Méditons l'excellence et les beautés du pater.
C'est Jésus, la sagesse éternelle du Père, qui a composé l'oraison dominicale. Vous devez donc croire que jamais il n'en sera fait de plus excellente ni de plus parfaite. Elle est en même temps la première prière liturgique et officielle qu'il y ait eu dans l'Église, et jamais elle ne cessera d'être dans la bouche et dans le cœur de ceux qui croiront en moi. Mes apôtres m'ayant demandé de leur enseigner à prier, je (Jésus) leur ai donné cette formule, non pour eux seulement, mais pour tous les enfants de mon Eglise jusqu'à la fin des siècles.
De plus, elle est complète : c'est-à-dire qu'elle renferme sommairement et en abrégé tout ce qu'il est possible et utile de demander à Dieu, car mes apôtres ne voulaient pas une formule quelconque de prière ; ils désiraient que je leur apprisse à remplir le devoir de la prière dans toute son étendue, et j'ai répondu à ce désir.
Maintenant considérez attentivement les beautés du Pater.
Vous commencez par donner à Dieu le titre de père. On peut lui donner des milliers de titres ; on peut l'appeler Seigneur, Maître, Créateur, Tout-Puissant, etc. ; mais le titre de Père est tout à la fois le plus beau, le plus glorieux pour Dieu, le plus propre à toucher son cœur et le plus consolant pour les créatures.
Ce titre est le plus beau ; il est autant supérieur à celui de roi que la qualité de fils l'emporte sur celle de sujet. On honore un roi en disant qu'il est le père de tous ses sujets ; mais on ferait presque injure à un père que l'on représenterait comme un monarque au sein de sa famille.
Le titre de père est le plus glorieux pour Dieu, parce qu'il exprime mieux que tout autre sa bonté, sa miséricorde, la tendresse de son cœur pour ses créatures, perfections ineffables, dont il aime de préférence à se glorifier.
Il est le plus propre à toucher son cœur, parce qu'il l'oblige à regarder les hommes comme des enfants qui ont droit à tout l'amour dont peut être animé le cœur d'un père infiniment bon.
Par là même ce titre est le plus consolant pour les créatures : car si, en récitant l'Oraison dominicale, elles acceptent de tout cœur la qualité d'enfants de Dieu qui leur est donnée, elles ne peuvent douter que ce Dieu qui consent à être appelé père, ne veuille accueillir avec amour ceux qui lui donnent ce titre et leur accorder ce qu'ils lui demandent. Si les hommes méditaient ces vérités, ils comprendraient aussitôt qu'ils ont tort de ne pas se mettre à l'aise avec Dieu, et de ne pas user de toute la liberté que le meilleur des pères accorde à des enfants qu'il aime.
Vous dites Notre Père, et non pas Mon Père.
Cette forme de langage donne à entendre que vous ne priez pas seule. Mais avec qui priez-vous ? Avec moi. Si lorsque vous commencez à réciter l'Oraison dominicale je vous apparaissais a genoux à côté de vous, prononçant les mêmes paroles et vous faisant comprendre que votre prière et la mienne n'en font qu'une, que ces mots Notre Père signifient dans votre bouche Père de Jésus et le mien, dans la mienne Dieu qui êtes mon Père et celui de tous les hommes, quels seraient les sentiments d'admiration et d'amour ? Eh bien, cela a toujours lieu, quoique invisiblement. Étant le chef de mon Église, je préside à tout dans cette Église; aucun de ses enfants ne fait le moindre acte surnaturel sans que j'y aie la principale part. Ainsi chaque fois que vous priez, je prie avec vous, j'unis vos sentiments aux miens et je les imprègne de mes mérites. Je prie avec vous lors même que vous dites Pardonnez-nous nos offenses, car je me suis chargé de toutes les iniquités des hommes, qui sont devenues pour moi une dette à laquelle je satisfais au moyen du sacrifice que j'offre tous les jours sur l'autel par le ministère des prêtres. Je prie d'ailleurs au nom de tous ceux qui s'unissent à moi.
Pour tous ces motifs, vous devez entrer dans mes Dispositions quand vous priez, et en pénétrer votre cœur ; vous devez partager mon amour pour mon Père céleste, mon zèle pour les intérêts de sa gloire ; à mon exemple et en union avec moi, vous devez désirer ardemment qu'il soit béni, loué, exalté, aimé par toutes les créatures comme il mérite de l'être ; qu'il règne sur tous les cœurs et que sa volonté sainte, la seule loi véritable, soit accomplie sur la terre avec autant de perfection qu'elle l'est dans le Ciel. Si vous partagez de la sorte mes sentiments à l’égard de mon Père, il vous aimera de l'amour même dont je suis l'objet de sa part, et il vous accordera infailliblement ce que vous lui demandez dans votre intérêt par la dernière partie de l'Oraison Dominicale.
pratique : Réciter le Pater deux ou trois fois dans la journée avec les plus parfaites dispositions.
Ce texte est inspiré de : Le Formulaire de prière. Abbé Richaudeau. (1873)
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