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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 19:50

 

On pense inévitablement à la guerre que, depuis une vingtaine d'années, tantôt sournoisement, tantôt effrontément, un pseudo pluralisme, badigeonné d'oecuménis­me, mène contre l'intégrité catholique de nos écoles, avec la complicité de « théologiens » prétendument « catholiques ».

 

4. La kénose du Seigneur (cf. Ph 2: 6). — Ici, la TOB imagine que le Christ aurait pu « considérer comme une proie à saisir d'être l'égal de Dieu » ! Sa note a les allures de la « science » exégétique, pourvu qu'on accepte sa contradictoire et irrecevable traduction. Précisément parce qu'il est « de condition divine » (et c'est dans la TOB), le Seigneur Jésus sait qu'il est Dieu; il l'a dit maintes fois durant sa vie publique; il l'a même insinué dès l'âge de 12 ans (Le 2: 49). Paul n'ignore rien de cela. Comment aurait-il pu attribuer au Christ l'idée de s'emparer de la divinité? Quelle logique suivent nos 120 « savants » traducteurs, surtout les « catholiques »?

 

5. La condition  de la sainteté (cf. 1 Thess 4: 4). — Selon la TOB, il faudrait « prendre femme pour vivre dans l'honneur et la sainteté ». Et prendre mari, sans doute aussi. Deux mots grecs, dans le verset en cause, présentent une certaine difficulté. Raison de plus pour les traduire comme l'Église l'a toujours fait, conformément d'ailleurs, et sans aide « tobiblique », à la pensée de saint Paul (cf. 1 Cor 7:8), écho de l'Évangile (cf. Mt 19:11-12), et à la pratique comme à la doctrine spirituelles de tous les siècles chrétiens (cf. Pie XII, encyclique Sacra Virginitas, 25 mars 1954).

 

Même en admettant qu'il s'agit de « prendre femme » et en renvoyant à 1 Cor 1:2; même avec la glose de la TOB (qui aurait pu, alors, utiliser une remarque — discutable — de Zerwick, Analysis philologica Novi Testamenti graeci, à l'occasion de 1 Thess 4: 4), comment excuser nos « experts » a) d'avoir ajouté deux mots — « pour vivre » — étrangers à notre passage et b) de n'avoir pas vu, comme cela peut sauter aux yeux d'un collégien, que les datifs « statiques » de la fin du verset interdisent le « mouvement » supposé par leur falsification?

 

Conclusion

 

Terminons par la référence à l'article que le prêtre ortho­doxe Alexandre Troubnikov a signé dans Itinéraires de décem­bre 1979. La mauvaise traduction d'Is 7: 14 suffit à discréditer toute la TOB, déclare l'auteur. Mais alors, à quelle sorte d'oecuménisme s'adonnent nos « savants... catholiques », si leur science aboutit à dresser contre leurs inventions les dissidents les moins éloignés de la Rome infaillible?

Même en « circuit fermé » parmi les « experts », la TOB sem­ble mal défendable, dans la mesure où leur « expertise » ne les empêche pas soit de gober les falsifications et imprécisions critiquées ici (cf. Nil Guillemette, Introduction à la lecture du Nouveau Testament, Paris, Cerf, 1980, pp. 308, 336, pour 1 Thess 4: 4; Étienne Charpentier, Pour lire le Nouveau Testa­ment, Cerf, 1981, p. 74, sur Mt 16: 18), soit — comme tel « spé­cialiste » en christologie — de proposer à tout catholique de « mourir à son identité confessionnelle pour retrouver l'unité des chrétiens ». On pense inévitablement à la guerre que, depuis une vingtaine d'années, tantôt sournoisement, tantôt effrontément, un pseudo-pluralisme, badigeonné d'oecuménis­me, mène contre l'intégrité catholique de nos écoles, avec la complicité de « théologiens » prétendument « catholiques ».

 

Au siècle dernier, quelqu'un eut raison d'écrire que Le libéralisme est un péché. N'y a-t-il pas lieu de reconnaître dans la frénésie « oecumaniaque » (comme on dit aux États-Unis), un avatar du libéralisme? Et dans la TOB une des expressions les plus subtilement corrosives de ce péché? Allez ensuite absoudre sans pénitence les clercs catholiques de toute robe (si l'on peut parler ainsi), congrégation, fonction ou dignité (surtout épiscopale) qui offrent à un peuple nullement ou peu immunisé, mais affamé du vrai pain de la Parole de Dieu, cette pâte empoisonnée!

 

Mise en garde générale. — Nous avons le regret et d'abord le devoir d'attirer l'attention de nos lecteurs et amis sur l'abus que « tout le monde », aujourd'hui, avec ou sans compétence théologique, fait de la Bible, n'importe où et à propos de n'importe quoi.

 

Personne ne doute que chacun doit connaître de son mieux et goûter, dans l'Ancien et le Nouveau Testament, la Parole même de Dieu; car sans elle, nul ne peut parvenir à la plénitude de la vérité concernant l'origine, le sens et le but de la vie humaine.

 

Mais on ne lit pas la Bible comme on lit le journal du matin ou du soir. Voici pourquoi (et relisez, au besoin, Actes 8: 26-40).

 

1. La rédaction des 73 « livres » de la sainte Écriture s'étend sur dix siècles environ.

 

2. On y rencontre à peu près tous les « genres littéraires » , que le premier venu ne réussit pas d'emblée à identifier: récits histo­riques, contes, allégories, discours, recueils de pensées, poèmes, prophéties, codes de lois...

 

3. L'explication « littérale » (conforme au sens immédiat des mots) et, à plus forte raison, « plénière » (égale, si possible, à la pensée totale) des livres et d'une multitude de passages bibliques exige une somme inépuisée de connaissances linguistiques, histo­riques, culturelles, religieuses, politiques et autres, dont l'acquisi­tion mobilise toute l'activité de nombreux spécialistes et suppose leur intelligente collaboration.

 

4. Il s'agit, surtout, de livres « inspirés »: ayant Dieu pour auteur principal. L'interprétation de la Parole divine, nécessaire­ment mystérieuse, réclame une compétence ou autorité dont le Seigneur Jésus lui-même, Verbe incarné, doit avoir et a, de fait, confié le privilège ou « charisme » à Pierre et à ses successeurs.

 

En conséquence, nous prions nos lecteurs et amis de refuser crédit ou confiance

- à une citation de l'Écriture dont ils ne peuvent repérer l'équivalent certain dans une bible approuvée par qui de droit;

- à un commentaire qui paraît s'écarter de celui auquel s'attache la tradition catholique de l'Église romaine, dont le Catéchisme du concile de Trente demeure l'insurpassable résumé.

 

De cette manière seulement, ils auront l'assurance d'adhé­rer à la pure vérité, de favoriser la compréhension entre les hommes et de hâter leur réconciliation d'esprit et de coeur au sein de l'unique peuple de l'unique Dieu. — La Fraternité mariale du Canada, qui patronna l'étude du Père Marie-Joseph D’Anjou S.J.), sous le pseudonyme d’Antoine Derome.

 

Fin.

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

 

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