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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 10:06

 LA  VOCATION     Chapitre  XII

Nos paysans n'attachent, en général, qu'une très-médiocre impor­tance à l'éducation de leurs enfants. Ils pensent sans doute que ceux-ci peuvent aisément se passer des lumières qu'ils n'ont pas eux-mêmes. Ce  à quoi ils mettent un bien autre prix, c'est à ne pas être privés de ces jeunes auxiliaires de leur rude labeur. De là, cette grande difficulté pour la plupart des instituteurs communaux de faire suivre à leurs élèves un cours d'études régulier et complet, et le peu de succès qui récompense leurs louables et persévérants efforts. On consent à envoyer l'enfant à l'école depuis novembre jusqu'en mars : cinq mois, quelque fois six. Que retrouve l'instituteur de ses leçons précédentes, quand son élève lui revient après une absence de six ou sept mois ! Tout est à recommencer ou à peu près. Dans l'espérance de remédier à cet état de choses, dès la fondation de l'école, Valentine avait établi une distribution annuelle de prix, après un examen public, où n'avaient droit aux récompenses que ceux des écoliers qui avaient suivi les classes pendant toute la durée de l'année. Ces récompenses se composaient de belles gravures religieuses, de médailles, de chapelets, de bons livres qui répandaient le goût de la lecture, et de vêtements d'hiver, supérieurs pour la confection et le tissu à ceux qui se portaient commu­nément. Elles ne manquèrent pas d'exciter l'envie des enfants auxquels leur absence périodique des classes ne permettait pas d'y prétendre, et les parents eux-mêmes qui prirent goût à la solennité, regrettèrent que leurs fils n'y pussent être couronnés. Ils se gênèrent un peu plus dans la suite pour que les classes ne fussent pas interrompues, et l'autorité morale toujours croissante de Valentine aidant au mouve­ment qui s'opérait, aussi bien que les exhortations infatigables de l'abbé Dimmel, le curé de Ville-Dieu, l'école avait fini par être suivie en toute saison. On obtint même, contrairement à l'usage établi dans les campagnes, que la plupart des enfants, surtout ceux qui venaient d'un peu loin, ne retournassent pas chez leurs parents dans l'inter­valle qui sépare la classe de la matinée de celle du soir. Ce ne fut pas un médiocre avantage pour opérer le bien de ces jeunes créatures, que leur journée tout entière se passât à l'école. Ils s'inspirèrent dans leurs jeux, où ils étaient encore sous la surveillance du maître, de l'esprit que celui-ci, complètement digne de la confiance qu'on avait mise en lui, s'efforçait de faire régner pendant les classes. Les propos injurieux, les divertissements grossiers, les plaisanteries déplacées disparurent insensiblement, et sous leurs rustiques habits, ces jeunes paysans montraient une politesse de mœurs que n'ont pas toujours les enfants.des villes. Indépendamment du catéchisme de paroisse auquel ils assistaient le jeudi et le dimanche, le digne abbé Dimmel venait leur faire avec le zèle d'un pasteur et la bonté d'un père, un petit cours d'instruction religieuse où étaient exposées les certitudes histo­riques sur lesquelles repose notre foi, et toute la suite de la religion sous l'ancienne loi et sous la loi nouvelle; enseignement nécessaire dans les écoles, et trop négligé, qui sauvegarde la foi en ne l'appuyant pas seulement sur l'autorité, mais sur la raison.

Le travail intelligent et soutenu de Jean-Baptiste lui permit de ter­miner en deux ans le cours d'études élémentaires adopté pour l'école. Cité la première année avec distinction à l'examen public, il fut l'année suivante le héros de la solennité. Il remporta tous les premiers prix de sa division, et s'entendit nommer pour le prix d'honneur décerné par les suffrages de la classe tout entière à celui dont la conduite avait été le plus irréprochable pendant l'année. Il était si ému, que ses genoux fléchissaient sous lui quand il vint le recevoir des mains de Valentine aux applaudissements redoublés de l’assemblée. Cet élève, tant de fois couronné, et remportant le prix le plus envié, donna occa­sion à l'abbé Dimmel de démontrer, dans la petite allocution qu'il avait coutume d'adresser aux enfants, que la véritable sagesse ne saurait exister sans la piété, et que l'amour de Dieu peut seul donner à notre volonté la force et la persévérance nécessaire pour faire de nous des hommes nouveaux. Tous les regards étaient arrêtés sur Jean-Baptiste qui, les yeux baissés et le front rougissant, disait à Dieu dans le fond de son cœur : « C'est vous, mon Dieu, qui avez tout fait! » Ce fut un beau jour pour Louise et Joseph Granger. Le vieillard ne put retenir les larmes que lui arrachaient l'émotion et la joie, quand il pressa son petit-fils dans ses bras, après la distribution des prix. Les élèves qui avaient obtenu plus de cinq nominations, et celui qui avait mérité le prix d'honneur dînaient ordinairement au château. Valentine ne vou­lant pas enlever en cette journée Jean-Baptiste à sa famille, remit le dîner au lendemain. Jean-Baptiste revint à Haut-Castel, avec ses parents ; il était chargé de ses couronnes, mais non de tous ses livres, car son grand-père avait absolument voulu partager avec lui ce pré­cieux fardeau. Avec quelle avidité Joseph Granger ne recueillait-il pas dans le chemin, les félicitations qu'on lui adressait sur les succès de son petit-fils ! Il portait la tête haute et marchait d'un pas léger; il semblait rajeuni de vingt ans, et le bonheur lui faisait oublier son infirmité. Quand il fut à la maison, la description détaillée qu'il voulut que Jean-Baptiste lui fit des livres, et une première lecture qu'il écouta avec un grand intérêt dans une très-belle Vie des Saints donnée pour le prix d'honneur, remplirent le reste de la journée. Le soir, il disait gaiment à son petit-fils et à sa fille :

— J'ai été vraiment un homme heureux aujourd'hui !

L'abbé Dimmel et le directeur de l'école avaient dîné au château. Il avait été naturellement question de Jean-Baptiste. Le directeur avait déclaré qu'il était désormais superflu que le jeune garçon fréquentât l'école ; il avait ajouté qu'il serait regrettable qu'on ne le fit pas suivre des classes plus élevées, et que les belles facultés dont cet enfant paraissait doué demeurassent sans objet digne d'elles. De son côté, le baron qui ne voulait pas rester en arrière, et s'exposer par son silence à ce qu'on perdît de vue que Jean-Baptiste devait appartenir aux beaux-arts, avait déclaré que le temps était arrivé de placer son élève chez un peintre ou un architecte en renom, si l'on tenait à ne point enfouir le talent extraordinaire que Dieu lui avait départi.  Il proposa de l'envoyer à Paris, en prenant toutes les précautions que la prudence pouvait commander pour préserver l'innocence de l'enfant.

— Ainsi, dit-Il, pourquoi ne le placerait-on pas dans un de ces pensionnats tenus par les membres du clergé avec tant de succès et de sécurité pour les familles ? Il y poursuivrait ses études en même temps qu'il continuerait à cultiver ses talents sous la direction de quelques maîtres habiles. Et quand, plus tard, il lui faudrait se mêler à la jeunesse vouée aux arts comme lui, ajouta le baron avec un peu d'emphase, il serait préservé de toute dangereuse influence par son éducation et la solidité de sa piété.

Valentine goûta peu la proposition d'envoyer Jean-Baptiste à Paris. Les secrètes affinités de sa nature avec celle de son protégé lui faisaient deviner que, pour être heureux, il avait besoin comme elle de vivre dans les lieux paisibles où s'était écoulée son enfance. Elle savait tout ce qu'elle avait souffert pendant son exil de quatre ans à Paris; elle ne voulait pas que la même souffrance fût infligée à Jean-Baptiste. L'abbé Dimmel et le directeur de l'école ne furent pas non plus de l'avis du baron ; le premier redoutait le séjour de Paris pour les jeu­nes gens, de quelques précautions qu'on les pût entourer; le second croyait comme Valentine que Jean-Baptiste ne s'habituerait pas à la vie nouvelle qui lui serait faite, et que son adolescence se consumerait dans les regrets et l'ennui. Le curé proposa de placer le jeune gar­çon à Arras.

— Cette ville possède, dit-il à l'intention du baron, une excellente école de dessin. Un de mes amis, chanoine de la cathédrale, se char­gerait volontiers d'un jeune commensal. C'est un homme fort instruit, et qui porte à la jeunesse le plus vif intérêt. Jean-Baptiste con­tinuerait ses études sous la direction de mon ami; il resterait dans le pays où il est né, non loin de sa famille et de ses amis qu'il pourrait voir fréquemment; rien ne serait changé dans sa vie, et l'innocence de ses mœurs, monsieur le baron, se trouverait plus sûre­ment protégée qu'à Paris ?

Valentine se rallia aussitôt à ce plan, malgré les objections du baron, qui ne pouvait se résoudre à n'avoir pas pour successeur dans son enseignement quelque célébrité de la capitale. Fixée désormais sur le parti à suivre, Valentine se proposa d'interroger, dès le len­demain, Jean-Baptiste sur le choix d'un état.

Il se présenta pour ce dîner donné en l'honneur des victorieux, en compagnie de trois de ses camarades; on les reçut avec une distinction marquée et on leur fit occuper les premières places à table. Le baron porta un toast à leurs succès, tant présents que futurs, et, au dessert, sur la première assiette qui fut posée devant eux, chacun trouva un petit bijou qui lui était offert comme souvenir de ce jour; celui de Jean-Baptiste était une petite croix d'or, où étaient gravés ces mots. « Elle me soutiendra. » Il la porta respectueusement à ses lèvres, et, arrêtant sur Valentine, auprès de qui il était placé, un regard attendri et reconnaissant :

— Merci, mademoiselle, lui dit-il d'une voix émue; elle ne me quit­tera plus, ajouta-t-il en passant à son cou la fine ganse où était sus­pendue la croix.

Peu après le dîner, ses camarades se retirèrent; il se disposait à les suivre, quand Valentine lui fit signe de rester. Elle le prit par la main, et passa avec lai dans le salon où l'on avait coutume de se réunir pour la soirée. Il comprit qu'on avait quelque communication particulière à lui faire, et il attendit, non sans émotion, ce qu'on allait lui appren­dre. Le baron commençait une promenade qu'il ne paraissait pas disposé à interrompre de si tôt, et les dames prirent place en causant entre elles. Jean-Baptiste était demeuré à l'entrée du salon :

— Approchez, mon cher Jean-Baptiste, lui dit Valentine avec bonté; savez-vous pourquoi je vous ai retenu, au lieu de vous laisser partir avec vos camarades ?

— Je l'ignore absolument, mademoiselle, répondit-il.

— Eh bien ! C'est parce que, si je ne me trompe, vous avez accompli vos quatorze ans, et que nous trouvons que le temps est venu pour vous de choisir un état.

— C'est vrai, mademoiselle, répondit le petit garçon, et j'y ai pensé.

— Vraiment ? dit le baron avec intérêt et en suspendant sa prome­nade ; et quels sont tes projets ?

— J'en aurais déjà entretenu monsieur le baron et mademoiselle,  dit timidement Jean-Baptiste, si je n'avais pas craint de leur déplaire.

— Pourquoi ? dit Valentine; c'est une crainte sans fondement; nous ne pouvons que vous approuver de songer à votre avenir. Quels sont vos desseins? Il faut nous les confier tout entiers. Ne sommes-nous pas assez de vos amis pour mériter cette confidence ? ajouta-t-elle en lui souriant avec affection.

— C'est que, peut-être, dit-il avec hésitation, ils ne correspondent pas aux vues de monsieur le baron, ni à celles de mademoiselle.

— Dis toujours, répondit le baron.

— Mes parents sont pauvres, reprit Jean-Baptiste avec plus de fer­meté ; malgré toute sa bonne volonté, mon grand-père qui est aveugle ne peut pas faire grand'chose ; d'ailleurs, il se fait vieux. Tout le far­deau de la maison retombe sur ma mère qui se tue au travail. Il est bien temps que je lui vienne en aide. Je suis jeune, je suis fort, j'ai da la santé : à la Saint-Jean prochaine, si mademoiselle le permet, je me louerai comme garçon de ferme.

— Y penses-tu ! s'écria le baron ; et tes leçons de dessin, à quoi te serviront-elles, si tu prends ce joli parti ?

— Je crois que c'est le seul qui convienne à un pauvre paysan comme moi, répondit-il avec tranquillité; ce que je sais, grâce à vos bontés, monsieur le baron, servira, à égayer mes heures de loisir : quel autre parti pourrais-je en tirer ?

— Comment ! Mais tu peux continuer à travailler, répliqua le baron avec chaleur, et devenir un jour, par ton talent, bien autrement utile à ta famille, qu'en t'engageant comme valet de ferme.

— Valet de ferme, répéta Jean-Baptiste avec la même tranquillité, je ne coûte plus rien à ma mère, et j'apporte quelque argent à la mai­son ; élève d'un peintre, il faut qu'elle me soutienne bien longtemps avant que je sois en état de gagner quelque chose, et elle ne le peut pas.

— Pense donc, dit le baron en s'échauffant toujours davantage, à ce que c'est un valet de ferme. T'ai-je donc donné deux ans de leçons pour que tu deviennes valet de ferme ?

— Que pourrais-je devenir de plus cependant, monsieur le baron, dans la position où se trouve ma famille ? Un valet de ferme est un homme utile, et, s'il aime et sert bien Dieu, Dieu l'aime et le bénit : cela doit me suffire.

Une admiration pleine de respect pour la sagesse toute chrétienne de cet enfant, avait tenu Valentine dans le silence. Elle crut qu'il était temps de parler.

— Mon cher Jean-Baptiste, lui dit-elle, je désire autant que mon oncle vous voir faire autre chose que valet de ferme, parce que vous pou­vez être plus que cela. Les motifs de votre résolution vous honorent, mais ils s'évanouissent d'eux-mêmes, puisque nous vous procurerons les moyens de continuer vos études, sans qu’il n’en coûte rien à votre famille.

— Je vous suis bien reconnaissant, mademoiselle, répondit-il, mais je gagnerais seul à vos bontés ; la position de ma mère ne changerait pas pour cela; elle ne serait ni moins pauvre, ni moins surchargée de travail, pendant que je suivrais tranquillement mes études. Cela ne serait pas bien ; je me conduirais en ingrat, et si je ne suis pas un men­teur quand je dis que j'aime Dieu, je ne peux pas être un fils ingrat.

— Vous êtes un brave, un généreux enfant, lui dit Valentine avec émotion, mais si vous croyez que j'aime Dieu moi-même...

— Ah ! Si je le crois, s'écria le jeune garçon en joignant les mains.

— Si vous le croyez, Jean-Baptiste, croyez donc aussi que je saurai suppléer, tout le temps que dureront vos études, à ce que vous ne pourrez faire pour votre famille. La maison de Joseph Granger, s'il plaît à Dieu, ne connaîtra ni les privations ni la gêne.

— S'il en est ainsi, dit l'enfant en rougissant et en baissant la tête sur sa poitrine, s'il en est ainsi...

— Tu deviens un peintre, n'est-ce pas ? Plutôt qu'un valet de ferme, demanda le baron.

— Non, monsieur le baron, répondit Jean-Baptiste en relevant len­tement la tête.

— Non, s'écria le baron surpris; en bien! Que veux-tu être ?

— Ce que je veux être... oserais-je bien le dire ? dit l'enfant en proie à une vive émotion; ce que je veux être...

— Pourquoi tant d'hésitation ? Demanda le baron avec impatience; veux-tu donc être ambassadeur ou ministre ?

— Oui, ministre, dit l'enfant avec une émotion toujours croissante, ministre de Dieu. Mademoiselle, continua-t-il en tombant aux genoux de Valentine, pardonnez-moi de prétendre si haut, mais c'est plus fort que moi. Si je continue mes études, je voudrais être prêtre !

Et l'enfant n'osait plus relever sa tête inclinée. Valentine la retint un moment entre ses mains, et deux larmes qu'une joie sainte amena sur ses paupières, tombèrent sur ce jeune front où brillaient les dons les plus précieux de Dieu : la grâce et l'intelligence.

— Ce n'est pas moi, Jean-Baptiste, lui dit-elle en le relevant, dès qu'elle eut surmonté son émotion, qui m'opposerai à ton dessein. Bien­heureux celui qui peut ne vivre que pour Dieu ! Tu choisis la meil­leure part, enfant; reçois-en mes félicitations!

— Ainsi, vous permettez ! s'écria Jean-Baptiste avec un accent indi­cible de bonheur; vous permettez que moi, pauvre enfant du village, moi si souvent repris pour mes fautes, dans ma vie passée, j'aspire à l'honneur de devenir un prêtre de Jésus-Christ ?

— Enfant, lui dit Valentine, à qui tend-il les bras avec p lus d'amour qu'aux pauvres, à ceux que le monde méprise, et aux pécheurs qui font pénitence ?

— Ah! dit Jean-Baptiste; c'est à force de le voir dans l'Évan­gile, et de le méditer au dedans de moi, que mon désir s'est porté ci haut.

Le baron qui, depuis quelques instants, avait repris sa promenade, l’interrompit :

— Prêtre ! Prêtre! dit-il en s'adressant à Valentine, c'est bientôt dit, Mais cet enfant sait-il ce que c'est que la vie d'un prêtre ? Voyons, Jean-Baptiste, le sais-tu bien ?

— La vie d'un prêtre ! répéta le jeune garçon avec étonnement, qui ne la connaît pas ? Elle se passe au soleil ! Aimer Dieu et le faire aimer; appeler sur ses frères les bénédictions d'en-haut; consoler, protéger, détendre les petits, les faibles et les affligés, voilà la vie du prêtre, et c'est pourquoi je l'aime tant !

—- Ce n'est pas mal répondu, dit le baron, mais il faut une grande vertu pour une telle vie !

— J'implorerai la grâce de Dieu, répondit l'enfant, elle soutiendra ma faiblesse.

— Es-tu bien sûr de ne regretter jamais ta liberté ? dit le baron qui ne trouvait rien de mieux pour le moment, mais qui ne pouvait encore abandonner sans résistance la pensée qu'il n'avait cessé de nourrir pendant deux ans, celle de faire un grand homme de Jean-Baptiste.

— Quelle liberté, monsieur le baron ? demanda l'enfant. Est-ce celle qui consisterait à me refuser à Dieu ? Qu'il me garde toujours de la connaître ! Dans quel autre état aurais-je une plus grande liberté de ne vivre que pour lui ? C'est la seule que j'envie!

— Sois donc prêtre, dit le baron, mais cependant, je crois que tu aurais mieux fait de ne te point presser et d'étudier les arts avant de prendre un parti.

— Ah! Je suis si heureux ! répondit l'enfant arec un doux et expressif regard : J'aurais trop perdu à attendre !

Quand il quitta le château, il courut comme un jeune daim jusqu'à sa demeure; et là, dès qu'il fut entré, pressant Louise sur son sein, Il lui dit :

— O mère! Ce jour est un beau jour ! Embrassez votre fils, et félicitez-le !

Extrait de : LA CHAUMIÈRE DE HAUT-CASTEL,

                   Ou  LA  FOI  VICTORIEUSE  DE  L'ORGUEIL;   par  E. BENOIT.  (1853)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

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