Efficacité du SAINT SCAPULAIRE…
Un évêque missionnaire, Mgr Paulding, voyageait dans une partie peu fréquentée de l'Australie intérieure. Il tomba malade en route et fut soigné avec dévouement par une pieuse veuve. Revenu à la santé, le prélat promit à sa charitable hôtesse de venir lui administrer les derniers sacrements quand elle mourrait. Plusieurs années se passèrent, lorsqu'une nuit d'automne, arriva une lettre invitant le pontife à remplir la promesse qu'il avait faite à sa bienfaitrice. En dépit de la rigueur de la saison, l'évêque se mit en route sans hésiter. Après avoir marché plusieurs jours, il arriva enfin, accablé de fatigue à la maison qu'il était venu chercher de si loin. A son grand étonnement, il trouva le logis vide. C'était au milieu de la forêt ; tandis qu'il méditait sur ce qu'il allait faire, son attention fut attirée par le bruit d'une hache. C'était un robuste bûcheron irlandais qui abattait des arbres. Il apprit de lui que la pauvre veuve s'était confessée et qu'elle était morte. L'évêque comprit que le bon Dieu l'avait envoyé pour un autre que sa bienfaitrice. Fatigué de sa longue route, il s'assit sur un tronc d'arbre et s'adressant au bûcheron, il lui dit :
« Eh bien, mon cher ami, après tout, je ne veux pas être venu ici pour rien. — Mettez vous à genoux, je vais vous confesser. » L'Irlandais s'excusa d'abord, alléguant son manque de préparation, en ajoutant ces mots : « Il y a si longtemps que je me suis confessé que je ne puis m'y résoudre. » Pour motiver son refus, il invoquait mille raisons que l’évêque combattit avec force et douceur. Finalement, la grâce triompha. Le brave bûcheron s'agenouilla et contrit, fit sa confession.
L'évêque lui fit promettre d'aller communier le dimanche suivant, et ils se séparèrent. A peine le missionnaire avait-il fait quelques pas, qu'il entendit un bruit suivi de quelques faibles gémissements. Il revint en toute hâte sur ses pas et trouva son pénitent mort, écrasé par la chute d'un arbre.
Si l'on veut savoir maintenant à quoi est due cette admirable miséricorde de Dieu, appelant ainsi un évêque à des centaines de lieues de sa résidence, dans une mauvaise saison d'automne, et par des chemins pleins de dangers et difficultés, pour ouvrir le ciel à l’âme d'un pauvre bûcheron ; c'est que cet homme portait le scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel. Qui n'admirera ici la fidélité de la sainte Vierge à tenir la promesse qu'elle a attachée à son scapulaire ! (Chroniques du Carmel de Bruxelles, avril 1893.)
En 1640, sur les frontières de la Lorraine, une escouade de soldats fut surprise par l'ennemi. Le chef, profitant de sa force, ordonna de ne pas faire quartier aux soldats de l'escouade. Tous furent impitoyablement mis à mort. Il s'en trouva cependant un, un seul qui tout en ayant été percé de plusieurs coups mortels, ne rendait pas le dernier soupir. Pour l'achever, les uns lui assenaient sur le corps et sur la tête des coups de crosse de fusil. Le voyant toujours en vie, ils redoublaient leurs coups sans pitié, quand tout à coup, le pauvre blessé leur dit, avec un calme qui les étonna : « C'est en vain que vous cherchez; à m'ôter la vie, je ne mourrai pas sans confession ; je porte le scapulaire du Carmel. » — « Pourquoi ne le disais-tu plus tôt, dit un cavalier, nous t'aurions laissé la vie. Crois-moi, fais un acte de contrition, car il n'y a pas de prêtre ici.»
« J'espère, dit le moribond, que Dieu me fera la grâce d'en trouver un. » Le protégé de Marie survécut à tant de blessures mortelles, et quoique mutilé, il se traîna comme par inspiration sur le chemin de Mets. Un prêtre conduit par la Providence, vint à passer. Le soldat fit sa confession, reçut l'absolution que son âme semblait attendre de la protection miraculeuse de la Reine du ciel. Il expira aussitôt aux pieds du prêtre, plein de foi, en paix du Seigneur. (Brocard, « Instructions sur le scapulaire», p. 275.)
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