Le prêtre qui me raconta cette petite histoire, n'était pas né dans une famille chrétienne. Comme ses parents militants communistes, il était convaincu que la religion est "l'opium du peuple". Mais il fut, pendant l'exode de 1939-1940, hébergé par des religieuses. Il tâcha donc de guérir ces femmes de ce qu'il jugeait être leur "fanatisme". Et, vite à court d'arguments, il leur emprunta l'Évangile pour en comprendre les "méfaits" !
Il avait environ vingt ans.
Il se mit à lire, avec le mauvais œil. Comment ces femmes, qu'il voyait si bonnes, si heureuses, pouvaient-elles être à ce point trompées par ce petit livre que détestaient tous les siens?
« Un beau soir, me disait-il, tout en lisant, j'ai eu mon chemin de Damas. La Vérité était là, dans ce livre, devant moi. J'étais chrétien!»
Le lendemain, il annonçait aux religieuses qu'il voulait devenir prêtre. On comprend le parcours catholique qui l'attendait.
Renié par sa famille, il ne revit jamais ses parents. Et l'évêque qui consentit à l'ordonner voulut que lui, fils d'ouvrier, se fasse prêtre ouvrier. « Non, répondit-il, je ne veux pas être l'homme d'une classe, mais le prêtre de tous!».
Et il devint vicaire d'une paroisse de la région parisienne, où il baptisait les petits enfants, sans toujours bien comprendre qu'on n'attendit pas qu'ils soient en âge de décider eux-mêmes...
«Mais un jour, me dit-il, j'ai rencontré un jeune papa, dont j'avais baptisé le premier bébé, et qui m'avait invité à dîner. Et devant moi, le père coucha le bébé, pris sa petite menotte dans sa main, lui fit faire le signe de la croix, et sa prière... "Bon Jésus, bénissez-moi, protégez mon sommeil, bénissez papa et maman, monsieur l'abbé, et tous ceux que j'aime. Bonne Sainte Vierge bénissez nous ". Surpris, presque scandalisé, je ne puis m'empêcher de dire: "Mais, Monsieur, à quoi bon ? Vous voyez bien que ce bébé de quelques mois ne peut pas comprendre ce que vous dites ! " Et le père me répondit : Mais quand je lui montre sa Mère en lui disant maman, et moi papa, croyez-vous qu’il comprenne tout ce qu'implique la maternité et la paternité ? Pourtant il faut bien qu'il connaisse ses parents ! Et n'est-il pas plus important encore qu'il connaisse les noms de Jésus et de Marie, avant même de savoir parler? ».
«Cette réponse si simple et si évidente, continuait ce prêtre, m'a cloué sur place et bouleversé, moi qui n'avait pas eu la chance de naître dans un foyer chrétien, et dont l'enfance et la jeunesse avaient été gavées de la haine de l'Église et du nom chrétien. Ce jour-là, j'ai été catéchisé par un jeune père de famille; et depuis, je raconte ce petit fait à tous les parents lorsque je baptise leurs enfants, pour qu'ils comprennent leur devoir d'enfanter leurs petits à la vie surnaturelle après leur avoir donné la vie d'ici-bas. »
Tel est bien le premier devoir des parents chrétiens. Premier dans le temps. Préalable à tout autre, car la petite enfance leur est confiée, bien avant même que l'Église, par ses prêtres, ne lui apporte sa catéchèse et ses sacrements.
Je m’excuse, car je ne me souviens plus de la provenance de ce texte. Aurait-il été mieux de l’oublier tout simplement, à cause du manque de cette information? Je ne pense pas. G. G
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