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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 04:32

Le Vrai catholique et le Pseudo-catholique…

Pseudo-catholiques

Les faux catholiques sont légion. Ce sont ceux qui ne voient dans le catholicisme qu'une doctrine pleine d'abstractions et de mystères, sans relation avec la vie, mais qu'il faut bien croire pour ne pas manquer le ciel.

Ce sont ceux qui ne voient dans le catholicisme qu'une morale sévère assez inadaptée à notre siècle, mais qu'il faut respecter en gros, de peur d'aller en enfer. Ce sont ceux qui ne voient dans le catholicisme que des rites un peu désuets et vides de sens, auxquels il convient de recourir  selon le minimum imposé par l'Église pour ne pas se faire regarder de travers par ses parents ou par les gens bien-pensants. Ce sont ceux qui se rendent à tous les pèlerinages, et qui recourent à tous les saints lorsqu'ils ont une grâce temporelle à obtenir, mais qui délaissent Dieu lorsque la fortune et la santé leur sourient. Ce sont ceux qui croient que le catholicisme consiste en un parti politique pour lequel on colle des affiches au moment des élections, mais nullement dans l'obli­gation de mener une vie honnête et de donner le fond de son âme à Dieu.

Ce sont ceux qui vont tous les jours à la communion mais qui n'affichent aucun souci de mettre dans leur vie plus de justice, de bonté, de charité et de dévoue­ment.

Ce sont ceux qui cherchent à tout concilier, qui accep­tent toutes les compromissions, ceux qui rêvent d'être simultanément avec le Christ et avec le monde, et qui s'arrangent pour ne pas manquer le royaume des cieux sans toutefois renoncer à celui de la terre.

Le Vrai catholique

 « C'est quelqu'un qui sait ce qu'il fait et où il va, au milieu de gens qui, pires que les bêtes brutes, ne savent pas la différence entre le bien et le mal, entre le oui et le non. Il est comme un Dieu au milieu d'un peuple d'infirmes et d'alcooliques, non pas par lui-même, mais parce qu'il s'est mis en ordre avec toute la nature en se soumettant à qui il doit se soumettre. Lui seul à la liberté entre les esclaves. » (Claudel).

« C'est un homme absorbé par le sentiment de la pré­sence de Dieu au-dedans de lui..., vivant de cette pensée que Dieu est là... au cœur de son cœur. Un homme dont la conscience est illuminée par Dieu, si bien qu'il vit dans l'impression habituelle que chacune de ses pensées, toutes les fibres de sa vie morale, tous ses motifs et tous ses désirs sont étalés devant le Tout-Puissant... Au sanctuaire de son cœur, le Christ a ses entrées libres...» (Newman). C'est un homme qui, tout en vivant en Dieu et parce qu'il vit en Dieu, vit aussi pour les autres hommes. Il se sait leur frère en humanité, et leur frère dans la grâce du Christ, au moins en espérance. Et s'il marque une prédilection pour ceux de sa famille et de son pays, il n'exclut personne de son cœur et se voudrait infini pour se dévouer à tout le monde. C'est un être qui commence, un enfant qui se forme, un adolescent qui grandit, jamais un adulte avant le ciel. Il sait qu'il doit poursuivre son achève­ment jusqu'à son dernier souffle, et qu'en lui la nature et la grâce doivent croître et s'épanouir entrelacées jusqu'au moment de l'éclosion et de la floraison éternelle.

C'est un être qui attend, un voyageur en route vers la maison du Père. Le repos parfait lui est inconnu, la quiétude complète lui est interdite. Il ne s'installe pas dans la vie présente. Il ne dit pas : Arrêtons-nous ici.

Il est essentiellement un homme de désirs... un cœur inquiet tant qu'il ne trouve pas le repos éternel en Dieu. Et pourtant il est plein d'assurance, de joie, de paix, de calme et de sérénité, car il sait où il va et « à qui il a cru ».

Le chrétien qu'anime l'espérance, est établi dès ici-bas dans une invincible sécurité.

Il est comme polarisé vers l'au-delà, vers le ciel. Là est son bien suprême : Dieu; là, sa demeure définitive; là, sa famille idéale, qui ne connaîtra plus ni deuils ni séparations. Les yeux fixés sur ce terme définitif, il passe à travers ce monde comme un voyageur.

Comme tout homme, il accomplit une tâche terrestre, le plus parfaitement possible, mais sans y voir le tout de sa vie, prêt à l'abandonner quand viendra l'heure. Ce n'est pas lui qui devient neurasthénique parce que la bourse baisse. Même les cataclysmes, les ouragans les plus redoutables, sans le trouver indif­férent, le laissent calme et serein.

Il sait que « rien ne peut le séparer du Christ » et que « tout coopère au bien de ceux qui aiment Dieu » (S. Paul). Il peut se réjouir dans les tribulations, car elles passent et le préparent à un bonheur qui ne passe pas.

Extrait de : AU LARGE – Méditations pour Étudiants. (1960)   Jean Le Presbytre

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commentaires

E
Super bon article!
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