Respect au Siège de Pierre…
Respect au vraie et saint Père Paul VI, toujours vivant…
(Le Devoir, 26 oct. 73), Un communiqué de presse en marge de l'assemblée générale des évêques du Canada, à Ottawa (22-26 oct.) dûment signé par un responsable, nous laisse pour le moins songeur !... On y trouve de brèves citations, attribuées à un « professeur de théologie de l'Université de Montréal (jésuite), qui jouit du respect et de l'estime de l'épiscopat ».
Il s'agissait d'informer les évêques canadiens sur la manière de préparer le Synode des Évêques à Rome, en octobre 1974. La dite information met en garde les évêques contre le « document préparatoire au prochain Synode Romain ». L'orateur invitait les évêques à se « libérer très largement de ce document », document qualifié de « très centralisateur. »
Par ailleurs, on sait partinemment qu'un tel document romain, ayant pour thème « l'évangélisation », est préparé par des équipes de spécialistes très variés, et sous l'œil attentif du Pape (PAUL VI) lui-même.
On n'a pas omis non plus de laisser filtrer un peu de fiel contre « la Curie Romaine ». Ce n'est pas nouveau. -Mais c'est étrange, et dans la logique des faits: un évêque a fait remarquer « qu'au niveau québécois, il faudrait réévaluer le rôle des paroisses, qui sont pour certaines d'entre elles, devenues « de petits diocèses ». Si nous transposons cette remarque, nous pouvons dire: au niveau canadien, il faudrait réévaluer le rôle des diocèses, dont quelques-uns sont devenus de « petites Romes ». Il est difficile de blâmer un curé de paroisse de se méfier de la « curie diocésaine », quand dans tel ou tel diocèse, on se « méfie de la Curie Romaine »... C'est la logique des faits. . . C'est brutal; c'est très malheureux, et très malsain pour le peuple de Dieu.
Les gens du peuple appellent cela «se mettre un doigt dans l'œil ».
Inconsciemment ou non, se rencontrent chez nous, comme dans d'autres pays, des dynamiteurs du Magistère de l'Eglise.
Notre cher Saint-Père Paul VI le disait clairement le 23 juin 1972: « Plusieurs éléments semblent viser la dissolution du Magistère ecclésiastique, entre autres la subsidiarité entendue comme autonomie; l'Église locale (ou diocésaine) voulue presque comme séparée et libre et se suffisant à elle-même. » (Oss. Rom. 7-7-72).
Autre chose ambiguë et inquiétante : le savant professeur, parlant de « l'évangélisation », dit aux évêques « qu'il y a en réalité deux Églises » : une d'avant Vatican II. ... et l'autre de Vatican III. . : Était-ce une boutade « futuriste » ? Ou une insinuation avant-gardiste ? ...
Saint Ignace de Loyola, fondateur des Jésuites, parle avec plus de pondération et de sagesse, quand il énonce la première règle de « penser avec l'Eglise » : « Laissant tout jugement propre, nous devons tenir l'esprit prêt et prompt à obéir en tout à la véritable Épouse du Christ notre Seigneur, qui est notre Sainte Mère l'Eglise hiérarchique. »
Cette élémentaire vérité catholique est encore bonne, non seulement pour tous les fils de saint Ignace, mais pour tous chrétiens, qui ont le « sens catholique ».
Combien sont plus encourageantes et plus rassurantes les nobles paroles de l'héroïque Cardinal de Pologne Wyszinski, prononcées aux heures sombres où S. S. Paul VI publia sa courageuse Encyclique HUMANAE VITAE, en 1968: « Quiconque, disait le Cardinal, voudrait défendre la discipline, la Foi, l'obéissance au Pape pourrait toujours compter sur l'adhésion unanime des évêques de Pologne. » (Cf. Mgr RUPP, Héros de l'Est, p. 24).
C'est le moment moins que jamais de jeter la méfiance, l'inquiétude, le malaise, le doute, la suspicion dans le Peuple de Dieu, sur l'entourage du Pape, sur le « ROC DE PIERRE ». Le Saint-Père vient de le rappeler avec vigueur, le 29 juin 1973:
« Notre humble et faible personne. . . est précisément chargée de transfuser en vous ce don de force, de constance, de certitude, d'impassibilité, d'impavidité qui a son image dans la stabilité du roc que Jésus a choisi comme symbole d'une réalité qu'il a mise à la base de son Eglise. C'est la vertu dont, aujourd'hui, l'Eglise a le plus besoin, alors qu'elle se trouve assaillie par tant de forces visant à l'affaiblir, à la déprimer, à la démolir, l'Eglise a besoin de la fermeté dans la foi, dans l'unité, dans l'effort apostolique, contre les infiltrations de doute, contre l'admission de pluralismes équivoques et auto-destructeurs, contre la désagrégation de la charité ecclésiale. La fermeté est le bouclier qui doit nous protéger nous-mêmes contre nos flexions intérieures, contre l'impétueuse confusion idéologique de notre monde. . . »
Ces immuables vérités, il faut les «CRIER AVEC CENT MILLE LANGUES », selon la vibrante clameur de sainte Catherine de Sienne.
Extrait de : RETOUR AU MAGISTÈRE. Mgr Joseph Louis Beaumiere (1974)
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