I. LE COURONNEMENT D'ÉPINES.
Voici quelques années que l'on a propagé, en France, la relation d'un membre du clergé qui se serait trouvé avec le pape Paul VI au moment où entrant dans son cabinet de travail, il aurait dit, en désignant l'abondant courrier qui se trouvait sur son bureau : ce sont là autant d'épines !
Paul VI, chacun le sait, mène une vie de martyr, et l'Église, Corps mystique, est couronnée d'épines en sa personne. On pense que parfois le Concile fut pour lui un Calvaire, ne serait-ce que lorsqu'il apprit qu'un texte sur la collégialité avait été volontairement entaché d'ambiguïté afin, plus tard, d'être exploité contre la suprématie du Saint-Siège. On dit qu'il pleura. (Vu et entendu au Concile, Carlo Falconi)
II serait certainement possible d'établir une longue suite d'épines faites des heurts, des vexations et des désobéissances dont il a été la victime. Arrêtons-nous simplement au catéchisme hollandais, dont Rome releva vainement les points d'hérésie, afin qu'ils soient l'objet d'amendements, et mentionnons la façon dont certaines conférences épiscopales accueillirent son encyclique Humanae Vitae.
En 1965, le Pape ne put s'empêcher de confier ses souffrances au monde, parlant des épines profondes et quotidiennes pour le cœur des pasteurs de l'Église et pour le sien propre, disant même que parfois ses peines avaient le goût de l'agonie (Audience générale du mercredi 17 février). Quelques mois plus tard (audience du 14 juillet), il disait combien les clés de saint Pierre sont lourdes à porter et plus lourdes encore à manier. Plus récemment, le 21 juin 1972, il avait l'humilité et le courage de redire au monde sa souffrance.
(A suivre)
Extrait de : MARIE ET LA GRANDE HÉRÉSIE,
Guy Le Rumeur (1974)
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