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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 13:34

Les humbles sentiments qu'on doit avoir de soi-même…

1. Tout homme désire naturellement savoir; mais que sert la science sans la crainte de Dieu ?

Un pauvre paysan qui sert bien Dieu vaut sans doute beaucoup mieux qu'un philosophe superbe, qui, négligeant les affaires de son salut, s'occupe à consi­dérer le cours des astres.

Celui qui se connaît bien n'a que du mépris pour lui-même, et ne prend au­cun plaisir aux louanges des hommes.

Quand je saurais toutes les choses qui sont dans le monde, si je ne suis pas dans la pratique de la charité, que me servira ma science devant Dieu, qui doit me juger sur mes œuvres ?

2. Défaites-vous du trop grand désir de savoir, parce qu'il s'y rencontre beau­coup de distractions et de tromperies.

Les savants sont bien aises de paraître et de passer pour sages. Il y a cependant plusieurs choses dont la connaissance ne sert guère, ou point du tout, au salut de l'âme ; et il faut être bien insensé pour s'appliquer à d'autres choses qu'à ce qui sert à nous sauver. Ce n'est point la mul­titude des paroles qui peut rassasier l'âme ; c'est l'innocence de la vie qui met l'esprit en repos, et une conscience pure donne une grande confiance auprès de Dieu.

3. Plus vous avez de lumière touchant le bien, plus vous serez rigoureusement puni si vous n'en vivez pas plus sainte­ment.

Quelque adroit et quelque habile que vous soyez, n'en tirez donc point vanité; craignez plutôt que ces connaissances que Dieu vous a données ne vous con­damnent.

Si vous croyez savoir beaucoup de choses, et y être assez habite, songez que vous en ignorez infiniment plus que vous n'en savez.

Gardez-vous déporter votre esprit trop haut (Rom. xi, 20); mais avouez plutôt votre ignorance. Quel sujet avez-vous de vous estimer plus qu'un autre, puisqu'il y en a tant qui en savent plus que vous, et qui entendent mieux la loi de Dieu ? Si vous voulez que ce que vous appre­nez et ce que vous savez vous soit utile, prenez plaisir à être inconnu, et à n'être compté pour rien dans le monde.

4. La science la plus sublime et la plus salutaire étude est de se bien connaître et de se mépriser soi-même.

N'avoir aucune bonne opinion de soi, et estimer beaucoup les autres, c'est une grande sagesse et une haute perfection. Quand vous verriez quelqu'un tomber dans des fautes visibles, ou commettre quelques grands crimes, vous ne devriez pas pour cela vous juger meilleur que lui, parce que vous ne savez pas combien de temps vous persévérerez dans le bien.

Nous sommes tous fragiles; mais vous devez croire que personne ne l'est plus que vous.

PRATIQUE

Les sentiments de l'homme, dit l'Écriture, sont vains et inutiles s'il ne s'applique à con­naître Dieu et à l'aimer, à s'oublier et à se haïr lui-même. La foi simple et vive d'un esprit qui croit sans examiner et sans hésiter tout ce que Dieu veut que nous croyions, et qui porte le cœur à faire tout ce qu'il veut que nous fas­sions pour nous sauver, est préférable à toutes les sciences divines et humaines, qui sans cette foi vive enflent l'esprit, dessèchent le cœur, et sont inutiles au salut d'un Chrétien.

prière

Guérissez en moi, mon Sauveur, l'avidité que j'ai de tout apprendre, et la négligence que j'apporte à faire ce que je dois faire pour mon salut, puisque vous ne me jugerez pas sur ce que j'ai su, mais sur ce que j'ai fait ou manqué de faire pour me sauver.

Puis-je m'appliquer à vous bien connaître sans vous admirer et sans vous aimer ? Mais puis-je en même temps m'appliquer a me bien connaître sans me mépriser et me haïr ?

O vie abjecte, vie inconnue, vie cachée avec Jésus-Christ en Dieu, que vous êtes un excellent moyen de sanctifier et de sauver les Chrétiens ! Mais que Vous êtes peu en usage chez  les Chrétiens ! Donnez-leur, Seigneur, la connaissance et l'estime, l'amour et la pratique.  Ainsi soit-il.

 

Je supplie ce divin Maître d'étendre sur ces Pratiques la bénédiction qu'il a répandue jusqu'à présent sur l'ouvrage, afin qu'elles servent à le faire lire avec encore plus de goût et de fruit, pour sa plus grande gloire, et pour la sanctification et la consolation des âmes dévotes.  Père De Gonnelieu

Extrait de L’Imitation de Jésus-Christ (Édition 1899) CHAPITRE II

Père De Gonnelieu

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