Que nous dit la sainte héroïne ? Que demande-t-elle de nous ? Son admirable vie, ses exemples le proclament bien haut. Quatre moyens d'action principaux sont devenus pour elle des moyens de salut : la prière, la vie chrétienne, le courage, la souffrance.
10 La prière.
Partout, et pour ainsi dire toujours, on la trouvait priant, non seulement dans les lieux où se passa son enfance et dans l'humble église de son village, mais plus tard dans les demeures qui l'abritaient, dans les sanctuaires qu'elle visitait, au milieu des champs de bataille, avant, pendant et après l'action. Son étendard, resplendissant des deux noms sacrés : Jésus ! Marie ! était une prière perpétuelle, un appel incessant à l'intervention divine ; au conseil, on la surprenait récitant silencieusement son chapelet. Et elle voulait qu'on priât avec elle. Elle entraînait les soldats, le peuple à la prière. Ainsi veut-elle nous y entraîner à notre tour, n'en doutons pas. Nous pouvons bien peu par nous-mêmes, et nos meilleurs alliés sont au ciel : voilà la double persuasion dont elle cherche à nous convaincre.
Prions donc, prions ! Adressons-nous au Sacré-Cœur de Jésus, à la Vierge Marie, Reine de notre chère France, à sainte Geneviève, à sainte Clotilde, à saint Louis, les grands saints fondateurs de notre Patrie. Prions dans nos maisons avec nos proches et nos enfants, dans nos églises avec nos voisins et nos concitoyens.
Faisons assaut, faisons violence au ciel et que l'invocation : « Sainte Jeanne d'Arc, priez pour nous ! » soit par-dessus tout le refrain, la redite sacrée de notre détresse et de notre espérance.
2° La vie chrétienne ! Sainte Jeanne d'Arc s'y est montrée scrupuleusement fidèle, et elle en a ramené la pratique au milieu d'un peuple qui l'oubliait. Plus de blasphèmes, plus de mœurs dissolues et d'occasions de péché, mais le retour au respect des lois de l'Eglise, la sainte messe, la confession, les Pâques, la sainte communion, elle a tout obtenu de ces hommes qui la regardaient comme leur modèle et leur guide.
3° Le courage, l'action, c'est la troisième condition nécessaire. Sainte Jeanne d’Arc assurément nous en offre un parfait modèle. Ce qu'il lui en a coûté pour suivre l'appel de Dieu, sa vie est là qui le proclame. Si quelqu'un a payé de sa personne, c'est bien elle, et certes, elle a pu dire en toute vérité qu'avant d'être à l'honneur, son étendard avait été à la peine ; elle a pu prendre pour devise de sa vie la fière parole : Vive labeur !
4° La souffrance enfin, la souffrance personnelle ; il faut le plus souvent aller jusque-là quand il s'agit de fautes à réparer, d'expiations à présenter pour les coupables. Le Christ a sauvé le monde par sa passion et par sa mort ; Sainte Jeanne d'Arc a marché derrière lui pour sauver la France. Vaincue, prisonnière et martyre, elle a plus obtenu par ses revers que par ses succès. Ceux-ci ont commencé, ceux-là ont achevé la victoire.
Sachons souffrir ; n'hésitons pas à donner à notre Dieu ce suprême témoignage d'attachement, et sa Providence, qui reste après tout, la grande maîtresse des destinées humaines, saura bien trouver les moyens de secourir ceux qui se seront abandonnés à sa conduite. Mgr De Bonfils
Que les jeunes chrétiennes adressent avec ferveur à Sainte Jeanne d’Arc, la prière suivante :
« O Sainte Jeanne d’Arc, ma sœur, je viens à vos pieds vous prier, mais aussi vous contempler. Vous contempler, parce que vous êtes bien le modèle que je veux imiter, l'idéal que je veux poursuivre.
Vous fûtes une vierge et un soldat. Une vierge, n'est-ce pas ce que je dois et ce que je veux être ? Vierge gardant mon cœur « blanc comme un lis, » pur comme le Ciel ; vierge protégeant ma vertu par l'amour de Dieu et la défiance des hommes, dans la prière et sous la cuirasse de ma vigilance ; vierge portant avec moi le parfum de la bonté pour tous, de l'amabilité avec mon entourage, de la docilité envers mes parents et mes supérieurs.
Vous fûtes et je veux être avec vous un soldat aussi, car toute vierge aujourd'hui doit être le soldat de Dieu...
Acceptez-moi dans votre compagnie comme une sœur aimante, ainsi qu'autrefois vous avez enrôlé vos frères sous votre étendard. Apprenez-moi à combattre, c'est-à-dire à être forte, à mépriser mes aises, à vivre de sacrifices, à me donner aux œuvres les plus nécessaires ou les mieux proportionnées à mes ressources et à mes aptitudes. Je vous en prie, donc, ô Sainte Jeanne d’Arc, faites de moi une âme pure et vaillante, donnez-moi l'amour de Dieu et du Christ, le goût pour la prière, la fidélité inébranlable à la voix de la Providence, et que mes jours se consument comme sur un bûcher dans les ardeurs du dévouement et les flammes de la charité. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. » Ainsi soit-il.
Inspiré de : Lectures méditées (1933)
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