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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 09:46

Comme le Pater et l'Ave, le Symbole des Apôtres possède une origine toute spéciale qui lui assure à nos yeux l'autorité infaillible de l'Esprit Saint. En effet, une tradition qui remonte aux origines mêmes de l'Eglise rapporte que les Apôtres, avant de se disperser pour se lancer à la conquête du monde, se réunirent pour formuler les principaux articles de foi que le Maître leur avait révélés et dont ils devaient im­poser la croyance aux hommes avant de les incorporer à l'Eglise par le baptême.

Cet événement se passa peu de temps après la Pentecôte, alors que les Apôtres étaient encore tout remplis de la lumière du Saint-Esprit.

Le Symbole des Apôtres ne contient pas explicite­ment toutes les vérités que nous sommes tenus de croire; plusieurs de ces vérités ont été éclaircies et définies par la suite, soit pour mettre fin aux hérésies, soit pour sti­muler la piété des fidèles. On peut cependant affirmer que toutes les vérités de la Révélation sont contenues au moins en germe dans le Credo composé par les Apôtres, parce que cette formule est une profession de foi aux trois grands mystères qui contiennent toute la Révéla­tion : la Sainte Trinité, l'Incarnation et la Rédemption. Le mystère de la Trinité est exprimé par les paroles suivantes : « Je crois en Dieu, le Père... et en Jésus-Christ, son Fils unique... Je crois au Saint-Esprit... »

Cette profession de foi en Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, est bien l'expression exacte du grand mystère que Dieu a bien voulu nous révéler et auquel Il nous appelle à participer en nous adoptant comme ses en­fants.

La profsssion de foi aux deux autres mystères est contenue dans la partie de la formule qui est consacrée à la personne du Fils : « Et en Jésus-Christ, son Fils unique, Notre-Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie », — c'est le mystère de l'Incarnation — , « a souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts. » Ces mots expriment le mystère de la Ré­demption et quelques dogmes qui s'y rattachent.

La formule se termine par la profession à quelques articles détaillés qui font partie du dépôt de la Révéla­tion: «l'Église sainte et catholique, la communion des Saints, la rémission des péchés, la résurrection, la vie éternelle.»

Si nous voulions expliquer le sens de chacune des paroles du Credo, il faudrait écrire plusieurs volumes. L'espace dont nous disposons ne nous permet que d'ajouter deux remarques.

D'abord, la récitation du Credo est un acte de foi, c'est-à-dire l'adhésion ferme de notre intelligence et de notre volonté à des vérités que Dieu a bien voulu nous révéler; le motif de notre croyance n'est pas l'évidence de la vérité elle-même, mais l'autorité de Dieu, qui est la Vérité infinie et qui, par conséquent, ne peut se tromper ni nous tromper.

Mais pour que cet acte soit possible, il faut que nous ayons la certitude que la vérité dont il s'agit a vraiment été révélée par Dieu. Notre-Seigneur y a pourvu en établissant l'Église, qu'il a constituée l'interprète infaillible de la vérité révélée. L'enseignement de l'Église est donc pour nous une règle absolument sûre que nous devons suivre sans crainte d'errer dans la foi. Cette na­ture de l'acte de foi est admirablement exprimée dans la formule que nous récitons tous les jours : « Je crois tout ce que la sainte Église catholique croit et enseigne, parce que c'est vous qui l'avez dit et que vous êtes la vérité même. »

En second lieu, l'acte de foi est un acte surnaturel. La foi, en effet, est la première des vertus théologales, lesquelles sont des quasi-facultés d'ordre divin, qui sont infusées dans notre âme en même temps que la grâce sanctifiante et qui nous permettent de faire des actes d'enfants de Dieu : la foi inébranlable en sa parole in­faillible, la confiance absolue en sa bonté infinie, l'amour filial envers Dieu et l'amour fraternel envers notre prochain.

Nous devrions nous servir souvent de ces facultés d'ordre divin afin de les entretenir et de les développer et parce que les actes de ces facultés sont les plus par­faits, les plus salutaires et les plus méritoires que nous puissions faire en cette vie.

Extrait de : LES PLUS BELLES PRIÈRES. Léon Lebel S. J. (1950)

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