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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 12:27

VOS FINS DERNIÈRES

DOM LÉONCE GRENIER PRIEUR DE ST-BENOIT-DU-LAC

Méditations sur ce qui nous attend au sortir de cette vie…

 

LA MORT

 

Il viendra comme un voleur pendant la nuit.

(1 Thés., V, 2)

 

    Qu'est-ce que la mort?

 

    C'est la séparation de l'âme d'avec le corps.

 

    Par conséquent, l'arrachement à tous les biens de ce monde, à tous les plaisirs corporels.

 

    A quoi bon nous attacher à ce qui passe, à ce qu'il va falloir lâcher dans si peu de temps?

 

    Sur la terre, quelques vivants, au nombre desquels nous sommes pour le moment.

 

    Sous la terre, des millions de milliards de morts, au nombre desquels nous allons être bientôt.

 

 

Certitude de la mort.

Dieu nous la rappelle sans cesse.

L'Église nous l'affirme le jour des Cendres en nous di­sant:

«Souviens-toi que tu es poussière et que tu vas re­tourner en poussière

 

     Chaque seconde qui passe est un pas vers ce terme.

     Chaque battement de notre cœur; chaque oscillation du balancier de l'horloge nous rapproche du moment   fixé par Dieu de toute éternité.

     Ce sera telle année, tel mois, tel jour, telle heure que Dieu connaît...

 

Incertitude du moment.

                                        Nous pouvons faire des conjec­tures raisonnables, d'après notre âge, notre état de santé, notre genre de vie. Seulement, Nôtre-Seigneur nous a affirmé que c'était inutile: " Veillez et priez, car vous ne savez ni le jour ni l'heure ".

     Ceux qui ne l'attendent pas seront surpris; mais heu­reux celui qui vit dans l'attente de cette bienheureuse rencontre : " Heureux le serviteur que son Maître trouvera veillant! "

 

Proximité.

 

                    Quand même nous vivrions cent ans, ce sera comme un songe rapide, comme un nuage qui passe.

     Un fait d'expérience: plus on avance en âge, plus le temps semble précipiter sa course.

 

Préparons notre mort nous-mêmes.

 

                                                            Il n'est pas sage de compter sur les autres. Après quelques prières et quelques larmes plus ou moins sincères, bien vite, ce sera l'oubli.

La vie continuera sans nous; le soleil brillera, chacun vaquera à ses affaires.

Heureux ceux qui se seront préparés, qui seront prêts.

" Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés! (Charles péguy )

 

 

Horreur de la mort.

 

                                  Cauchemar des incroyants, dont elle empoisonne la vie, elle reste terrible pour la plupart des chrétiens.

     Toutefois, elle apparaît à ceux qui vivent de la foi comme un terme heureux. Pour ces fidèles, l'horreur de la mort a été enlevée par Jésus-Christ. Il leur a mérité cette grâce par son agonie.

     Tous les chrétiens devraient envisager la mort avec joie, comme le voyageur qui contemple de loin le port vers lequel il se dirige.

     C'est la porte de l'éternité, la porte du ciel, pour les bons serviteurs de Dieu.

     C'est la réception de la récompense.

     C'est le paiement du salaire gagné dans cette journée de travail qu'est la vie terrestre.

     Ici-bas, nous sommes dans la nuit de la foi: nous ne voyons pas Dieu, ni le monde invisible auquel nous croyons. La mort sera la grande révélation, la grande rencontre où nous tomberons entre les bras, sur le Cœur de notre Père céleste.

    Pour le juste, c'est la fin de toute crainte, de toute ten­tation, de toute souffrance.

Mais quelle pitié d'entendre dire à la mort de quelqu'un dont il y a tout lieu de craindre la damnation:

« Il est bien heureux; il ne souffre plus!»

     Au contraire, la mort est le commencement de la souf­france éternelle pour un grand nombre, dit Nôtre-Sei­gneur.

 

Quand et comment nous préparer?

Tout de suite, car demain ne nous appartient pas.

Serons-nous vivants ce soir?

 

    Seul, l'instant présent est à nous. Le passé ne nous appartient plus. Et la minute qui vient nous trouvera-t-elle vivants?

N'attendons pas le dernier moment, car nous dit Jésus:

" Beaucoup chercheront à entrer (au ciel) et ne pourront pas. " (S. Luc, XIII, 24.)

    Bienheureux le serviteur que son Maître trouvera veil­lant!

    Si nous ne sommes pas prêts aujourd'hui, comment le serons-nous demain?

 

Quelle folie d'attendre la dernière maladie!

   Si une petite fièvre, un léger mal de tête nous empêchent de prier, comment pouvons-nous espérer prier et nous préparer au dernier moment, quand toutes nos forces seront parties?

   La meilleure préparation, c'est une bonne vie. On meurt comme on a vécu.

   Il y en a qui se convertissent au moment de la mort; mais ce sont en général des gens de bonne volonté, qui péchaient surtout par ignorance. Ce ne sont pas des âmes qui ont calculé, et remis leur conversion au dernier mo­ment, afin de jouir des plaisirs défendus de ce monde.

 

Vivre saintement pour mourir saintement.

   Nous serons récompensés selon nos œuvres. Donc, préparons notre mort par la pratique des bonnes œuvres.

   Erreur lamentable des gens qui se rassurent en disant : " Je n'ai jamais fait de mal à personne ". Cela ne suffit pas; il faut faire du bien.

   Que ces gens écoutent leur condamnation de la bouche de Nôtre-Seigneur lui-même:

«Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, il s'assiéra sur le trône de sa gloire. Et toutes les nations étant rassemblées devant lui, il séparera les uns d'avec les autres, comme le pasteur sépare les brebis d'avec les boucs. Et il mettra les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche... S'adressant ensuite à ceux qui seront à sa gauche, il dira: Retirez-vous de moi, maudits; allez au feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges. Car j'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à manger; j'ai eu  soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ; j'étais étranger, et vous ne m'avez pas recueilli; nu, et vous ne m'avez pas vêtu; malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité. Alors eux aussi lui diront: Seigneur, quand vous avons-nous vu avoir faim ou soif, ou être étranger, ou nu, ou malade ou en prison, et ne vous avons-nous pas assisté? Et il leur répondra: En vérité,  je vous le dis, chaque fois que vous ne l'avez pas fait  à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne l'avez  pas fait. Et ceux-ci s'en iront à l'éternel supplice, et  les justes à la vie éternelle ». (S. Mat. XXV, 31)

   On voit par là que les bonnes œuvres sont nécessaires au salut, et le même enseignement nous est donné par la parabole du mauvais riche, qui va en enfer pour n'avoir pas secouru le pauvre Lazare.

   Remarquons toutefois que ce qui compte aux yeux du Seigneur, dans nos bonnes œuvres, c'est la charité, l'a­mour que nous y mettons. S'il est important de secourir les corps, il est encore bien plus important de réchauffer les cœurs. Une aumône donnée comme on jette un os à un chien ne mérite rien pour le ciel. " Au soir de cette vie, nous dit S. Jean de la Croix, on vous interrogera sur l'amour. " Du reste, c'est l'enseignement des Saints Livres.

   Préparons-nous par des prières spéciales. Faisons at­tention à celle que nous adressons si souvent à la Sainte Vierge: Priez pour nous... à l'heure de notre mort.

   La mort sera particulièrement douce à ceux qui auront eu l'habitude d'assister les mourants et de prier pour eux.

   Chaque jour, il meurt environ deux cent mille person­nes. Prions pour elles avec ferveur plusieurs fois par jour. Toutes ces âmes que nous aurons aidées, le sauront, dans la lumière de Dieu, et nous aideront quand notre tour sera venu.

   Prions spécialement la Sainte Vierge, S. Joseph, S. Mi­chel, S. Benoît, protecteurs des mourants.

   Il y a aussi des grâces spéciales, au dernier moment, pour ceux qui méditent souvent sur la passion et la mort de Nôtre-Seigneur.

   Enfin, désirons voir Dieu. Que ce désir, qui est un acte d'amour parfait, aille en grandissant dans notre âme, et celle-ci sera, à la fin, comme un beau fruit mûr, qui se détachera et tombera pour ainsi dire tout seul dans la main du Seigneur.

   Méditons plutôt sur le ciel que sur la mort: c'est bien plus utile.

   Rappelons-nous, enfin, la parole de Nôtre-Seigneur: " En vérité en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. " (S. Jean, VIII, 51)

   C'est absolument vrai, non seulement en ce sens que les âmes fidèles ne connaîtront pas la vraie mort, qui est l'enfer; mais aussi parce que, pour les âmes saintes, l'hor­reur de la mort disparaît, au moins au dernier moment; elles ne la voient pas; elles semblent ne voir que Dieu et le ciel.

   Et quel réconfort dans ces paroles de Jésus à Marthe: " Je suis la Résurrection et la Vie: celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra; et quiconque vit et croit en moi, ne mourra point pour toujours. " (S. Jean, XI, 25).

 

A suivre : Après la mort, viendra le Jugement particulier, votre jugement, y avez-vous pensé aujourd’hui, y pensez vous tous les jours ? Si vous n’y pensez pas tous les jours, vous risquez de ne pas y penser, lorsqu’elle se présentera devant vous.

Elogofioupiou.over-blog.com

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