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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 09:42

L’AVEUGLE

Le petit village de Haut-Castel est une dépendance de Ville-Dieu, grande et populeuse commune assise dans une riante vallée, non loin de Renti, et à quelques lieues en deçà de Saint-Omer. L'aspect do groupe assez nombreux de chaumières qui composaient Haut-Castel. à l'époque où nous commençons ce récit, accusait une misère pro­fonde chez les habitants : chétives et menaçant ruines, elles sem­blaient ne se tenir debout que par respect pour une autre ruine, au pied de laquelle le village est placé, l'ancien château, qui n'a conservé de tous ses bâtiments, qu'une haute tour, sa grande salle des chevaliers, et une chapelle dédiée à la sainte Vierge, dont on voit la statue, que le temps et les révolutions ont également res­pectée, s'élever, chef-d'œuvre de l'art, sur le principal autel.

Un prêtre, digne vieillard à cheveux blancs, avait fixé son domicile dans la tour, encore fort habitable. Tous les jours il célébrait le saint sacrifice dans l'antique chapelle, et depuis deux ans, quand venait le dimanche, les habitants de Haut-Castel ne pouvaient plus, comme autrefois, rejeter sur le mauvais état des chemins, ou la rigueur de la saison, leur négligence à entendre l'office divin. En les voyant si pau­vres des biens de la terre, et si peu touchés de ceux du ciel, le bon vieillard pleurait sur eux, et, retiré dans sa tour, il appliquait son esprit à découvrir les moyens propres à émouvoir des cœurs si profondément endurcis. Pendant la semaine, le vénérable prêtre avait la douleur de dire la messe dans la chapelle déserte, et le dimanche de n'y voir réunie autour de lui qu'une très-faible portion des habitants, tandis que la majorité dépensait au cabaret, en libations réitérées, un argent qui manquait bientôt dans chaque famille pour satisfaire aux plus impérieux besoins. Quand il contemplait les masures de Haut-Castel, dont le délabrement ne pouvait être déguisé ni par les arbres séculaires qui les environnaient, ni par le délicieux paysage au milieu duquel elles étaient situées; quand il voyait le dénuement de l'inté­rieur, les enfants couchés pêle-mêle sur un peu de paille, les mères manquant pour leurs nouveau-nés des objets de première nécessité,  les vieillards demi-nus et grelottant l'hiver, il comprenait encore moins l'indifférence religieuse de cette malheureuse population.

— Ah ! disait-il, comment se refuser à consoler sa vie par l'espé­rance d'une éternité réparatrice, quand on ne connaît ici-bas que les difficultés et les souffrances de la misère!

Cependant, il s'était rencontré quelque bon grain, dans ce champ rempli d'ivraie où, depuis deux ans, il semait la parole de Dieu avec un zèle égal à sa charité. Avec quelle sollicitude soignait-il ces quel­ques épis! Quel amour ne leur portait-il pas! avec quelle ardeur ne suppliait-il pas le Seigneur de les féconder chaque jour davantage !

Par un après-dîner du mois de mai, très-belle bien qu'un peu froide, et après un frugal repas, dont le lait de l'unique vache qu'il ait dans son étable, et les œufs des quelques poules dont Geneviève sa chambrière a peuplé la basse-cour, ont fait les principaux frais, le digne prêtre, appuyé sur son bâton, sa chevelure blanche ense­velie sous un vaste chapeau, se dirige vers le village.

— Bonjour, monsieur le curé! lui disent les petits enfants en sa pressant sur son passage.

Il était simple prêtre, mais pour les enfants du peuple, chaque prêtre est curé.

— Bonjour, leur répond-il, tandis que sa main les caresse, et qu'il arrête sur eux un regard paternel.

Il espère que, moins rebelles à la grâce que leurs pères, ces enfants devenus hommes, sauront vivre en chrétiens. '

— Est-ce chez nous que vous venez, monsieur le curé? lui deman­dent les premiers petits garçons qui l'entourent.

— Non, non ! C’est chez nous ! Criaient les autres.

— Ce n'est pas vrai !

— Si! C’est vrai !

— Non !

Et l'on était près d'en venir aux coups.

— Chut! Chut! dit le bon prêtre, chacun aura son tour, mais sur­tout, soyez sages ! Je passerai la maison de ceux qui ne le seront pas

Le calme se rétablit aussitôt. Il distribue des bonbons, des images dont il a toujours ample provision, et quand il est parvenu à sa dégager du cercle qui s'est formé autour de lui, il reprend sa marche, et ne s'arrête que devant une des habitations les moins misérables du village.

Les enfants qui le suivaient à peu de distance, s'écrient :

— Ah ! C’est chez le père Granger qu'il va, monsieur le curé ! Il va être bien content, le père Granger, car il aime joliment monsieur le curé.

Le bon prêtre, après avoir franchi deux marches formées grossièrement de deux pierres placées l'une au-dessus de l'autre, ouvre une porte que tenait formée un simple loquet, et pénètre dans une grande salle dont le grossier ameublement est rendu presque élégant par une extrême propreté. Près d'une grande cheminée, décorée d'une longue serge autrefois verte, se tient assis un vieillard sec et long, les deux mains étendues vers l'âtre où brille une flamme claire et pétillante, qu'une journée de printemps un peu fraîche lui a rendue nécessaire.

— Qui va là demanda-t-il, sans se retourner.

— C'est moi, Granger ; c'est votre vieil ami !

— Ah !... c'est vous, monsieur le curé! Soyez le bienvenu. J'avais l'idée que je vous  verrais aujourd'hui.

— Eh bien! Mon cher Granger, comment allons-nous? demanda le digne prêtre en prenant un siège auprès du vieillard.

— Assez bien, monsieur le curé, assez bien, quant au corps, mais pour le reste, très-mal.

— La résignation vous a donc abandonné?

— La résignation? J'en ai quand vous êtes là, mais je n'en ai plus dès que je me retrouve seul.

— Pauvre Granger! N’avez-vous pas réfléchi à ce qui a fait le sujet de notre entretien, la dernière fois que nous nous sommes vus?

— Non, répondit le vieillard, avec découragement, je n'ai su que me plaindre.

— Est-ce là, mon frère, se montrer chrétien? Est-ce là ce que Dieu attend de vous? Est-ce donc la lâcheté et la révolte de l'âme qu'il doit un jour récompenser ?

— Ah! Monsieur le curé hier, à mon réveil, j'ai voulu comme tous les autres jouir de la clarté renaissante du jour, j'ai ouvert mes yeux grands, oh! bien grands... et la nuit pour moi ne s'est pas dissipée! Si vous me voulez résigné, faites donc que je n'aie pas de réveil ! « Le ciel est magnifique, m'a dit ce matin ma fille, en ouvrant la fenêtre de ma chambre, pour y faire pénétrer l'air frais et pur du matin; la nature prend ses habits de fête, on voit que nous touchons au mois de mai! » Ces paroles, comme un fer aigu, ont pénétré mon cœur. Le ciel, la nature, je ne les verrai plus! Et vous voulez que je sois résigné ? Aveugle... ô mon Dieu! Aveugle... que de fois ce mot sort de mes lèvres dans mes nuits d'insomnie, et dans ces jours qui sont encore des nuits pour moi! Comment puis-je forcer mon âme à considérer comme un bienfait ce qui la remplit de trouble et de douleur ?

— 0 mon frère! Ne serait-il pas plus digne, je ne dis pas même de votre titre de chrétien, mais de votre caractère d'homme, de lutter contre la douleur que de vous y abandonner ainsi !

— Ah! si vous saviez ce que c'est que de vivre dans une nuit pro­fonde, dont on ne peut plus sortir; de sentir le rayon du soleil, sans jouir de sa lumière; de respirer le parfum des fleurs, sans distinguer leurs couleurs; de n'être averti de la présence du ruisseau dont l'eau coule limpide et argentée à travers la campagne, que par le froid qu'elle imprime à vos pieds, ou par le bruit léger de ses ondes ! Si vous le saviez, que vous me trouveriez à plaindre! Et je ne vous ai pas tout dit encore, je ne vous ai point dit ce qu'il y a d'inex­primables souffrances dans l'impossibilité de surprendre un seul regard de ceux qu'on aime, un seul sourire sur leurs lèvres; je ne vous ai pas dit non plus quelle amertume remplit le cœur, quand on se voit, à soixante ans, à charge aux siens qu'on eût pu nourrir longtemps encore ! 0 mon Dieu, ayez pitié de moi !

— Et comment n'aurait-il pas pitié de vous ? Qui peut lui être plus cher que celui qui souffre ? Il a tant souffert lui-même, quand son amour lui eut fait choisir la voie douloureuse de la croix, pour nous fermer l'abîme que le péché avait creusé sous nos pas ! Pensez à ce divin Modèle, ô mon frère, et la plainte expirera sur vos lèvres. Il a souffert sans consolation, haï des uns, méprisé des autres, persécuté de tous; il s'est vu renié de ceux qu'il avait le plus aimés, et il s'est tu : il n'a pas ouvert la bouche, dit le prophète; et vous, que de biens ne vous reste-t-il pas dans cette infortune que vous déplorez si haut! Vos yeux ne voient plus la lumière du jour, mais vous vivez tranquille et respecté; vous avez auprès de vous une fille soumise et dévouée, un petit-fils que vous chérissez : que d'hommes encore à ce prix envieraient votre infirmité ! Ah! Remerciez Dieu, et cessez ces plaintes indignes d'un homme et d'un chrétien.

— Votre parole fait toujours descendre la paix dans mon Âme. Je suis plus résigné en ce moment, mais quand vous ne serez plus là.....

— Dieu n'y sera-t-il pas toujours ? Ne le voyez-vous pas, les regards arrêtés sur vous, et prêt à récompenser, par une félicité sans fin, une épreuve d'un moment ? Si vous l'écoutez parler à votre cœur, vous demeurerez calme et résigné.

La porte de la chaumière s'ouvrit :

— C'est ma fille, dit vivement le vieillard, j'avais reconnu son pas, comme elle passait sous la fenêtre. Elle revient du marché de Renti, où elle va maintenant à la place de l'aveugle qui n'est plus bon à rien.

— Père, ce n'est pas bien ce que vous dites là, dit une paysanne fraîche et jolie en se débarrassant d'énormes paniers. Bonjour, mon­sieur le curé ; comment allez-vous aujourd'hui ? ajouta-t-elle, en saluant le digne prêtre.

— C'est à vous, ma chère Louise, qu'il faut demander cela, à vous qui avez fait vos six lieues aujourd'hui.

— Oui, dit le père, en prenant les mains de sa fille, tu dois être bien fatiguée ?

— Moi? Allons donc, père ! Je ne me suis jamais mieux portée qu'à présent. Mais comme tout est propre ici ! dit-elle avec attendrissement; voyez donc, monsieur le curé. C'est pourtant mon bon père qui prend ce soin-là du ménage, je ne ferais pas si bien assurément...

— J'ai admiré en entrant, dit l'abbé, le bon ordre qui rogne ici. Le front de l'aveugle s'éclaircit, un sourire passa sur ses lèvres :

— Vraiment, dit-il, vous trouvez que c'est assez bien?

— La tenue de ce ménage contenterait les plus difficiles, répondit l'abbé.

— Allons! Tant mieux. Peut-être me flattez-vous, mais je me sens tout joyeux à l'idée de pouvoir être de quelque utilité à ma petite Louise.

— Savez-vous, monsieur le curé, dit Louise, que tous les jours mon père me répète qu'il est inutile ici! Est-ce bien, cela? Et vous voyez comme il est inutile : il ne me laisse rien à faire; non-seu­lement il fait le ménage les jours de marché et trait notre vache, mais c'est encore lui qui bat le beurre, qui pétrit la pâte pour faire le pain, qui chauffe le four; c'est lui qui bêche notre petit enclos de derrière la maison, et l'on est inutile en travaillant comme ça ? Je devrais bien me fâcher contre ce bon père !

Et l'excellente fille embrassait et caressait son père, comme elle eût fait de son enfant.

— Vous avez raison, monsieur le curé, dit l'aveugle d'une voie basse et émue, bien des gens échangeraient volontiers leur sort contre le mien, et je suis bien coupable, quand j'ose me plaindre.

— Père, dit Louise en allant à ses paniers, le marché a été favo­rable aujourd'hui, aussi je vous apporte de l'osier.

— Ah! Tu es une bonne fille, dit le vieillard d'un ton joyeux, je vais pouvoir employer mon temps ; car malgré tout ce qu'elle prétend que je fais dans la maison, monsieur le curé, il y a bien des heures que je ne sais comment utiliser, et cela me fait du tort. A présent, je ferai des corbeilles; mon ouvrage sera bien grossier sans doute, mais c'est égal, on trouvera toujours à le placer. Je suis bien content. Mais dis-moi, ma fille, cela t'a peut-être coûté beaucoup d'argent ! Je ne voudrais pas que pour me satisfaire...

— Moins que rien, père, moins que rien. D'ailleurs vous m'avez permis d'acheter un jour où la vente aurait été favorable, et elle a été excellente aujourd'hui. Ah! J’ai voulu vous régaler d'un peu de pain blanc, j'en ai acheté à Renti, chez ce boulanger, vous savez, qui le fait si bien...

— Je ne veux pas que tu te ruines pour moi, dit le père, en laissant échapper quelques larmes d'attendrissement.

— Taisez-vous, père, vous n'avez pas raison ! Voilà aussi un peu de sucre pour votre rôtie du soir.

— Allons! Du sucre à présent! Mais tout ton gain y aura passé! Est-ce que j'ai besoin d'une rôtie tous les soirs, ici, où le vin est si cher ? C'était bon quand j'étais malade.

— Oui, père, vous en avez besoin. Je sais bien ce que le médecin m'a dit : il faut vous fortifier.

— Je suis bien assez fort pour ce que je fais, et certainement je ne prendrai pas du vin sucré tous les jours. Est-ce que tes moyens te permettent d'avoir un père qui coûte tant ?

— Père, je vois bien que vous voulez me faire de la peine ! Ren­dez-le donc plus raisonnable, monsieur le curé, dit-elle au bon prêtre, que ce touchant débat attendrissait jusqu'aux larmes.

— Monsieur le curé, dit à son tour l'aveugle, vous savez bien qu'il ne nous reste pour vivre que le travail de cet ange-là. Puis-je souffrir que tout ce qu'elle gagne soit dépensé pour un vieil infirme comme moi?

— Rassurez-vous, mon ami, votre bonne Louise est assez raison­nable pour ne pas faire de dépenses au-dessus de ses moyens, et cessez de l'affliger en refusant les soins qu'elle juge nécessaires à votre santé.

— Je n'ai pas oublié Jean-Baptiste, dit Louise; voilà déjà une tarte aux pommes, comme il les aime, et puis voilà une toupie qu'il m'a demandée, il y a bien longtemps, mais je ne me trouvais jamais assez riche pour la lui acheter. Où est-il donc, pore, ce cher enfant, je ne l'ai pas encore embrassé?

Le vieillard garda un moment le silence, et quand il le rompit, ce fut pour dire avec un visible embarra :

— C'est Joseph, tu sais? Le fils à Pierre.... qui a passé par ici.... Jean-Baptiste lui a parlé là, devant la maison. J'entendais leur conversation.

— Eh bien ! Père, est-ce qu'il est parti avec Joseph ?

— Ça se peut bien; à moins que l'enfant n'ait voulu se rendre à Ville-Dieu pour être témoin de l'arrivée de mademoiselle de Saint-Valéry. N'est-ce pas aujourd'hui qu'elle rentre au château après une absence de plusieurs années ? S'empressa-t-il de demander à l'abbé, dans l'espérance de distraire Louise de l'absence de son fils.

— Ainsi, désobéissant comme toujours, monsieur Jean-Baptiste Vous a quitté malgré ma défense ! dit-elle.

— Que veux-tu? Un enfant...

— Et il n'a pas même pris la peine de vous dire où il allait ?

— Il est vif, si étourdi !

— Père, nous le gâtons trop. Nous nous repentirons plus tard do notre faiblesse.

— Il est si jeune !

— Il aura douze ans à la Saint-Jean prochaine, père ! Et il ne sait rien, et il ne fait rien que charbonner (dessiner sur) les murs du matin au soir...

Le grand-père ne répliqua rien. Sa raison lui disait que sa fille ne se plaignait pas sans fondement, si sa grande faiblesse pour l'enfant l'empochait d'en convenir. Louise alla pleurer silencieusement dans un coin de la chambre la nouvelle désobéissance de son fils.

— Mes amis, dit le bon abbé, je crois avec vous que Jean-Baptiste est trop gâté, mais rien n'indique chez lui qu'il faille désespérer de l'avenir, au contraire.

— N'est-ce pas, monsieur le curé! dit le grand-père avec vivacité.

— Je sais bien, dit Louise, que c'est encore un bon garçon, mais pourtant....

— Il faut cesser de le gâter, dit l'abbé, et l'enfant sera ce qu'il doit être, an excellent sujet. Moi-même, je le gâte bien un peu; il a tant de vivacité et d'originalité dans l'esprit, de franchise dans le caractère, que je ne me sens pas toujours le courage de me montrer sévère. Mais je vais me surveiller davantage; faites comme moi, et nous réparerons le mal déjà fait, si mal il y a.

— Oui, si mal il y a, répéta le grand-père en appuyant un peu sur ces mots. Tu vois bien, Louise, que tu as tort de t'affliger comme tu fais, car tu pleurais tout à l'heure; je le savais bien, va, quoique je ne pouvais le voir. Tu m'en veux de ma faiblesse pour l'enfant...

— Vous en vouloir, père, de votre tendresse pour mon enfant !

— Tu aurais bien raison, car, si je l'aime beaucoup, je l'aime mal. Mais que veux-tu ? C'est notre unique enfant, nous n'avons pas à partager notre affection, et puis, comme dit monsieur le curé, il a l'esprit, si ouvert, le cœur si bon, le caractère si franc, qu'on le gâte sans la vouloir. Mais, je me corrigerai, je te le promets! Tu verras, quand il rentrera, de quel air je vais le recevoir !

— Je serai chez moi dans deux heures, dit le bon abbé, en se levant pour partir; envoyez-moi Jean-Baptiste, je lui ferai à mon tour une petite mercuriale.

Il serra affectueusement la main de l'aveugle, échangea encore au sujet de l'enfant quelques mots avec Louise, et quitta la chaumière pour reprendre dans le village sa course apostolique.

Extrait de : CHAUMIÈRE DE HAUT-CASTEL, ou  LA  FOI  VICTORIEUSE  DE  L'ORGUEIL;   par  E. BENOIT(1853)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

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