L'homme était perdu sans ressource, si Dieu n'avait eu pitié de lui ; il avait offensé une majesté infinie et par conséquent il était incapable de réparer son péché, puisqu'il ne pouvait offrir une satisfaction égale à l'offense.
Mais, par une miséricorde toute gratuite et dont les effets sont aussi incompréhensibles que ceux de sa justice, Dieu, avant même de prononcer contre Adam l'arrêt de sa condamnation, lui donna l'espoir d'un médiateur en maudissant le serpent dont le démon s'était servi pour tromper nos premiers parents : «Je mettrai, dit-il au serpent, l'inimitié entre toi et la femme, entre ta race et la sienne ; elle t'écrasera la tête. » D'où nos premiers parents comprirent qu'il naîtrait d'eux un libérateur qui détruirait la puissance de satan.
Cette promesse ne fut exécutée qu'au bout de quatre mille ans. Dieu se réservait de la développer pendant ce long intervalle et de la réitérer avec plus de clarté et plus d'étendue. En effet, la promesse que Dieu avait faite à Adam fut confirmée dans la suite par celle qu'il fit à Abraham destiné à être la tige et le père d'un peuple tout spécialement consacré au culte de Dieu. «Sortez, lui dit le Seigneur, sortez de votre patrie, et venez dans le pays que je vous montrerai. Je ferai naître de vous un peuple nombreux et toutes les nations de la terre seront bénies en celui qui naîtra de vous.» La promesse fut renouvelée dans les mêmes termes à Isaac et à Jacob. Ce dernier, éclairé d'une lumière divine, prédit plus clairement la venue du libérateur promis dès le commencement du monde. Il en désigna le temps, lorsque étant au lit de la mort et annonçant, par l'Esprit de Dieu, à ses douze enfants assemblés ce qui devait arriver à leur postérité dans la suite des siècles, il adressa à Jacob, le quatrième de ses fils, ces paroles remarquables : «Juda, tes frères te combleront de louanges et ils se prosterneront devant toi ; le sceptre ne sortira point de Juda et il y aura toujours un chef de la race jusqu'à ce que vienne celui qui doit être envoyé et qui sera l'attente et le désiré des nations. » Ainsi se développe et s'éclaircit la promesse faite d'abord à Adam, puis à Abraham.
Le Seigneur naîtra de la famille de Juda. Le temps de son arrivée est marqué, c'est lorsque le sceptre, c'est-à-dire la prééminence, la principale autorité sera ôtée à la maison de Judas.
Trois cents ans après la mort de Jacob, Dieu, voulant délivrer son peuple du joug des Égyptiens qui l'opprimaient, suscita Moïse, qu'il remplit de son esprit et lui donna le don des miracles.
Ce saint homme ayant conduit le peuple jusqu'à l'entrée du pays qu'il devait posséder et se sentant près de mourir, assembla les Hébreux et leur renouvela les promesses de la venue d'un libérateur bien plus puissant que lui et seul capable de les introduire dans la véritable terre promise, dont celle de Chanaan n'était que la figure. Ainsi Dieu les tenait-il dans l'attente du messie promis.
Ce prophète plus grand que Moïse, sauveur de son peuple et auteur d'une nouvelle loi, médiateur d'une nouvelle alliance, devant qui Moïse lui-même doit se taire, et qui doit seul être écouté quand il commencera à parler, c'est le Sauveur du monde, dont la doctrine devait un jour éclairer l'univers et dont Dieu lui-même devait dire : «Celui-ci est mon Fils bien aimé écoutez-le.»
Jusqu'à lui, il ne devait point paraître dans tout Israël un prophète semblable à Moïse, à qui Dieu parlât face à face et qui donnât une loi à son peuple.
histoire : Un jour que Daniel répandait son âme devant le Seigneur, qu'il lui adressait des prières ferventes pour son peuple, l'ange Gabriel vint par l'ordre de Dieu vers ce prophète et l'instruisit où le Messie, qu'il appela justice ÉTERNELLE et le saint des saints, devait, selon les décrets de Dieu, paraître sur la terre, et du temps où ce Christ, promis et attendu depuis si longtemps, serait mis à mort. Il lui dit que Dieu lui accordait cette insigne faveur parce qu'il était un homme de désirs.
Extrait de : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (1860)
elogofioupiou.over-blog.com