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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 11:30

Quand la presse informa l'opinion publique de l'existence de la puissante loge maçonnique «Propaganda 2», mieux connue sous le nom de loge P2, présidée par le vénérable maître Licio Gelli, de connivence avec Michele Sindona, Roberto Calvi et Umberto Ortolani, catholiques francs-maçons tous impliqués dans le krach de la banque Ambrosiano, elle donna aussi le nom d'autres prélats qui figuraient sur la liste – déjà en circulation depuis quelques années – des cent vingt et un noms classés par ordre alphabétique avec les dates d'adhésion à l'ordre maçonnique, leurs matricules et le nom des loges. (Ce document scandaleux était paru le 2 septembre 1978 dans la revue Op du franc-maçon Mino Pecorelli.)

 

Faisant grand bruit au Vatican et ailleurs, parce que plusieurs de ces noms étaient ceux des dignitaires les plus prestigieux, une autre revue d'obédience maçonnique prit soin de publier ultérieurement une nouvelle liste d'ecclésiastiques et de laïcs dans laquelle, aux noms figurant dans le premier document, venaient s'en ajouter d'autres afin de semer la confusion entre les vrais membres et les personnalités étrangères à la maçonnerie. Les uns, les vrais affiliés, et les autres, qui n'en étaient pas, eurent beau jeu de démontrer que tout cela était infondé, que jamais ils n'avaient été affiliés à la secte.

 

Mais les vaticanistes les mieux informés savaient que le document n'était qu'à moitié faux. Du Vatican, d'abord, et de sources les plus diverses affluaient les indications sur les noms et prénoms des ecclésiastiques qui étaient sans conteste affiliés à la maçonnerie ou en étroite collaboration avec elle. Par commodité, on choisit de part et d'autre la politique du silence.

 

Le lecteur qui voudrait contrôler la vérité des faits prendra les noms indiqués dans cette liste pour les confronter à ceux de l'index des Annuaires pontificaux des années quatre-vingt-dix : au terme de cette comparaison, n'importe qui constatera que la majeure partie de ces noms a fait une magnifique carrière ecclésiastique. Plus des deux tiers

d'entre eux, assurément fort peu méritants, se retrouvent aujourd'hui aux sommets de la curie romaine: cardinal, évêque d'un diocèse prestigieux, aux commandes de quelque dicastère tout aussi prestigieux, chef de cordée du clan des ventouses collées aux bastions michelangelesques. Tout cela n'est pas plus le fruit du hasard que d'un accident du travail.

 

«Toi, Seigneur, Tu es juste ! Mais je veux quand même plaider contre Toi. Oui, je voudrais discuter avec Toi de quelques cas. Pourquoi les démarches des coupables réussissent-elles ?» (Jérémie XII, 1).

Généralement, se tenant au-dehors, l'homme demande à Dieu de se disculper de l'injustice vue dans le monde de l'Église. Mais, dès lors qu'il en fait partie, l'injustice l'enveloppe, tandis que la justice lui demande des comptes en le soumettant à un interrogatoire.

 

Au cas où un ecclésiastique non appelé voudrait faire carrière avec l'appui de cette faction, les responsables commencent par le mettre à l'épreuve, lui faisant accomplir une tournée de doctes conférences au Lions Club ou au Rotary de la région. En vérité, ces clubs sont des pépinières où se recrutent ensuite les affiliés à la maçonnerie.

 

La revue jésuite La Civiltà cattolica a montré sans l'ombre d'un doute que ces cercles, étant d'origine maçonnique, entretiennent des liens étroits avec la secte. La véracité de cette affirmation fit l'objet d'une vive polémique jusqu'au jour où le grand maître Giordano Gamberini, dans la revue maçonnique Hiram (Organe bimestriel du Grand Orient d'Italie, fondé en 1870 (Editore Erasmo)  datée du Ier février 1981, reconnut officiellement que le Rotary aussi bien que le Lions émanaient de l'organisation maçonnique et se fondaient en elle :

 

 «Melvin Jones, maître maçon de Chicago, fut l'un des fondateurs du Lions. Il en devint secrétaire général et trésorier à la fin de 1917. Pour le Lions, l'origine maçonnique est aussi évidente dans les premières armes que se donna l'association. Le Rotary avait eu des rapports presque identiques avec la maçonnerie».

 

L'année suivante précisément, en 1982, la direction du Rotary pour la Sicile et Malte fut confiée pour la première fois à un jésuite, le père Federico Weber, sans que ses supérieurs s'opposent à cette prestigieuse nomination. Il est même beaucoup de cardinaux, largement récompensés et encouragés par le frère cardinal Baggio, aujourd'hui défunt, qui s'estiment fort honorés d'être invités par les dignitaires du Rotary pour inaugurer un nouveau siège ou ouvrir l'année, histoire d'honorer de leur présence de savantes conférences et d'excellents repas.

 

                                                     * * *

 

Une prophétique confirmation nous vient du récit d'une apparition de Jésus à Padre Pio de Pietrelcina, qui en fit part à son confesseur, le père Agostino da San Marco, à Lamis, le 7 avril 1913 :

«Vendredi matin, j'étais encore au lit quand Jésus m'est apparu. Il était en piteux état et défiguré. Il m'a montré une grande multitude de clercs réguliers et séculiers, parmi lesquels se trouvaient divers dignitaires de l'Église ; les uns célébraient, les autres passaient leurs vêtements sacrés, d'autres encore les ôtaient. La vue de Jésus soucieux

m'a profondément peiné et j'ai voulu Lui demander pourquoi Il souffrait tant. Je n'ai eu aucune réponse. Il a cependant tourné Son regard vers ces prêtres ; mais peu après, presque effrayé..., Il l'a détourné pour le porter de nouveau sur moi ; horrifié, j'ai vu deux larmes couler sur Ses joues. Il S'est éloigné de cette foule de prêtres avec une profonde expression de dégoût sur le visage et S'est écrié : "Bouchers!" Se tournant vers moi, Il a ajouté : "Mon fils... l'ingratitude et le sommeil de Mes ministres rendent Mon agonie plus douloureuse... à leur indifférence s'ajoutent le mépris, l'incrédulité".

Jésus a, hélas, raison de déplorer notre ingratitude. Tant de nos malheureux frères répondent à l'amour de Jésus en se jetant dans les bras de l'infâme secte maçonnique ! Prions pour eux...»

 

C'est à la fin de 1913, soit quatre ans avant le secret de Fatima, que Jésus révéla à Padre Pio que tant de dignitaires de l'Église étaient de mèche avec la maçonnerie, ce qui n'est plus un mystère.

 

A tous ceux qui se croient importants et indispensables au gouvernement de l'Église tout en risquant d'être partie prenante à ce scandale, l'Esprit Saint a parlé par la bouche du prophète Malachie : «Maintenant, à vous, prêtres, cet avertissement. Les lèvres du prêtre gardent la connaissance et de sa bouche on recherche l'instruction, car il est messager du Seigneur. Vous, au contraire, vous vous êtes écartés du droit chemin, vous en avez fait vaciller beaucoup par votre enseignement. A mon tour, je vous rends vils et méprisables à tout le peuple» (Malachie II, 1, 7-9).

 

Jésus emploie pour ceux-là des paroles beaucoup plus dures : sur la chaire de Mon Église se sont assis quantité de scribes et de pharisiens. «Malheureux êtes-vous qui transgressez les prescriptions les plus graves des lois : la justice, la miséricorde, la fidélité. Guides aveugles, qui arrêtez au filtre le moucheron et avalez le chameau. Sépulcres blanchis» (Matthieu XXIII, 23-24). Tiens-Toi à distance, Seigneur, de ceux qui s'accommodent des protecteurs dans Ton Église et Te font faire leur volonté sur la terre comme au ciel. Et ils répètent à tous pour les convaincre : «Temple du Seigneur, temple du Seigneur, temple du Seigneur, par ici !» (Jérémie VII, 4).

 

Les erreurs commises dans ces milieux ecclésiastiques du passé au présent, sans entamer la sainteté de l'Église, sont l'écot à payer pour l'immense privilège de tous ceux qui sont admis à goûter au sang rédempteur du Christ. Nous sommes coupables de négligence pour avoir laissé l'amour à la merci des négateurs, des blasphémateurs et des profanateurs, quels qu'ils soient : par notre faute, nous avons laissé l'amour s'ankyloser, l'enfermant dans le congélateur des froids calculs du pouvoir d'ici bas.

 

A la veille de l'an 2000, alors que les préparatifs de l'année du jubilé battent leur plein, sur la table de l'Église, dans les salles les plus secrètes du Vatican, les deux grandes forces, celle de la Lumière et celle des Ténèbres, se livrent une partie d'échecs en présence de tous et sous les feux de la rampe : et il n'est pas dit que la victoire temporaire de Satan ne puisse faire échec au Christ du vendredi saint sur le calvaire !

 

Jésus n'a pas promis à Son Église qu'elle détruirait tous Ses adversaires, mais qu'elle ne saurait être détruite par aucun d'entre eux.

 

Extrait de : LE VATICAN MIS À NU  (Robert Laffont 2000)

 

 

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