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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 14:25

Seigneur Jésus, Isaïe avait prédit vos œuvres révéla­trices de votre messianité. Aux envoyés de Jean vous les montrez réalisées par votre ministère. Ainsi, pourra-t-il être rassuré à votre sujet. La première merveille que vous soulignez c'est que la vue est rendue aux aveugles.

1° Les âmes sont aveugles.

C'est la conséquence du péché originel, lequel nous fait naître dans l'ignorance. Trop constatable est le fait pour qu'il soit besoin d'y insister ; trop douloureux et nuisible à notre vie, pour que nous ne tâchions pas à y remédier.

En demeurant dans le domine purement naturel, quelle peine n'avons-nous pas pour acquérir quelques notions scientifiques nécessaires à notre existence ; et les plus savants, s'ils sont sincères, arrivent à reconnaître qu'ils ne savent rien.

Que dire du surnaturel qui finalement seul importe, puisqu'il aboutit à l'éternel et le fonde. Le plus grand nombre ignore tout de Dieu. Ceux qui en savent quelque chose n'en ont que des notions plus que rudimentaires, hésitantes, insuffisantes pour influencer leur vie. De là viennent les pauvretés et les déficiences religieuses. Si notre piété est anémique, stagnante la plupart du temps, c'est qu'elle manque de lumière.

O mon Jésus, je sais que l'amour est proportionné à la connaissance. Je vous adresse la prière de saint Augustin : « Que je vous connaisse, pour Vous aimer et que je me connaisse moi pour me haïr ».

2° Jésus leur apporte la guérison.

Nous savons qu'il est venu à Noël, qu'il revient sans cesse, spécialement pour répandre la lumière : « C'est pour évangéliser les pauvres qu'il m'a envoyé. » (Luc, 4, 18). Lui-même a rap­pelé cette prophétie d'Isaïe. A ceux qui l'entouraient il dit un jour : « Vous m'appelez Maître et Seigneur, vous dites bien, je le suis. » (Joan., 13, 13).

Illuminer les intel­ligences par suite, diriger les cœurs, nul ne le peut comme lui, « en qui sont tous les trésors de la sagesse et de la science. » (Col., 2, 3).

Il possède, en effet, trois plénitudes de science.

La science béatifique, qui remplit son âme dès le premier instant de sa création. Unie au Verbe de Dieu, cette âme était en contemplation constante de l'essence même de la divinité.

La science infuse, tant naturelle que surnaturelle, tant du passé, que du présent, que de l'avenir : « Il n'avait pas besoin que quelqu'un lui rendit témoignage de l'homme, il savait lui-même ce qu'il y a dans, l'homme. » (Joan., 2, 25).

La science acquise, par les réflexions de sa vive intelli­gence, les méditations de son noble esprit : « Il croissait et se fortifiait, plein de sagesse. » (Luc., 2, 52).

Homme parfait, il avait toutes les perfections, même celle de connaissances acquises par lui-même. Saint Pierre eut sans doute l'intuition qu'il était un incandescent foyer de clarté, quand il s'écriait : « A qui irions-nous, vous avez les paroles de la vie éternelle. » (Joan., 6, 69).

Allons à lui, et nous recevrons, même sans nous en douter, l'illumination qui nous est nécessaire ; il l'a pro­mis : « A celui qui m'aime je me manifesterai. » (Joan., 14, 21).

O Jésus, votre Crèche était enveloppée d'obscurité, mais, dès que votre Mère vous y déposa, ce fut, partout, dans la nuit, une éblouissante lumière. Venez dans ma pauvre âme, je vous en conjure, et éclairez-là.

Extrait de : STELLA MATUTINA Mgr A. Gonon (1963)

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