Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 15:33

RELATIVITÉ ET COMPENSATION DE NOS ÉTATS D'ÂME

CHAPITRE II LA LOI DES COMPENSATIONS

La vie de l'âme est comparable aux mouve­ments d'une balance dont les plateaux ont la ten­dance de s'équilibrer.

 

Le corps compense la phase de désassimilation par la phase d'assimilation. Analogique­ment, la vie de l'âme consiste à maintenir une somme d'énergie spirituelle à peu près constante en compensant les peines par les joies. Dans l'âme comme dans le corps, il existe un mysté­rieux pouvoir de régulation. Certes, ce pouvoir peut être déréglé ; et ce qui entraînera la ruine des deux, et de l'âme et du corps.

 

I. — Si l'on envisage le désir et son assouvisse­ment à la lumière de la loi de compensation, on constate que la peine et la joie entrent dans la composition du désir autant que dans celle de l'assouvissement. En effet, le désir rend l'âme aveugle par la passion, l’ignorance etc. Il vaut en soi et par soi. Il possède en esprit. Il développe la vie de l'esprit et joue un rôle pré­pondérant dans l'équilibre humain, car ce qui est désir d'un objet, c'est-à-dire possible pour le corps, est un fait réel pour l'âme. L'objet s'épa­nouit dans l'âme, sous toutes ses formes, que la satisfaction supprimera, — sauf une : l'apport sensible. Le désir se meut librement, excite l'imagination et donne l'impression d'une énergie déployée, — ce qui n'est pas une illusion ! Tout cela, c'est le côté positif du désir.

 

Mais le désir est fait aussi d'une impression de « manque», en tant qu'il n'est pas « satisfait » : les sensations sont absentes. La présence sensi­ble d'un objet semble donner plus que son absence parce que, pour l'homme charnel, la sensation est la valeur suprême ; d'où l'impres­sion d'insatisfaction. Ce qui constitue son côté négatif.

 

L'assouvissement est fait de la disparition du « manque », l'impression d'une plénitude, ce qui constitue son côté positif. Il est fait aussi de la détente de l'imagination ; la vie intérieure s'ef­face devant l'action. La victoire est un point mort pour l'âme. Elle s'aperçoit que la peine qu'elle a prise pour arriver à la satisfaction était plus sti­mulante que la satisfaction elle-même. Et ceci constitue son côté négatif. Il est juste le vers de Soulary : « Tout bonheur que la main n'atteint pas n'est qu'un rêve », à condition d'ajouter que le bonheur que la main atteint est moins qu'un rêve...

 

Ce qui est certain, c'est que, dans les deux cas (désir et satisfaction) le plaisir enveloppe la peine et la peine enveloppe le plaisir : il y a com­pensation.

 

La satisfaction, à partir d'un certain degré, devient satiété. Le désir, à partir d'un certain de­gré, devient souffrance. Et on peut dire qu'ils se compensent dans l'espace et dans le temps : si le désir se prolonge et son côté besoin et souffrance augmente, la jouissance de, la satisfaction aug­mentera dans la même mesure. Si donc le côté négatif a dominé le désir, le côté positif domi­nera la satisfaction. Plus la résistance sera forte et plus le plaisir sera grand : compensation.

 

Sans la notion de résistance le désir ne pour­rait même pas se formuler. En un monde abso­lument passif et maniable il n'y aurait ni désir ni, par conséquent, satisfaction. Nous agissons et nous jouissons dans la mesure où le monde nous résiste. C'est bien cette résistance qui provoque en nous la joie du triomphe. Bénissons les obsta­cles ! Plus ils sont grands et plus elle est grande, la satisfaction d'atteindre le but poursuivi. Bien sûr, les deux phases se compensent, mais au moins on se sent vivre intensément : la con­science s'arrache au sommeil !

 

Si la pente des désirs de l'homme suivait le cours des choses, sa conscience ne se serait pas réveillée.

 

L'esprit ne s'élève que contraint de toutes parts, comme le projectile dans la gueule du canon.

 

Les hommes d'aujourd'hui qui désirent arri­ver le plus vite possible et au plus bas prix à une situation qui permette toutes les joies, ne con­naissent aucune joie véritable et aucune réalisa­tion profonde d'eux-mêmes. Dans la mesure où ils réduisent leurs peines, ils réduisent aussi leurs joies, — et ils s'endorment !... La vitesse et la facilité sont causes de notre médiocrité.

 

Le désir auquel on ne donne pas le temps de mûrir nous a rendus mous, lâches et sots, sans défail­lance... Êtres de grisaille. Meurtriers du jour ayant étranglé la nuit (compensation).

 

La recherche du plaisir immédiat se fonde sur une grave erreur, — en ignorant la loi de com­pensation : en voulant éviter tout ce qui restreint le plaisir, elle tue le plaisir.

 

Mais l'hédonisme, en général, ne peut consti­tuer un idéal ; même dans « le vivre dangereuse­ment » : si l'on étend la gamme des joies, on étend, dans la même mesure, la gamme des, ris­ques et des peines. De toutes manières, l'hédo­nisme — médiocre ou intense — n'est pas une montée, mais un cercle.

 

Chemin de ronde sur le bord d'une tour aux pierres glissantes. Tout s'annule. La passion de jouissance engendre chaque fois et automatique­ment son négatif. Un battement fait osciller la vie affective entre deux pôles compensateurs. Équilibre de l'âme. Comme celui du corps. Les pertes sont compensées par des gains et les gains par d'autres pertes, indéfiniment...

 

C'est de la confusion entre l'hédonisme circu­laire et la perfection verticale que meurent toutes les civilisations.

 

Le cercle devient vite un tourbillon descen­dant...

 

                                                                ***

II. — Nous allons observer la même loi de compensation à un autre point de vue. Il existe, entre les hommes, une égalité invisible. Elle est d'ordre affectif. C'est la seule ; car elle n'existe, et n'existera jamais ni sur le plan matériel ni sur le plan spirituel.

 

L'homme peut déplacer son centre d'intérêt, dans sa sensibilité, son émotivité, sa spiritualité. On distingue ainsi trois types d'hommes à ten­dances sensuelles, passionnelles et spirituelles. Ce que l'on gagne dans l'une on le perd dans les deux autres. On ne peut jouer sa vie — et avec la même intensité — dans toutes les directions à la fois.

 

a) La tendance à vivre en surface diminue les deux autres. Nous l'avons vu, elle domine aujourd'hui : impressions sans lien, trépidation, déroulement hallucinant. Exaspération des sens sollicités, affolés. Baisse inexorable de l'émotivité et de la spiritualité. Le moi quitte sa zone centrale, se relâche, se cristallise en des perles qui s'éparpillent. Les impressions sensibles qui se succèdent rapidement se neutralisent les unes les autres, ne peuvent se prolonger en retentisse­ments profonds. Les émotions sont faibles. Quant à la spiritualité, elle s'assoupit. Ce que l'on donne au corps on le retire à l'âme. Personne n'obtient quelque chose pour rien : point de gains sans pertes. Prospérité sensuelle va de pair avec disette spirituelle. D'où la torpeur des mas­ses contemporaines. Certes, cette attitude dimi­nue l'aptitude à la souffrance : plus de déses­poirs romantiques, ni de drames de conscience.

 

Mais elle réduit dans la même mesure, sa puis­sance affective du côté de la joie   (Ceux qui ont connu les explosions de joie de la jeunesse du Quartier Latin, avant la guerre de 1914 et retrouvent dans le même Quartier les visages atones de la jeunesse actuelle se rendent compte de cette vérité. Et en allant plus loin dans le passé on s'imagine ce que devait être la vie du « second Paris », en son sous-sol : le déchaînement des passions, les jouissances vives, la franche gaîté des truands !).

b) L'attitude passionnelle (âmes tropicales : journées chaudes et nuits glacées) s'élève à des sommets que les autres ne peuvent atteindre. Mais la hauteur de leur exaltation est l'exacte mesure de leur désolation : on ne peut se faire du mal en tombant que si l'on est monté très haut : compensation. Le besoin d'absolu dirigé vers la créature débouche dans la nuit. Les inef­fables transports vont au devant des réveils désespérés : cathédrales qui s'enfoncent à me­sure qu'on les bâtit.

 

Nous avons affaire ici à une attitude anxieuse parce que aucune chose ni aucun être ne peut la satisfaire. On ne peut posséder une passion, elle vous possède ; elle ne saurait être une esclave ; elle est un maître. Adieu notre liberté !

 

Cependant les éblouissements de la vie pas­sionnelle valent toute une vie en veilleuse. Les vies s'équivalent, non en longueur, mais en intensité.

 

Celui qui cherche la sécurité vit médiocre­ment. Celui qui cherche la vie intense vit sans sécurité : compensation.

 

Les âmes passionnelles assistent parfois impuissantes à la ruine de leurs mirages. Elles ont assisté avec des yeux émerveillés à leur échafaudage : leurs probabilités de joies et de peines se compensent.

 

c) Du point de vue affectif l'attitude spiri­tuelle ne vaut pas plus que les autres. Trois degrés : l'artiste, le sage, le saint.

 

Celui qui se donne entièrement à son art con­naît les affres de l'enfantement. Mais quelle joie exultante après la délivrance ! Douceur sans pareil, « de source sur la mousse »... Il réussit sa vie en un sens que l'homme qui fait de son art son serviteur, ignore. Celui-là s'est vidé de lui-même, à mesure qu'il a rempli son coffre : compensation...

 

Pour le sage, ce que la vie affective gagne en durée, elle le perd en violence. Fini le brasier des passions ! Comme les voiles de navires gon­flées et fouettées par le vent du large et qui lais­sent tomber leurs ailes en entrant dans le port. Le sage « change en marche les sauts brusques de la vie ». Il sait que le plaisir est ascension entre deux chutes et que les chutes mesurent l'ascension. Et la vie se venge de tant de ma­nières d'être ainsi dévoilée ! Elle sent le besoin de persécuter et maltraiter même ceux qui — comme un Socrate — se suffisent à eux-mêmes et qui connaissent par là des joies qu'elle ignore. Persécution, ou inadaptation à la vie qui l'en­toure, — largement compensées chez le Sage par sa vie intérieure.

 

Pour atteindre la joie stable, la joie si diffi­cile au commun des mortels, pour parvenir à la racine même du Réel, les Saints subissent les terribles « nuits obscures », le lent et pénible dépouillement de tout ce qui n'est pas le Moi profond. Les trois détachements. Les trois lourdes ancres jetées dans la chair : l'argent, le sexe et l'âpre goût de conquêtes.

 

Pour parvenir à l'extase béatifique, le Saint doit balayer en son âme tout ce qui vient de ses sens, de ses affections, de ses pensées. Travail titanesque ! Donc, compensation.

 

Il y a donc une admirable loi de compensation grâce à laquelle on ne peut accéder à la plus haute béatitude sans passer par la porte étroite de l'ascèse et de l'humilité ; ce qui semble rebu­tant à nos intellectuels du type Sartre lesquels, ayant choisi la porte large de la facilité, ne peuvent aboutir qu'à l'angoisse : inéluctable compensation...

 

Par conséquent, pour l'homme qui attend tout du dehors autant que pour celui qui se replie sur lui-même et dont les nuances constituent les trois types d'existence (sensuelle, passionnelle et spirituelle) les probabilités de joies ne sont pas plus grandes que celles des peines. Au point de vue affectif, les êtres ne sont pas différenciés : chaque état d'âme a son compensateur. Dès que le battant de la cloche se met en marche, il atteint inexorablement les deux parois. Il n'y a pas de supériorité d'ordre euphorique : l'envie est un sentiment absurde !

 

Le vieux dicton « il n'y a pas de rosés sans épines » prend ici des proportions universelles...

 

Si l'homme est convaincu que des profits dans une direction entraînent des pertes dans d'autres, qu'il n'obtient jamais rien si ce n'est moyennant quelque chose, il parvient à l'« equa anima », à «l'indifférence sacrée» ( L'expression est de Saint François de Saies.), envers le succès temporel.

 

Il échappe à l'irréel, à la recherche d'une situation qui éviterait toutes les peines ; à la fuite perpétuelle vers l'avenir, en s'instal­lant dans la place qu'il occupe, en évaluant avec justesse les joies qu'elles comporte. Il s'éva­dera ainsi du tourbillon des mirages renaissants et pourra enfin s'interroger sur la valeur spiri­tuelle de ses actes.

 

Alors il pourra remplacer l'illusion du mieux-être par la recherche du plus être.

 

Il comprendra que les moyens de vivre sont moins importants que les raisons de vivre.

 

A SUIVRE

 

Extrait de : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR   Œuvre de Paul Scortesco  (1960)

 

Message important  pour ceux qui se servent de mes articles pour alimenter leur blog. Je leur demande d’avoir l’honnêteté d’en indiquer la provenance, soit mon blog. Elogofioupiou.over-blog.com 

 

J’ai choisi se nom spécialement pour avoir un nom UNIQUE, pour une cause aussi spéciale que celle de la survie du Pape Paul VI. 

 

Le pape Paul VI est le véritable successeur légitime de N.S J.-Christ. Il a 117 ans et puis après, Dieu a tous le temps pour exaucer nos prières. 

 

Il doit bientôt sortir de son exil, pour dénoncer les imposteurs qui dirigent cette fausse église depuis le 29 juin 1972.

 

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

L
bonjour,<br /> SS PAUL VI 117 ANS ET NON 127.<br /> SALUTATIONS.
Répondre
C
juste une petite erreur s'est glissée dans l'âge du Pape Paul VI c'est 117 ans et non 127(ce qui est déjà beaucoup!)
Répondre