitte. La couronne était fort belle et fort riche ; la défunte avait coutume de la porter à la cour du roi de Suède. Ce riche don arrivait à propos, car les deux saintes se trouvaient alors sans ressources. Brigitte et Catherine continuèrent à prier, à communier tous les jours, à jeûner, à faire des aumônes, à pratiquer toutes sortes d’austérités, et obtinrent promptement la délivrance de cette âme. La vie de ces deux saintes est remplie de miracles de ce genre, assure leur historien, dont les témoignages ont été scrupuleusement contrôlés. Comme saintes Brigitte et Catherine, prions beaucoup pour les pauvres âmes du purgatoire, et nous serons secourus, à notre tour, comme la défunte Gida. Mais c’est surtout après la mort que nous le serons davantage.
Extrait du : « Livre d’or des âmes du purgatoire »
Téléchargeable du Bibliothèque St Libère
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