LES ÉNIGMES DE LA VIE - Pourquoi mal agir…
Car je ne suis pas innocent. Bien rarement, je pose un acte entièrement dégagé de toute malice. Souvent, certes, je veux le bien, et cependant, je fais le mal. Je me sens libre et enchaîné, à la fois. D'où provient ce désaccord en moi ? Parfois aussi, je recherche positivement le mal ; je me complais en lui. Pourquoi ?
Je regarde les hommes qui m'entourent. Je cherche ceux qui sont exempts de toute faute, et personne n'ose se présenter. Pourquoi ?
Cependant, je sens intensément, comme tant d'autres, la joie qu'il y aurait à ne pas aggraver, par mes fautes, l'état de souffrance qui règne dans le monde, à ne semer que la joie, à n'être qu'un homme de bien.
Alors, pourquoi mal agir ?
Problèmes troublants, problèmes nullement comparables aux problèmes de géométrie qui n'ont aucune répercussion sur ma vie.
«La jeunesse angoissée tourne vers vous ses regards parce qu'elle aspire vers une synthèse intellectuelle, qui donnera un sens et un ordre à toute sa vie... Tant qu'il n'y aura pas une réponse définitive et adéquate aux questions : quel est le sens de la vie, le sens de la douleur, le sens de la mort, on gardera l'impression de voir le sol se dérober sous ses pieds.» (S.S. Pie XII, aux membres du Congrès international de la Philosophie, 21 novembre 1946)
Non, il s'agit ici de questions très personnelles et très naturelles : c'est moi qui vis ; c'est moi qui mourrai ; c'est moi qui souffre ou souffrirai ; c'est moi qui fais le mal.
C'est moi que cela regarde.
Et je consacre même la plus grande partie de mes activités à l'objet de ces problèmes soit : la vie, la mort, la souffrance et le mal ; je tâche de rester en vie ; je m'efforce de retarder l'échéance de la mort ; je fuis la souffrance et, parfois aussi, le mal.
Le problème de la vie consiste essentiellement dans la contradiction violente, incompréhensible et douloureusement sentie qui existe entre la vie telle que l'homme la désire et la vie telle qu'elle devrait être.
Ce qui distingue l'homme de l'animal, c'est précisément que la vie constitue pour lui un problème. On peut dire qu'il n'est véritablement homme que le jour où ce problème lui apparaît.
Et si j'ai assez d'esprit et de cœur, je songerai que ces problèmes se posent dans la vie de ceux qui m'entourent et que ce serait une œuvre éminemment noble d'aider les autres à les résoudre.
(A Suivre) Nous verrons dans les prochains articles comment les hommes réagissent en face de ces problèmes.
Extrait de : La Solution du Problème de la Vie. (F. Lelotte S.J.)
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